Pour la deuxième année consécutive, les quatre groupements de producteurs livrant leur lait à l’unité Danone de Louhans, ont tenu une assemblée générale commune, en salle des fêtes de Bletterans. Mais, cette fois, le ton a changé…
Le prix du lait, c’est un peu comme le lait que vous mettez à réchauffer dans une casserole, au coin du feu. Il peut monter très vite et même déborder en arrivant à ébullition. Mais il retombe aussitôt si vous baissez le feu…
Les assemblées générales des groupements de vente de lait sont un peu comme le lait sur le feu. Après l’optimisme de 2008, pleine période de montée des prix où chaque producteur considérait qu’il allait percevoir le juste prix des efforts consentis par le passé, le ton a bien changé cette année. On l’a bien senti dans cette salle des fêtes de Bletterans où, il y a quelques jours, les quatre présidents des groupements de vente dépendant de l’unité Danone de Louhans, étaient installés à la tribune : Laurent Boivin (Union laitière louhannaise), Laurent Basset (Jura nord), René Lamard (Chapelle-Voland) et Christian Richard (Les Hays).
Retournement de conjoncture
Laurent Boivin a rappelé que, depuis un an, c’est la base du Criel Rhône-Alpes qui était retenue pour la définition du prix de base et des compléments de prix (entreprise, super qualité…). De 283 euros/tonne en moyenne 2007, ce prix de base est monté à 332 euros à la fin de l’année 2008.
Ce prix s’est effondré au cours du premier trimestre 2009 : moins 45 en janvier et février, moins 55 en mars… « Et que des points d’interrogation pour la fin de l’année… Bien malin celui qui pourra mettre un prix en face, lance Gérard Bazin, le président du Criel Rhône-Alpes. Nous avons bien perçu que la conjoncture s’était retournée. Les bonnes choses ne durent qu’un temps. »
Et l’éleveur rhodanien de dire ses craintes « si aucun accord n’était trouvé rapidement. Il n’y a pas de garantie de prix aujourd’hui. Le Cniel a renvoyé dans les régions les discussions sur le prix du lait. Je ne sais pas comment cela va se terminer ! » Et de suggérer la mise en place d’un nouveau système qui prenne en compte de nouveaux indicateurs, différents de ceux de l’année précédente. Soulignant la difficulté de trouver des solutions collectives, il pense qu’il fait évoluer vers des prix d’objectifs à l’année : « Il n’y a pas de raison pour qu’au niveau des producteurs, on ne puisse pas le faire. Nous devons arriver à des prix de vente raisonnables, pour les uns comme pour les autres… »
Concrètement, le responsable du Criel donne un prix d’objectif pour 2009. « De 270 à 300… avance-t-il du bout des lèvres. Et pour certains, ce sera même 250 en moyenne annuelle. Mais nous savons tous très bien que nous allons vers une année difficile ! »
Une autre relation
M. Choizot, responsable des achats de lait Danone sur le secteur du centre-est, rappelle qu’il préférerait une recommandation nationale… Mais, en brandissant le spectre de la baisse de consommation des produits laitiers (3,5 %), il enfonce un peu plus le clou : « Un accord n’est plus possible. Chaque entreprise va devoir se positionner sur des indicateurs. C’est un changement fondamental dans la relation, avec une négociation avec les producteurs, en direct… Cela passera par un pilotage des volumes et une limitation au maximum des allocations provisoires. Nous avons la volonté de donner une visibilité sur l’année, par rapport à un prix qui sera beaucoup plus faible qu’en 2008, vu l’évolution des marchés… »
Et Gérard Bazin de dire sa « crainte d’un dérapage vers une politique du moins disant… La priorité du Criel sera d’harmoniser les choses sur un même bassin…»
Contrôle laitier : un contrôle haut de gamme…
En préambule à cette assemblée, Pierre-Emmanuel Belot a présenté les nouveaux services qui seront proposés, en 2009, par le Contrôle laitier du Jura.
Les remarques et les attentes techniques des éleveurs ont été prises en compte et un test a même été réalisé sur le secteur de la petite Montagne, pendant une année. Ces services s’appuient sur l’utilisation des outils internet, sur l’évolution de la formation des éleveurs et sur la variation des systèmes d’exploitation. « Notre ambition est de proposer des nouveautés en supplément au suivi régulier avec contrôle de performances et secrétariat d’élevage a expliqué le technicien.
En nous appuyant sur l’évolution des compétences de nos techniciens, tout en restant très présents dans les élevages. Le nouveau conseil d’élevage sera un conseil beaucoup plus spécialisé où la partie technique sera séparée du contrôle de performances… »
Ce « service haut de gamme » sera proposé aux éleveurs du Jura à partir du prochain mois de mai et sera effectif à partir du 20 août. Une précision aux déjà intéressés : « le tarif n’a pas encore été défini par le conseil d’administration du contrôle laitier… »
En Saône-et-Loire, l’appui technique aux producteurs est le fruit d’un partenariat entre la chambre d’agriculture et le contrôle laitier. Un appui assuré grâce à Galacsy, un outil conçu et réalisé par six départements du centre-est. Il apporte des résultats technico-économiques qui répondent aussi aux attentes des éleveurs. Dans le Jura, Ceux-ci « attendront de voir le travail qui sera fait avec le Contrôle laitier », a assuré Laurent Basset.


