|
Abbaye et lac de Kilemore (Connemara) |
Mercredi 29 avril, 98 anciens exploitants prenaient la route en direction du Havre avant d'embarquer pour un périple de neuf jours en Irlande.
La formule retenue cette année était la découverte de l'Irlande en bus et en bateau. Après un départ de Lons-le-Saunier, Champagnole et Poligny aux alentours de midi, les deux bus prenaient la route en direction de Paris, puis Rouen, le passage très impressionnant du pont de Tancarville, et enfin le Havre pour le repas. Vers 22 h, nous embarquions sur un ferry, direction Porthsmouth en Grande-Bretagne.
Après une nuit à bord, un peu agitée pour certains novices en navigation, nous avons retrouvé le bus pour traverser l'Angleterre puis le Pays de Galles jusqu'à Holyhead.
Après 2 heures de traversée, le port de Dublin se profilait à l'horizon. Notre guide nous a fait un historique de la ville avant notre installation dans un très bel hôtel en banlieue de Dublin.
Dublin : la capitale
L'agglomération, qui compte plus d'un million d'habitants, s'étend en arc de cercle autour de la baie de Dublin, et la rivière Liffey qui la traverse subit l'influence de la marée. Le tour panoramique de la ville a permis d'admirer différents quartiers et monuments : l'imposante banque d'Irlande, datant de 1729 qui abritait à l'origine le Parlement irlandais, l'hôtel de ville, l'assemblée nationale, l'hôpital, la cathédrale Saint-Patrick, toute en pierre grise, datant des années 1200, la cathédrale «Christ Church», les maisons de style géorgien avec leurs portes agrémentées d'impostes en éventail aux couleurs très vives, violet, bleu marine, rose vif, jaune...permettant aux hommes rentrant du pub de repérer sans erreur ou presque leur entrée !
Dublin abrite aussi de très beaux parcs, entre autre le Phoenix Park couvrant près de 712 ha, le plus grand parc urbain d'Europe, englobant jardins, lacs, terrains de sport et zoo, ainsi que les résidences officielles de l'ambassadeur des États-Unis et de la présidente de l'Irlande, ou Croke Park, le premier stade d'Irlande qui peut accueillir 82300 spectateurs.
Puis c'était la visite de «Trinity College», véritable chef-d'œuvre architectural, fondé en 1592, qui s'étend sur 16 ha dans un magnifique cadre arboré. Il abrite un des plus anciens et célèbres manuscrits au monde, « the book of Kells », orné d'enluminures d'une extraordinaire complexité, qui remonte à l'an 800. Malheureusement, le temps imparti pour la visite et le grand nombre de visiteurs ne permet pas de détailler et d'admirer à loisir les quelques pages présentées. A
utre merveille : l' «old library», l'ancienne bibliothèque, avec sa « long room » longue de 65 m, qui renferme 250 000 des plus anciens ouvrages, notamment un précieux exemplaire de la proclamation de la république irlandaise.
La première attraction touristique de la ville est sans conteste la brasserie Guinness, qui fête ses 250 ans cette année. Elle s'étend sur 26 ha et employait plus de 5 000 travailleurs à son apogée dans les années 1930. L'orge est malté, torréfié, moulu, mélangé à l'eau chaude et écrasé. Puis le liquide est filtré et bouilli avec le houblon. Après ajout de levure, la fermentation commence, puis la bière est clarifiée, maturée et préparée pour le conditionnement.
D'après notre guide, 156 millions de verres de Guinness® sont bus par jour dans 153 pays ! Devise : « Guinness is good for you » (La Guinness® est bonne pour vous !). La visite aborde tous les aspects de l'histoire de la brasserie et du processus de brassage sur six étages. Le septième abrite le «Gravity Bar», avec vue panoramique sur toute la ville, où une pinte de la célèbre bière brune (environ un demi-litre) est offerte à tous les visiteurs. Raison sans doute pour laquelle les chanteurs se sont succédé au micro dans le bus qui nous emmenait à Limerick au sud-ouest de l'Irlande, en fin d'après-midi.
