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Optimiser la gestion de l’herbe
Élevage ovin
Jura agricole et rural
Publié le:  07 mai 2009
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Le jeudi 9 avril, une dizaine d'éleveurs ovins participaient à la formation sur l’exploitation du lycée agricole de Port--sur-Saône

Éric Pottier, responsable de la station expérimentale ovine du Mourier à l'Institut de l'élevage, préconise des règles de gestion du pâturage adaptées aux saisons. L'objectif est de maximiser l'ingestion d'herbe par les brebis, jusqu'en hiver.

Les 8 et 9 avril derniers, Éric Pottier animait une formation ovine organisée par la chambre régionale d’agriculture, le syndicat ovin franc-comtois et la coopérative Franche-Comté animaux sur le thème de l’optimisation de la gestion de l’herbe.

Ce spécialiste de l'élevage ovin allaitant conduit des expériences innovantes sur la maximisation du pâturage à la ferme expérimentale du Mourier, en Haute Vienne. « Nous avons été jusqu'à l'extrême, reconnaît Éric Pottier en commentaire d'une diapositive montrant des brebis dans une parcelle enneigée... c'est l'avantage d'une ferme expérimentale ! »

L'idée clé qui a guidé ces recherches, c'est la supériorité alimentaire de l'herbe sur tous les fourrages. « Dans les périodes de croissance végétative, à savoir au printemps, en été et en automne, la valeur alimentaire de l'herbe varie peu et contrairement aux idées reçues, elle peut également être élevée en hiver lorsque le couvert est encore vert. Des teneurs en MAT de 140 à 180 grammes au kilo de MS et une faible valeur d'encombrement en font alors une ressource adaptée à des brebis ayant des besoins élevés, gestantes voire allaitantes. » Économies de concentré à la clé

Ces travaux ont remis en cause un certain nombre de pratiques communément admises en termes de gestion du pâturage. Il a notamment mis en évidence l'intérêt d'un pâturage ras pour optimiser l'exploitation de la ressource fourragère.

« Gérer l'herbe comme un stock en parcourant toutes les semaines les prairies destinées au pâturage est un minimum », déclare-t-il en arpentant une parcelle de la ferme du lycée agricole de Vesoul armé de son herbomètre. « Un centimètre de hauteur d'herbe équivaut à 200 à 300 kg de matière sèche sur un hectare, soit plus de 100 à 150 rations ! »

Pour ceux qui n'ont pas d'herbomètre, la hauteur d'herbe s'évalue simplement « à la botte ». En toute saison, la hauteur idéale pour entrer dans une parcelle est de 5 à 8 cm. De 3 à 5 cm, la mise au pâturage n'est possible qu'au printemps et en hiver, sous peine de compromettre le potentiel de repousse. Au-delà de 10-13 cm, c'est synonyme de gaspillage et perte d'appétence. Pour les sorties, Éric Pottier préconise une hauteur de 2 cm au début de printemps et en hiver, plutôt 3 à 5 pour les autres périodes de l'année.

« C'est la brebis qui attend l'herbe et non l'herbe qui attend la brebis ! »

Sur le plan économique, la prolongation tard à l'automne de la saison de pâturage a de nombreux atouts. « Le développement de systèmes dont une partie du troupeau met bas en fin d'été permet d'envisager des lactations à l'herbe en automne. Si les disponibilités fourragères sont plus faibles qu'au printemps, le temps est souvent plus clément et la gestion du pâturage plus facile.

Cette pratique permet d'économiser 25 à 50 kg de concentrés par couple mère/agneau(x) par rapport à une conduite en bergerie. Le niveau de chargement reste à adapter au contexte pédoclimatique, soit entre quatre et huit brebis par hectare. L'obtention de bonnes croissances à l'herbe requiert toutefois de disposer d'une herbe de très bonne qualité, plutôt riche, voire très riche en légumineuses.

Disposer d'herbe à cette saison n'est pas le fruit du hasard. Des prairies doivent être spécifiquement choisies et ''préparées'' dès la fin du printemps. »




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