Avec l’arrivée des premières fleurs commence une phase importante pour l’élaboration du rendement du pois.
Les gousses et les grains commencent à se former 10 à 15 jours après le début floraison. Le nombre de grains est définitivement acquis 8 à 10 jours après la fin floraison.
Protéger cette période du cycle du pois contre les maladies et les ravageurs, c’est protéger le potentiel de rendement.
La protection contre les maladies
La protection fongicide du pois se construit en privilégiant la lutte contre la maladie la plus fréquente : l’anthracnose. Les risques éventuels de botrytis ne doivent pas être écartés pour autant.
La nuisibilité de l’anthracnose peut atteindre 20 q/ha en cas de forte attaque. Les symptômes se présentent sous forme de nécroses violacées à brun s’installant à la base des tiges. Des ponctuations de couleur brun foncé se développent également sur feuilles et gousses. Un inoculum précoce, des pluies fréquentes, un peuplement dense, une floraison longue sont des facteurs favorables au développement de la maladie.
À partir de 20°C l’infection se déroule rapidement.
La dissémination du champignon se réalise sur quelques centimètres grâce à l’impact des gouttes de pluies et par le vent sur des distances plus longues.
• En pois d’hiver, les premiers symptômes d’anthracnose peuvent apparaître entre le stade 8-9 feuilles et le début floraison. Dans ces conditions, il est conseillé de réaliser un premier traitement fongicide avant que le couvert végétal ne se reforme pour assurer une protection des parties inférieures de la plante. Un deuxième traitement est à réaliser début floraison puis 10 à 15 jours plus tard, si le climat est humide.
• En pois de printemps, il est rare de rencontrer des symptômes avant début floraison. Seule la protection pendant la floraison est justifiée. Elle doit se déclencher à l’apparition des premiers symptômes. Deux traitements sont souvent nécessaires. Un troisième peut se justifier sur les parcelles irriguées, car l’irrigation prolonge la floraison. L’anthracnose est parfois accompagnée de botrytis.
Surtout présent au sud de Rhône-Alpes, l’oïdium est peu préjudiciable au rendement. Mais cette maladie gêne la récolte en produisant beaucoup de poussières et un risque d’échauffement des moissonneuses-batteuses.
Le tableau n° 2 dans notre édition papier présente les stratégies possibles en fonction du complexe parasitaire dominant. L’absence de produits curatifs conduit à des traitements préventifs.
La protection à base de chlorothalonil montre une bonne efficacité contre l’anthracnose et reste la solution la plus économique pour la majorité des parcelles.
Mais la faible persistance de cette matière active conduit à renouveler le traitement (voir tableau n° 2 dans notre édition papier).
Si une protection est nécessaire contre le botrytis en plus de l’anthracnose, l’association pyriméthanil + chlorothalonil (Maori ou Walabi à 2 l/ha) est préférable.
Si l’oïdium est une préoccupation, l’utilisation d’Amistar peut apporter une certaine protection.
Attention aux délais avant récolte (tableau n° 1 dans notre édition papier) : certains produits fongicides ont des délais avant récolte de 28 jusqu’à 35 jours. Le respect de la réglementation conduit à ne pas les utiliser après la mi-floraison. En cas d’utilisation de ces produits, les réserver au traitement de début floraison.
La lutte contre les pucerons verts
Ils peuvent apparaître avant la floraison, mais généralement ce n’est qu’à partir de début floraison que l’importance des populations peut justifier un traitement insecticide. La nuisibilité de ce ravageur peut atteindre 30 q/ha.
Pour détecter la présence de pucerons, placer une feuille blanche rigide sous la végétation et secouer les tiges.
Les pucerons tombent sur la feuille. Répéter l’opération plusieurs fois. Si à chaque fois on compte une dizaine de pucerons, il faut déclencher le traitement. Le tableau n° 3 de notre édition papier présente l’ensemble des insecticides homologués contre pucerons verts du pois.
Attention aux abeilles
Les applications insecticides sont interdites en floraison sauf dérogation pour les produits ayant la mention abeille, qui s’accompagne d’une dose maximale d’utilisation pendant la floraison.
Le traitement en présence d’abeilles est interdit, d’où des interventions à faire tôt le matin ou tard le soir. Par ailleurs, il est interdit de mélanger un fongicide à base de triazoles ou d’imidazoles avec une pyréthrinoïde pendant les périodes de floraison ou de production d’exsudats. Un délai de 24 heures doit être respecté entre les deux applications, avec la pyréthrinoïde appliquée en premier.


