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Gérard Budin, président de la Fédération nationale des coopératives laitières |
Lors de son assemblée générale, le 23 avril à Paris, la Fédération nationale des coopératives laitières s’est prononcée en faveur de la contractualisation entre producteurs et entreprises et la mise en place d’un système de volumes et de prix différenciés.
La contractualisation est un outil indispensable tant pour les producteurs que pour les entreprises qu’elles soient coopératives et privées » a déclaré Gérard Budin, le président de la Fédération nationale des coopératives laitières (FNCL) à l’assemblée générale qui s’est déroulée à Paris, le 23 avril.
Alors que la fin des quotas laitiers est programmée pour 2015, la FNCL se prononce pour l’établissement de liens forts entre la production et la transformation du lait.
« Il s’agit tout d’abord de répondre le plus correctement possible aux besoins des marchés, ce qui impose à l’ensemble des acteurs de s’engager dans la durée sur des volumes prévisionnels, pour répondre le mieux possible à la demande des consommateurs et des distributeurs », a-t-il poursuivi. Avant d’ajouter que la contractualisation doit aussi donner l’opportunité, aux producteurs qui le souhaitent, de produire marginalement une quantité de lait supplémentaire qui, même si elle est rémunérée à un prix correspondant aux cours mondiaux, leur permettra de financer une partie de leurs frais fixes et par conséquent d’améliorer la marge de leur exploitation laitière.
Concrètement et plutôt que d’établir un prix moyen sur l’ensemble des livraisons des producteurs qui peut être très volatil, à la hausse comme à la baisse, selon la situation des marchés, la FNCL est favorable à l’établissement de prix différenciés. L’un s’appliquerait sur un volume de production de base dit A et serait relativement stable, l’autre s’appliquerait à un volume supplémentaire dit B et serait plus réactif aux fluctuations des prix internationaux du beurre et de la poudre. Ce volume B serait optionnel, c'est-à-dire que les producteurs de lait auraient le choix de s’engager à le produire ou pas, a expliqué Frédéric Chausson, directeur du développement coopératif du groupe Sodiaal.
Un guide de bonnes pratiques
Dominique Chargé, secrétaire général de la FNCL, n’a pas caché qu’il serait assez favorable à ce système. À condition bien entendu qu’il soit encadré par l’interprofession laitière. D’abord par la mise en place d’indicateurs économiques « pour permettre aux opérateurs de déterminer un prix du lait de la manière la plus objective possible » ainsi que l’a rappelé Gérard Budin. Puis par la rédaction d’un guide de bonnes pratiques contractuelles ainsi que la création d’un Comité des sages « pour tenter d’apaiser les éventuels litiges qui pourraient naître ». Le tout serait accompagné d’un observatoire prévisionnel des volumes de production dans les différents bassins de production.
Sans oublier la nécessaire valorisation des produits laitiers français. Un schéma qui a reçu l’appui des Pouvoirs publics.
Pascal Viné, directeur général des politiques agricole, agroalimentaire et des territoires du ministère d’Agriculture l’a assuré. Quant à la fixation du prix du lait pour le deuxième trimestre et les trimestres suivants qui fait l’objet actuellement d’âpres discussions, Gérard Budin a appelé producteurs et coopératives à être « plus que jamais solidaires et à s’organiser pour passer l’orage le moins mal possible ».
Si la situation actuelle est le résultat de la crise mondiale, « elle est aussi la conséquence de la prédominance accordée au droit à la concurrence sur tout le reste » déplore le président de la FNCL. Un droit érigé en dogme qui empêche l’interprofession de publier des recommandations de prix et qui sacrifie les plus faibles…


