Lors de la séance des questions au gouvernement, Gérard Bailly, sénateur du Jura, a fait part à Michel Barnier, ministre de l’Agriculture, du profond découragement et du désespoir des producteurs de lait et de leur refus d’accepter plus longtemps la décision unilatérale du secteur industriel laitier qui réduit leur rémunération de 30% sans que les consommateurs en bénéficient.
Faisant état du courrier que le ministre a envoyé au président du Centre national interprofessionnel de l’économie laitière (CNIEL) pour proposer un nouveau cadre de régulation pour le secteur laitier, il lui a demandé comment allaient se traduire ces nouvelles relations contractuelles. Il s’est inquiété aussi de savoir ce que le conseil des ministres de l’agriculture européen entendait proposer dans un proche avenir pour mieux organiser ce marché.
Enfin, il a rappelé que la loi de modernisation de l’économie d’août 2008 avait prévu un observatoire des prix et des marges et a souligné qu’il y avait urgence à faire un bilan des marges de la filière laitière.
Rassurez-vous, a répondu Michel Barnier, « on va donner un coup d’accélérateur à cet observatoire et nous irons chercher ces données pour connaître la vérité des prix, même s’il y a des réticences à nous les donner ! ».
Quant au Conseil des ministres de l’Union européenne, il a décidé de prolonger les mesures d’intervention au-delà du mois d’août et de permettre le versement anticipé, dès le 16 octobre, de 70% des aides agricoles ; ce qui permettra de résoudre les problèmes de trésorerie des éleveurs.
Enfin, le ministre a annoncé qu’il avait obtenu, dans le cadre du bilan de santé de la PAC, deux rendez-vous qui n’étaient pas prévus au calendrier européen, en 2010 et 2012, pour faire le point sur le marché laitier.
Gérard Bailly, président du groupe d’études sur l’élevage devait ensuite intervenir, mercredi 3 juin devant la commission des affaires économiques afin de faire le point sur cette crise laitière précédant un débat prévu le 24 juin prochain en séance plénière au Sénat.


