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Une réforme et des engagements
Jura agricole et rural
Publié le:  07 mai 2009
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La réforme impose aux élus d’être plus réactifs face aux attentes des agriculteurs.

La réforme des chambres d’agriculture impose aux élus consulaires d’être plus en phase avec les attentes des agriculteurs. D’où toute une série d’engagements annoncés par le président Dominique Chalumeaux et dont le plus concret sera une aide financière de 50 000 euros pour la réouverture de l’abattoir et de la salle de découpe de Champagnole-Équevillon.

Dans un contexte de contraintes financières, le projet « Terres d’avenir » impose aux chambres d’agriculture de faire preuve de réflexion et d’imagination. Roland Baud, le directeur des services de l’APCA l’a montré au cours de la dernière session de la chambre du Jura qui s’est tenue à Lons-le-Saunier.

Mais, au-delà des modalités de la réforme qui mettent en jeu la légitimité même des chambres, ce sont des engagements fermes que le président a voulu prendre. Des engagements concrets, « sur le terrain, au bénéfice de l’agriculture et des agriculteurs… » Et Dominique Chalumeaux de les décliner.

Outre les assistances aux déclarations PAC, ce sont des investissements sur des dossiers comme la reconversion de l’ancienne zone betteravière, la gestion des relations entre agriculture et urbanisme avec les collectivités locales, la mise en place des circuits courts et de la restauration collective pour laquelle une charte a été signée avec les gestionnaires… Et cela « sans lever le pied sur les filières traditionnelles » !

50 000 euros pour Équevillon
Mais s’il est un dossier sur lequel Dominique Chalumeaux s’est attardé, c’est bien celui de la maîtrise des outils de première transformation des produits bruts, source de valeur ajoutée pour les producteurs. « Garder et faire fonctionner des outils indispensables à l’économie locale devient une impérieuse nécessité si nous voulons encore rester maîtres du devenir de nos produits…» a-t-il martelé en faisant allusion à l’abattoir d’Équevillon dont la chambre demande la réouverture, tout comme la modernisation de celui de Lons-le-Saunier.

Et, plus que des mots, le président a alors affirmé que « une SARL sera prochainement constituée entre différents partenaires apporteurs de tonnage » et que « afin d’assurer une réouverture dans les meilleures conditions, la chambre d’agriculture a décidé de s’engager à travers une aide financière significative permettant le fonctionnement du redémarrage… »
Une aide que l’assemblée a votée un peu plus tard et qui se chiffre à 50 000 euros.

Et Dominique Chalumeaux de conclure sur ce dossier en invitant tous les agriculteurs à jouer le jeu « pour le maintien de cette entité abattage-découpe nécessaire dans cette zone d’élevage des plateaux et de la montagne jurassienne…
»


Ils ont dit…

• Christophe Buchet, le président de JA, a parlé du nouveau parcours à l’installation : « Le Jura n’est pas en retard mais presque un peu en avance. Un travail très productif a été fourni avec les techniciens pour la mise en place de ce parcours. Les premiers entretiens avec les candidats ont été effectués. Mais nous voulons connaître le montant des enveloppes pour pouvoir travailler en toute sérénité… » À propos du plan bâtiment, le président des JA estime qu’il est dommage d’attendre des délais administratifs longs avant de pouvoir commencer les travaux. Pour éviter tout « blocage », il souhaite plus de « souplesse »… Enfin, il informe que les JA du Jura vont planter 500 kilos de pommes de terre au profit des restos du Cœur de Lons-le-Saunier : « La solidarité, c’est aussi cela ! »

• Alain Mathieu, le président de la fédération des coopératives laitières, a alerté sur la situation dramatique de la filière lait : « La filière est désorganisée. Le mal est fait et les baisses succèdent aux baisses, sauf pour le consommateur… »
Et de dénoncer « la loi de la jungle » dans les pratiques commerciales !