Le comté de Kerry
Après le petit-déjeuner irlandais (œufs brouillés, saucisses, jambon, pommes de terre...), départ pour la petite ville d'Adare qui accueille chaque année un nombre impressionnant de mariages et une foule de touristes, attirés par la beauté des édifices médiévaux, des vieilles églises et des ruines de châteaux ou d'abbayes.
La rue principale est bordée de maisons typiques à toit de chaume qui datent des années 1820. Tralee, fondée par les Normands en 1216 organise chaque année une fête très célèbre au mois d'août, retransmise par la télévision : la fête de la rose de Tralee avec élection de la plus belle fille. Les Américains d'origine irlandaise y viennent même concourir !
Blennerville accueillait jadis le principal port de Tralee, depuis longtemps ensablé. Le moulin à vent - «Blennerville windmill» – est toujours en activité. Construit en 1800, aujourd'hui restauré c'est le plus grand moulin d'Irlande.
Un centre d'information propose une exposition sur les procédés de mouture et une autre sur les milliers d'émigrants qui partaient dans l'espoir de trouver une meilleure vie aux États-Unis, à partir de ce port, le plus important point d'embarquement du Kerry. La route côtière autour de la péninsule de Dingle et du «Ring of Kerry» (l'anneau de Kerry, route de 180 km, principale attraction touristique de l'Irlande) a permis d'admirer sous le soleil des paysages de carte postale, d'un côté l'océan, la côte découpée, les petites îles et de l'autre les collines quadrillées de haies ou de murets de pierre sèche, ponctuées de buissons de genêts en fleurs, les vestiges de châteaux ou de forts, les tourbières, les rivières à saumons, et bien sûr des moutons un peu partout.
Le «Gallarus Oratory», oratoire en pierre sèche en forme de bateau renversé de 9 m de long et 5 m de haut résiste aux éléments depuis douze siècles. La légende veut que celui qui peut en ressortir par le petit fenestron aura tous ses péchés remis... Chacun devait avoir la conscience tranquille, personne n'a tenté l'aventure ! À Killorgin, l'arrêt à une fumerie de saumons a permis de faire provision de saumon sauvage d'excellente qualité. Une seconde vente a même eu lieu le lendemain matin à l'hôtel pour pouvoir satisfaire tout le monde ! Au cœur du parc national de Killarney, la visite des jardins du manoir de Muckross a été un enchantement pour les amateurs de fleurs avec d'énormes buissons de rhododendrons et d'azalées qui descendent jusqu'au lac.
Nous avons pu admirer aussi quelques pièces du manoir, devant lequel les calèches attendent pour promener les touristes.
Avant la descente sur Waterville, station balnéaire dans la baie du même nom où Charlie Chaplin venait en vacances tous les ans avec sa famille, superbe point de vue sur les îles Skellig, paradis des amateurs d'ornithologie. La plus grande, Skellig Michael est un amas rocheux déchiqueté s'élevant à 217 m au-dessus du niveau de l'eau. Des moines y ont vécu du VIe au XIIIe siècle et les édifices monastiques sont accessibles par un escalier de 600 marches taillées dans le roc. Après un petit arrêt à Sneem pour les achats divers (pulls, plaids, bijoux celtiques...), retour à l'hôtel à Tralee et soirée dans un pub, haut lieu de convivialité.
En Irlande, boire un verre est une activité sociale à part entière et le pub une véritable institution. La soirée était animée par trois musiciens traditionnels : accordéon, violon, flûtes, «bohdran» (tambourin irlandais) et deux danseuses en costumes qui ont fait quelques démonstrations de pas irlandais auxquels certains ont donné la réplique – pas toujours fidèle - mais avec un entrain et une bonne humeur contagieuse. Ambiance assurée toute la soirée !
Le Burren et Galway
Depuis Tarbert, après une courte traversée de l'embouchure de la rivière Shannon, où quelques téméraires ont quitté le bus pour braver la pluie et un vent violent sur le ferry, un arrêt à Lahinch, station balnéaire et parcours de golf de classe internationale, nous a permis d'admirer les surfeurs en pleine action dans les vagues. Certains ont préféré s'engouffrer dans le pub local, histoire de goûter le whiskey (excellent) pour se réchauffer un peu. Les falaises de Moher, à la verticale de l'océan sur plus de 200 m nous sont malheureusement restées invisibles sous une brume épaisse, ainsi que les îles d'Aran en face.
