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Défendre la place de l'éleveur
Génomique
Jura agricole et rural
Publié le:  24 avril 2009
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André Eggen, directeur de recherche en biologie moléculaire à l’Inra, a fait un exposé limpide sur les perspectives et les limites de l’utilisation de la génomique en sélection bovine

Dans la « révolution génomique » en marche, l'OS Montbéliarde entend bien défendre la place de l'éleveur et son revenu, et éviter de « faire une vache de laboratoire ».

La génomique est le thème technique le plus fréquent ce printemps dans les assemblées d'élevage, et l’OS n'y a pas échappé, en invitant André Eggen. Le directeur de recherche en biologie moléculaire à l'Inra a fait un exposé sur les perspectives ouvertes à moyen et long terme, par les progrès de la génomique.

« On commence à déchiffrer l’encyclopédie du vivant qu’est le génome. Le principe de base de la sélection assistée par marqueur reste le même que celui des méthodes classiques de sélection: d’abord la collecte d’observations sur un grand nombre d’individus, qu’on compile ensuite avec des informations généalogiques pour en tirer les index.
L’apport de la génomique c’est de nous aider à tracer ce qui se passe lors de la recombinaison des gènes, au moment de la fécondation. »

Le chercheur a donné plusieurs exemples de programmes de recherches en cours pour l’espèce bovine : fertilité, composition du lait, qualité de la viande, etc.

Avant de répondre aux questions, il a néanmoins conclu : «C’est une innovation de rupture qui va avoir un impact énorme sur la sélection, mais il faut rester humble et réservé : on est encore loin de comprendre la complexité des mécanismes biologiques, il faut bien réfléchir à l’impact des choix d’aujourd’hui et se garder d’aller trop vite. La génomique est une clé mais elle ne permet pas de répondre à tout. »

Rester humble
Les échanges avec les éleveurs présents n’ont fait que confirmer ces propos : « Comment arrivez-vous à isoler l’effet milieu dans les recherches sur la fertilité ? On sait que la photopériode et l’alimentation jouent un rôle majeur dans la fertilité?»André Eggen répond : «Toutes les réponses ne passent pas forcément par la génomique, les premiers éléments de réponse aux problèmes de fertilité sont peut-être ailleurs : dans le management du troupeau, la ration, les niveaux de production… La meilleure vache sur le plan génétique pour la fertilité ne répondra pas si l’environnement n’est pas adéquat. » « Voilà qui me réconforte, on a encore du travail dans nos étables ! », rebondit l’éleveur.

À la question de la propriété des informations, tant génétiques que performances, André Eggen avoue son ignorance «pour l’instant je n’ai pas la réponse », et c’est Jean-Marc Vacelet, directeur de l’OS qui reprend la balle au bond : « La question de la propriété fait partie des discussions que nous avons actuellement au niveau national. L’enjeu, plus qu’une question de propriété des informations, c’est l’appartenance à une communauté d’éleveurs. »

D’ailleurs le président René Morel soulignait plusieurs fois dans son rapport moral la position de l’OS sur le sujet : « [à propos de la génomie] l’appréhension existe et chacun dans notre mission et notre rôle nous défendons la place de l’éleveur et la synergie de nos organisations. […] Nous sommes pour la recherche et le progrès, synonyme de développement de la montbéliarde, mais il faut y associer le revenu des éleveurs. »

Et de conclure « Nous aurons toujours besoin de chercheurs, d’ingénieurs, de techniciens, mais nous devons éviter de faire une vache de laboratoire. C’est à nous professionnels de prendre les décisions pour assurer un revenu à nos familles d’éleveurs et conforter le développement de la race pour en faire comme disait notre ancien président, la vache du troisième millénaire. »




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