• Frédéric Perrot, le président de la FDSEA, a tenu un propos volontairement européen. Pour lui, « grâce à la nouvelle vision de l’agriculture européenne, la ferme Jura sera globalement gagnante, même si on sait que les zones intermédiaires vont perdre. Nous devrons travailler pour trouver un palliatif et retrouver une potentialité au travers d’une MAE rotationnelle… En ramenant un peu de plus-value à chaque hectare, on pourra regagner du revenu sur ces zones intermédiaires… »

Pour Roland Baud, les chambres doivent accélérer le pas pour coller à la demande des agriculteurs et à la diversité des problèmes agricoles

• François Lavrut a poursuivi sur cette vision européenne en s’interrogeant sur « le devenir de l’agriculture et de notre alimentation pour demain… ». Ce à quoi Dominique Chalumeaux, le président de la chambre, a répondu que « la légitimité des soutiens européens à l’agriculture sera à trouver… »

• Pour Gérald Courvoisier, le président du GVA de Nozeroy, « la spéculation sur les céréales devrait être interdite. Ce système est inhumain ! »

• Pour Michel Cêtre, « la régionalisation de la gestion des quotas va pénaliser le Jura. Et d’informer qu’il faudra s’attendre à une baisse de 30 % des financements d’état sur les contrats de plan, financements voués actuellement aux démarches de certification interne des AOC… Et de donner quelques informations sur la mise en place de l’EDE interdépartemental, l’envoi des premiers appels de cotisations dont la taxe d’équarrissage… »

• La préfète, Joëlle Le Mouel, a assuré que, sur le sujet de la réforme des chambres, « l’État sera à vos côtés pour vous accompagner dans cette profonde mutation. » Et de balayer les grands dossiers de l’actualité agricole : le plan de professionnalisation personnalisé dont la présidence du CDI a été confiée à Jeunes Agriculteurs et où un objectif de 60 installations par an a été fixé ; le projet agricole départemental dont elle partage les objectifs et les ambitions tout en y ajoutant le souhait d’approfondir les économies de ressources naturelles sur les exploitations et le développement de circuits courts de commercialisation…Sur les questions environnementales, la représentante de l’État considère que « l’application du Grenelle donne aux agriculteurs une responsabilité nouvelle » et « que le PPE devra aboutir à une réduction des consommations d’énergies ».


Terres d’avenir : « Gagner en réactivité »

Directeur des services de l’APCA, Roland Baud a évoqué les enjeux stratégiques de « Terres d’avenir », la réforme des chambres d’agriculture.

Engagée depuis trois ans, la réforme des chambres d’agriculture a été rattrapée par la Révision générale des politiques publiques voulue par Nicolas Sarkozy.
L’objectif était de rationaliser le fonctionnement du réseau des 115 chambres territoriales, avec la mise en place d’un budget unique par programme, la clarification de la gouvernance, la mutualisation des moyens, le regroupement des établissements d’élevage…
« Aujourd’hui, à la demande des agriculteurs, nous devons accélérer le pas, précise Roland Baud. L’objectif est de gagner en réactivité face à la diversité toujours plus grande des problèmes agricoles… »

Cette nécessaire modernisation s’appuie aussi sur la création d’un établissement national unique pour la forêt, ainsi que par une incitation des responsables professionnels à consolider le réseau autour des chambres régionales, en cherchant une mutualisation des moyens et des fonctions… Premier effet, les 3% de la TFNB consacrés au financement des chambres régionales, passeront à 6%… Et l’élaboration d’un schéma de répartition des compétences se déclinera dans les régions en septembre, pour une mise en œuvre de cette réforme en 2010 et 2011.

Les propos de Roland Baud ont provoqué une réaction de Michel Dieudonné, le président de la chambre régionale de commerce, qui a fait un parallèle avec une même réforme menée dans les chambres de commerce.
Il a rappelé les trois axes qui ont alors prévalu : garder la proximité territoriale, renforcer le niveau régional et, en même temps, renforcer le niveau national. Un commentaire : « Ça a été difficile, même si tout le monde voulait cette réforme et avait envie de la faire… »

Dominique Chalumeaux a simplement souhaité que « le niveau départemental soit sauvegardé, pour ne pas se couper de notre base… », alors que le sénateur Gérard Bailly estimait « qu’il est indispensable de travailler en commun, pour avoir une réflexion plus large, tout en gardant la proximité que procurent nos instances départementales…»




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