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La houe rotative, un matériel de désherbage efficace en terre battante |
On pense souvent que le politique cherche à impulser la production biologique. En réalité c’est d’abord la progression constante du marché depuis dix ans qui tire un signe de qualité où le producteur gagne sa vie. Ce premier article d’une nouvelle rubrique mensuelle se propose de pointer les changements récents de la filière biologique.
Le marché de l’agriculture biologique (AB) est caractérisé par une demande qui croit de 10 % par an depuis 10 ans, avec une tendance à l’accélération sur 2007 et 2008. Si l’arrivée massive de producteurs avec les CTE avait déstabilisé un marché fragile du fait de sa petite taille, l’équilibre offre demande s’est rétabli fin 2006. Depuis, la demande a repris l’avantage.
L’offre est déficitaire et les prix à la production avantageux. Les transformateurs s’impliquent dans la recherche de nouveaux producteurs. C’est très net en lait puisque des groupes comme Lactalis ou Sodial aident même financièrement la période de conversion, mais aussi dans d’autres filières comme le soja qui sont prêtes à signer des contrats sur la durée (par exemple 700?/t de soja).
Il faudrait être bien imprudent pour garantir des prix sur le long terme. Cependant le différentiel de prix avec les productions conventionnelles reste attractif.
En 2005-2006 lorsque le marché était au plus bas, il y avait en Franche-Comté un bonus sur le lait bio de 47?/t, équivalent d’ailleurs entre lait industriel et lait AOC. Des prix plus élevés et des charges généralement plus basses permettent d’assurer un revenu au moins égal au système conventionnel correspondant, même si les volumes sont parfois très différents.
Constante évolution
Si l’agriculture biologique s’interdit les herbicides et autres phytosanitaires de synthèse, la recherche n’en est pas moins active et fait progresser la technique.
En désherbage, par exemple, l’arrivée de la caméra numérique permet une automatisation du guidage des bineuses.
Les éliciteurs qui stimulent les réactions d’autodéfense de la vigne ou simplement la combinaison de bouillie bordelaise et d’extraits de plantes ont permis de passer de plus de 10 kg de cuivre par hectare et par an à moins de 2 kg dans la lutte contre le mildiou. La sélection de variétés adaptées à l’AB va dans le même sens : sécuriser les rendements sans intrants chimiques et répondre à des demandes qualitatives spécifiques.
Vous utilisez déjà plusieurs techniques issues de l’agriculture biologique. C’est en agronomie le compostage des fumiers, en élevage l’homéopathie ou la phytothérapie. L’homéopathie vétérinaire ne finit pas d’étonner par la puissance de certains traitements pour un coût extrêmement bas.
La recherche s’active Tout n’est pas résolu pour autant, mais le plan de développement de l’agriculture biologique proposé par le ministre Michel Barnier n’oublie ni l’amont ni l’aval de la production. L’Inra ou les instituts techniques mobilisent des fonds et des chercheurs sur des programmes spécifiques. Un réseau mixte technologique rassemble des partenaires comme l’Inra, l’Institut de l’élevage, des chambres d’agriculture ou des grandes écoles… autour de projets pour le développement de l’AB. Il s’agit en particulier de rendre disponible les différentes références souvent dispersées ou mal diffusées.
Des sites internet comme www.itab.org ou www.rmtdevab.org fournissent déjà des références techniques.
Le site www.abiodoc.org offre un panel beaucoup plus large de publications sur l’agriculture biologique, mais les informations ne sont pas toujours des références éprouvées.
Le politique dégage des moyens
Le Grenelle de l’environnement puis le Plan Barnier ont fixé des objectifs ambitieux pour l’AB : triplement des surfaces entre 2007 et 2012, 20% de produits biologiques dans les cantines publiques…
Ils ont également proposé des moyens au niveau national : augmentation de l’enveloppe des aides à la conversion, doublement du crédit d’impôt AB, des modules bio dans toutes les formations agricoles, des crédits pour l’investissement dans les filières…
Si tout n’est pas parfait, il faut reconnaître que contrairement aux CTE, tous les maillons de la filière sont concernés. Le conseil régional de Franche-Comté soutient l’agriculture biologique en particulier par une aide à la certification. Des collectivités locales s’engagent en liant préservation de l’eau et approvisionnement des cantines scolaires.
L’agence de l’eau lance un appel à projet ciblant la bio. L’APCA rend prioritaire des actions en direction du développement de la production biologique.
Pour coordonner toutes ces initiatives, une conférence régionale a été organisée le 27 novembre par la DRAF. Des entreprises y ont exprimé leurs attentes et un plan de développement de l’AB a été présenté par la chambre régionale d’agriculture. Autant dire que tout le monde se mobilise.
La réglementation
La réglementation européenne de l’AB remontait à 1991 et 2000. Depuis le 1er janvier 2009, une nouvelle réglementation est entrée en application.
S’il s’agissait d’homogénéiser les pratiques entre États membres et de rendre plus lisible le cahier des charges, il y a eu quelques changements qui ont assoupli les obligations, en particulier en santé animale. Si certains qualifient ce nouveau règlement européen de laxiste, il faut reconnaître qu’il est fait pour favoriser le développement de ce mode de production.
Les conversions
Pour approvisionner un marché en constante progression, il faut que beaucoup plus de producteurs fassent le choix de la conversion AB. Certaines régions, comme Midi-Pyrénées, ou certaines productions comme le lait enregistrent une forte poussée de conversions bio. En Franche-Comté, seuls la vigne, les productions en vente directe et récemment le lait de consommation progressent. Il y a pourtant de la place pour le lait AOC, les céréales, les porcs ou les légumes… en fait de la place pour toutes les productions !
Vos interlocuteurs :
Doubs : Christian Faivre - 03 81 64 22 50
Jura : Roland Sage - 03 84 35 14 57
Haute-Saône : Luc Frèrejean 03 84 77 14 64
Territoire de Belfort : Yves Cantenot 03 84 46 61 50
Interbio FC : Christelle Triboulot et Séverine Perru 03 81 54 71 72


