Après le temps des semis vient celui du désherbage !
Voici des éléments de réponse à quelques grandes questions les plus fréquemment posées en la matière.
Produits de prélevée, herbicides de poste levée, antigraminées, antidicots, sulfonylurée, tricétone, spectre antidicots ou antigraminées, il n’est pas toujours simple de s’y retrouver dans les herbicides maïs. Le tableau n°1 propose une classification minimaliste voire simpliste pour s’y reconnaître.
Quelle stratégie mettre en œuvre ?
On peut désherber le maïs de multiples façons, avant la levée, après la levée, en dirigé sur des maïs de huit - dix feuilles, avec des produits phytosanitaires ou bien mécaniquement avec des outils spécifiques.
En qui concerne le désherbage conventionnel, les adventices présentes vont orienter la manœuvre.
Si l’on a beaucoup de graminées (panic, sétaire, digitaire,…), on interviendra avant la levée du maïs avec des antigraminées à mode d’action racinaire.
Si à l’inverse, on n’a que des dicotylédones (chénopode, amarante, morelle,…), on interviendra après la levée du maïs.
Lorsque l’on est confronté à une flore complexe de graminées et de dicots, la stratégie la plus performante est celle qui consiste à réaliser une intervention de prélevée avec un antigraminée, suivi d’une application de post-levée adaptée à la flore présente.
Dans un contexte de flore annuelle complexe, l’herbicide Camix/Calibra assure un contrôle important des graminées et des dicots surtout s’il est complété par du Lagon/Acajou en cas de risque ambroisie, ou du Prowl si l’on a un risque renouée des oiseaux.
Traiter en post-levée précoce
La post-levée est une stratégie qui ne demande qu’à se développer. Elle consiste à appliquer sur un maïs de deux - trois feuilles, une association comprenant un antigraminée racinaire, et deux herbicides foliaires, une sulfonylurée antigraminée et une tricétone. En un seul passage, les graminées et les dicots annuelles sont contrôlés. Les doses sont adaptées à cette intervention : elles sont moindres qu’en cas d’utilisation séparée des herbicides.
Mais cette stratégie a ses exigences. Elle demande de la technicité et du temps pour suivre ses parcelles et identifier le stade d’intervention optimal.
Plus que le stade du maïs, c’est le stade des graminées qui décide de l’application : les graminées levées ne doivent pas avoir plus de trois feuilles ! La stratégie de post-levée précoce ne peut se concevoir que sur des sols dont la portance est suffisante pour pouvoir intervenir sans difficulté même après une pluie.
Pourquoi ne peut-on pas désherber les annuelles et les vivaces en un seul passage ?
D’abord, il n’y a pas de matière active efficace sur les deux types d’adventices (exceptée la cycloxidime applicable sur variété spécifique). Ensuite, ces deux catégories d’adventices ne sont pas sensibles de la même manière aux herbicides.
Pour maîtriser les vivaces, il faut des doses élevées appliquées sur des stades développés. À l’inverse, le contrôle des annuelles se fait avec des doses faibles sur des adventices peu développées (quatre – six feuilles). Il faut donc, dans la majorité des cas, dissocier les deux traitements.
Quelles sont les conditions idéales pour avoir une bonne efficacité des herbicides ?
« Pour les racinaires, il faut un sol bien préparé, donc pas trop motteux pour que du sol. Un sol frais au moment de l’application est une garantie certaine d’efficacité des traitements de prélevée. Le délai entre le semis et l’application doit être le plus court possible.
Pour les foliaires, l’application doit être réalisée avec une hygrométrie suffisante 60 % au moins, lors de l’application, températures modérées 15-25 °C. On retiendra que le volume de bouillie doit être adapté aux buses et à la végétation des adventices. À noter que les interventions sur adventices peu développées avec des buses à injection d’air nécessitent plus de volume qu’avec des buses classiques. Si l’on est au-delà de 150 l/ha, le problème ne se pose pas ».
Quelle est la bonne dose d’herbicide ?
Le réglage de la dose s’effectue en fonction de règles très simples :
En prélevée, la dose est fonction de la nature du sol :
- du taux de MO pour les « antigraminées» -
Dual/Aliseo Gold Safeneur, Trophée/Harness MT, Isard/Spectrum. Voir tableau n° 2 dans notre édition papier.
- du taux de sables ou de limons fins pour les « antidicots » - Merlin/Emerode, Lagon/Acajou, Boreal . Voir tableau
n° 3 dans notre édition papier.
En post-levée, la dose est fonction du stade des adventices. On utilisera pour les tricétones et les sulfonylurée antigraminées : voir tableau n° 4 dans notre édition papier
- des petites doses (1/3 de la dose AMM) pour des graminées de une - trois feuilles et des dicots à quatre feuilles maxi.
- des doses moyennes (1/2 de la dose AMM) pour des graminées de trois - quatre feuilles et des dicots à 6 feuilles maxi.
- des doses élevées (2/3 à 1 de la dose AMM) pour des adventices très développées, graminées en plein tallage, dicots au-delà de dix feuilles.


