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Bernard Terrand insiste sur la responsabilité financière des Pouvoirs Publics |
La FRGDS a invité, à l'occasion de son assemblée générale, Bernard Terrand, président de la Fesass, qui est intervenu sur le thème : maladies animales émergentes, anticiper ou subir.
FCO, BVD, sécurité sanitaire des laits, sections aquacoles… Naturellement, quand la fédération régionale des Groupements de défense sanitaire de Franche-Comté (FRGDS) réunit ses représentants départementaux - avec de nombreux autres responsables de l'agriculture - la question sanitaire occupe une partie des débats.
Mais ce temps fort annuel est aussi une belle opportunité pour dresser un état des lieux de la mutualisation des forces.
« Voilà six ans que nous avons engagé notre changement d'organisation », rappelle Jean-Pierre Jacquemin, président de la FRGDS. « Ce n'était pas gagné d'avoir à la fois le réflexe région et de respecter les spécificités des départements.
» Compte tenu de leur contexte, ils ne peuvent pas avancer à la même vitesse. « Mais l'important est de prendre ensemble le même chemin. »
Pour rester les pros du sanitaire, aux côtés de l'administration. Pour que les éleveurs trouvent l'organisation à vocation sanitaire dont ils ont besoin. « Pour que nos actions profitent à l'ensemble et qu'elles contribuent au succès de l'action sanitaire, il faut prendre les compétences là où elles se trouvent. L'efficacité ne se décrète pas; elle est le fruit d'une longue expérience. »
L'illustration de ce propos se fait par la présence de Bernard Terrand. Le président de la Fesass (Fédération européenne de la santé animale et de la sécurité sanitaire) allait dans le deuxième temps intervenir autour des maladies émergentes en posant clairement la question : anticiper ou subir.
Surveillance et prévention
Avant de réfléchir sur le plan de bataille à mettre en place Cédric Chapuis, directeur du GDS du Doubs retrace le contour de ses émergences. « Une réalité », assène-t-il fermement avant d'en dresser un catalogue : « Maladies animales à prions dans les années 90, émergence aux États-Unis du virus du Nil occidental. » Il convient d'y ajouter le Sras, l'influenza aviaire, la FCO, la fièvre de la vallée du Rift en Afrique de l'Est… et la peste des petits ruminants dans le Maghreb. « Avec la mondialisation des échanges, le monde se rétrécit. » Dans les années 1970, une nouvelle maladie apparaissait tout les dix à quinze ans. En 2000, c'est tout les quatorze à seize mois.
« Le seul risque ne pèse pas uniquement sur les épaules des éleveurs. »
Cédric Chapuis présente quelques estimations statistiques : « Importation illégale de bétail et de produits animaux pèse 36 %, l'importation légale suit à hauteur de 17 %. » L'autre moitié est due au tourisme, aux eaux grasses des avions et des bateaux, à l'importation illégale de plantes, à la dissémination animale domestique…
Cette récurrence avérée, relevant de changements globaux en accélération a des impacts économiques et de santé publique considérable. « C'est pourquoi il va falloir surveiller, prévoir à défaut de pouvoir prévenir et réagir plus vite que le danger. »
Plusieurs directions sont à explorer. « Il faut nous appuyer sur des réseaux de surveillance et de prévention », annonce Bernard Terrand. En ce sens, il ne faut surtout pas s'inspirer du modèle anglo-saxon.
« Regardez l'Angleterre. Quand il n'y a plus de service, c'est plié. » Il suffit de se souvenir de l'épisode de fièvre aphteuse. A contrario, il est préférable de s'orienter vers une politique européenne offensive en renforçant le dispositif communautaire, en défendant et en développant les outils financiers et en rappelant le rôle essentiel de la recherche.
Et pourquoi pas s'inspirer du dispositif français. « Ce modèle est quelquefois contesté au sein de la profession. » Mais jusqu'à présent il a fait ses preuves car il s'appuie sur des éleveurs organisés, des vétérinaires de l'État, des vétérinaires praticiens et des laboratoires d'analyses.
Une belle machine de guerre. «Parce que le sanitaire, nous ne pouvons pas nous en occuper en pointillé. » Parce que l'enjeu, à terme, est de garantir une base sanitaire commune à tous, partout dans le monde. Il reste que des fonds publics doivent être mobilisés « parce qu'il en est de la responsabilité financière des Pouvoirs publics ». Ce financement doit être transparent et efficace pour soutenir les éleveurs organisés. « Vous l'êtes déjà pas mal. » Pour répondre aux nouvelles menaces et pour faire en sorte que les crises soient moins graves et mieux supportées.


