RSS
Bourgogne Pellets : nouvelle entité, nouvelle opportunité
Aiserey (Côte-d’Or)
Jura agricole et rural
Publié le:  01 mai 2009
Page 6 

Stéphane Develle, responsable commercial et Philippe Béjot, chargé de mission à Bourgogne Pellets

La société d'intérêt collectif agricole « Sécopulpe » est récemment devenue « Bourgogne Pellets ». Le projet miscanthus, voté lors de la dernière assemblée générale, y est étroitement lié.

Par ce biais, la Sica souhaite s'inscrire au centre d'un projet de chaufferie biomasse. Quarante exploitants finissent, en ce moment, de planter les 80 hectares de miscanthus prévus pour 2009.

Les anciens betteraviers de la Sica Sécopulpe ont voté pour l'orientation miscanthus « voie sèche » lors de la dernière assemblée générale. La confiance est là puisque la quasi-totalité d'entre eux a décidé de rester actionnaire. Le projet prend forme : la Sécopulpe est rebaptisée Bourgogne Pellets, 80 hectares de miscanthus finissent actuellement d'être plantés et la Sica recherche déjà des surfaces pour 2010. Bourgogne Pellets va se dédier à la production de granulés biomasses pour alimenter un système de chaufferie dans un rayon d'une centaine de kilomètres.

Quant au rayon dans lequel va s'effectuer la production de miscanthus, il sera limité à 20 voire 25 kilomètres pour des raisons économiques. Aujourd'hui le capital est ouvert et l'accès n'est pas réservé exclusivement aux ex-betteraviers.
La Sica sera prochainement au centre d'un réseau formé de trois types d'interlocuteurs : agriculteurs pour la production, particuliers pour la vente d'agro-pellets et fabricants de chaudières pour la promotion de cette chaufferie biomasse.

Des débouchés à créer
Afin de développer son activité, Bourgogne Pellets envisage à terme une production de 15000 à 20000 tonnes de matière sèche par an, pour une surface totale de 1000 hectares. Les premiers plants sont actuellement importés d'Angleterre, pays ayant déjà une grande expérience dans cette graminée vivace pérenne.

D'autres pays comme l'Autriche ou la Suisse sont également expérimentés et les responsables de la Sica n'ont pas manqué de s'inspirer en organisant plusieurs voyages d'études. Malgré cela, beaucoup d'incertitudes demeurent en France et à Aiserey, « tout est à faire, tout est à créer » commente Philippe Béjot, chargé de mission. « En France, il n'y a actuellement que 1300 hectares de miscanthus » explique Étienne Genet, directeur de la Sica, « l'association France Miscanthus, dont nous sommes un des membres fondateurs, va nous servir pour mutualiser les différentes recherches et aller plus vite dans le miscanthus ». Les débouchés du miscanthus, qui peut être cultivé pendant plus de 20 ans, peuvent être nombreux et sont sans doute infinis.

Un des plus originaux est peut-être celui concernant les nouvelles cartes bancaires : un léger pourcentage en miscanthus dans leur composition leur assure une certaine rigidité.

Économique et écologique
« Cette nouvelle énergie renouvelable ne sera pas ou très peu soumise aux fluctuations du marché, comme cela peut l'être avec le pétrole » souligne Philippe Béjot, « c'est un plus pour l'économie locale, on n'a pas à aller s'approvisionner à l'autre bout de la planète ! ».

À travers le réseau que va se constituer la Sica, une quinzaine d'emplois pourraient être créés d'ici quelques années.
Stéphane Develle est le responsable développement de l'activité : « Mon travail sera de conseiller et d'orienter les particuliers, entreprises et collectivités vers ce mode de chauffage économique et écologique ».


40 exploitants lancés
Quarante des 350 exploitants concernés ont répondu favorablement et se sont déjà lancés dans le miscanthus.« Cela représente une proportion de 15% » commente Philippe Béjot, « compte tenu du temps qui leur était imparti, entre le vote et les dates de plantations, c'est un très bon résultat ». La surface moyenne des plantations reste faible puisque le total ne dépasse pas les 80 hectares.

Des surfaces sont déjà recherchées pour 2010. Le coût d'implantation actuel se situe autour de 3200 euros/ha, ce poste est le plus onéreux mais il doit s'amortir sur la durée de vie de la culture. Le miscanthus est une plante hybride stérile à rhizomes non invasifs. Il s'agit d'une culture environnementale, il n'y a aucun engrais à apporter durant toute la durée d'implantation et aucun produit sanitaire n'est nécessaire après les deux premières années.

Le miscanthus peut être une bonne alternative dans les zones sensibles ou de puits de captage. Il est éligible à la Pac et il y a possibilité d'activer un DPU jachère. En outre, la nouvelle Sica n'exclut pas de se lancer un jour dans la culture de switchgrass.




Newsletter GRATUITE