RSS
75% du SMIC minimum
Revalorisation des petites retraites agricoles
Apasec
Publié le:  27 juillet 2001
Page 8 

Pour les retraités, des avancées ont été obtenues mais les retraites agricoles restent les plus faibles du régime français.

Les revendications des SDEA et de la SNAE concernent prioritairement la revalorisation des retraites agricoles. Dès 2002, les retraites devraient atteindre le niveau du minimum vieillesse. Pour les responsables de la SNEA, cette augmentation n’est qu’une étape transitoire.

«Les retraites agricoles, régime de base, MSA, étaient et sont toujours les plus faibles des régimes français», explique Denise Leblon, ex-présidente de la Section Nationale des Anciens Exploitants (SNEA), responsable du «groupe veuves». Motivés et désireux de faire avancer ce dossier, les responsables de la SNEA ont, depuis 1993, précisé leurs revendications en la matière : augmenter toutes les retraites agricoles et relever en priorité les petites retraites, en particulier celles des conjointes d’exploitants.

Le dossier concernant les petites retraites a bien avancé. «Nous avons obtenu sur ce point une série de mesures positives en 1994, 1997, 1998, 1999, 2000 et 2001», signale Denise Leblon avec une certaine satisfaction. Aujourd’hui, les retraites minimales sont portées à 2 773 francs par mois pour les conjoints et les aides familiaux et à 3 437 francs pour les chefs d’exploitation, sous réserve de carrière complète. Malgré cette avancée importante, il est indéniable que les chiffres sont faibles dans l’absolu. «Les retraites les plus élevées sont trop faibles», se plaint Denise Leblon. «Nous ne voulons pas de retraite inférieure au minimum vieillesse», ajoute-t-elle. Malgré force et courage, la SNEA n’a jamais obtenu gain de cause sur ce point, à l’exception des revalorisations annuelles de pouvoir d’achat. Cependant, l’obtention des retraites minimales à hauteur du minimum vieillesse devrait voir le jour dès l’année prochaine, comme cela est promis. En valeur, les retraites devraient donc s’élever à 3 655 francs pour une personne seule et à 6 555 francs pour un ménage, ce qui représente respectivement des augmentations de 218 et 127 francs, plus le réajustement annuel. «Nous devons rester vigilants pour que ces augmentations soient bien inscrites dans le BAPSA qui sera proposé au Parlement fin 2001», prévient Denise Leblon.

Ce n’est qu’une étape

Comme l’explique Jean-Michel Lemetayer, président de la FNSEA, dans une lettre destinée à Jean Glavany, ministre de l’agriculture, cette augmentation n’est qu’un tremplin. «Notre objectif est de porter les retraites de chefs d’exploitation disposant d’une carrière complète au minimum de 75 % du SMIC». La loi d’orientation agricole votée en juillet 1999 prévoyait en effet la mise en place d’un tel régime. Le Premier ministre Lionel Jospin avait promis cette mesure avant la fin de la législature. Reste à tenir les promesses.

François Couvreur

Cellule veuves

Pour un rôle d’information et d’appui

En 1998, un groupe de travail à l’intention des conjoints survivants actifs ou retraités s’est mis en place. De ce groupe a germé l’idée de créer des cellules d’accueil et d’appui aux personnes veuves dans chaque département. La mise en place de 10 cellules est prévue pour 2001.

«Le chantier est lancé. Déjà des volontaires se manifestent», témoigne Denise Leblon, responsable du groupe veuve de la section nationale des anciens exploitants, au sujet de la mise en place des cellules d’accueil aux personnes veuves.

Le principe de cette démarche est d’associer une personne de la FDSEA et une autre de la MSA afin d’assurer un soutien, d’informer au bon moment et d’aider les personnes veuves. Par la discrétion, ces deux conseillers mettent en confiance la personne dans la peine pour une aide aux démarches et aux décisions qui sont parfois prises trop rapidement. «C’est dur de prendre une bonne décision quand une femme vient d’être accablée par le décès d’un être cher. Si elle est encore active, elle va par exemple se demander si elle a la force de reprendre l’exploitation ou si elle doit garder la même orientation sur sa ferme. Toutes ses interrogations seront mises au clair par les deux personnes de la cellule», explique Denise Leblon.

10 cellules cette année

Le «groupe veuve» espère voir naître 10 cellules pour 2001. Comme l’explique Denise Leblon, ce n’est pas le groupe veuve ni la section nationale des anciens exploitants qui devra les mettre en place. «Nous sommes juste les instigateurs. Nous comptons sur les fédérations d’exploitants départementales pour les installer chez eux. Cette tâche n’est évidemment pas chose aisée, car les animateurs ont déjà bon nombre de dossiers à traiter au quotidien et les affaires de retraités sont régulièrement passés aux oubliettes». Denise Leblon est cependant optimiste et compte bien arriver à ses fins malgré les obstacles évidents de logistique.

François Couvreur




Newsletter GRATUITE