Le traditionnel chandail de laine écrue aux motifs complexes tricoté par les femmes de pêcheurs de ces îles permettait de reconnaître un disparu en mer – quand on le retrouvait - chaque famille ayant un point de tricot particulier... Les paysages du Burren (« rocailleux » en gaélique) montrent une vaste étendue de blocs karstiques séparés par d'étroites fissures. Une grande partie a été déclarée zone protégée et abrite une importante flore sauvage. Le Burren est également jalonné de plus de 2 500 sites historiques, certains forts datant de l'âge de pierre. Si Dublin est la capitale de l'Irlande, Galway est considérée comme la capitale culturelle. Ville florissante et port important jusqu'au XVIIe siècle, a décliné sous le règne d'Henri VIII et a été détruite sous Cromwell.
Elle connaît une grosse expansion depuis une quinzaine d'années, tant au niveau démographique qu'économique, c'est à la fois une ville universitaire (plus de 15 000 étudiants) et un pôle technologique et touristique. Après un rapide tour de ville et la visite de la cathédrale, monument imposant en pierres massives grises, les bus repartaient pour le Connemara et ses célèbres lacs chantés par Michel Sardou, en particulier le Kylemore lake, au pied de l'abbaye de Kylemore, manoir néogothique construit au XIXe siècle pour un riche homme d'affaires britannique et transformé en abbaye par des bénédictines d'Ypres en Belgique durant la première guerre. L'abbaye abrite actuellement un collège privé tenu par les religieuses.
Un site magnifique sous un temps bien gris et une petite pluie fine, mais peut-être plus beau sous les nuages que sous le soleil... La visite prévue de la cristallerie «Connemara Crystal» n'a pu avoir lieu pour cause d'horaire trop tardif.
L'Irlande agricole
Après notre dernière nuit à Galway, une visite incontournable nous attendait : «Loke's Distillery» à Kilbeggan. La distillerie de whiskey, transformée en musée, a fonctionné depuis 1757 jusque dans les années 50 (la distillerie actuelle se trouve au nord de Dublin). La machinerie d'origine a été rénovée : roue à aubes, machine à vapeur, cuves de fermentation...
Les énormes alambics, chauffés à la tourbe ont une taille impressionnante. Tout cet ensemble témoigne d'une époque bien loin de nos 35 heures, où le travail se faisait en continu 7 jours sur 7, sans congés payés, et où les enfants pouvaient travailler à partir de dix ans de 8h du matin à 8h du soir.... Chacun a pu écouter les explications sur les différents whiskeys un verre à la main, admirer un tonneau « cuvée Barack Obama » ou glisser au voisin : « je préfère le vin jaune ! ». Ensuite la visite de «Causey Farm» nous a permis d'en apprendre un peu plus sur l'Irlande agricole.
Cette ferme de 120 ha, avec moutons et vaches nourries à l'ensilage est tenue par une grande famille qui tire un complément de revenus en organisant des visites pour les touristes ou les scolaires. Les moutons sont élevés pour la viande, exportée surtout vers la France. La laine ne vaut rien (2 euros) et ne paye que le tondeur. Leurs organisations syndicales sont proches des nôtres et leur revenu et subventions européennes semblables à ceux des agriculteurs français.
Après une démonstration de rassemblement d'un troupeau de mouton et la visite de la ferme, chacun tentait de s'initier au tambourin local, le bohdran, la baguette pas forcément bien en mesure.
Un petit goûter terminait la visite, et les bus reprenaient la route pour Rosselare, lieu d'embarquement sur le ferry Oscar Wilde pour une nuit et une journée à bord jusqu'à Cherbourg, où certains ont retrouvé avec soulagement le plancher des vaches, la transition entre la mer d'Irlande est l'Atlantique étant un peu houleuse. Le retour dans les foyers s'est effectué sans encombres après une nuit entière dans le bus. Le rythme des visites et du voyage ainsi que la barrière de la langue n'ont pas permis d'apprécier à sa juste valeur le caractère joyeux et plein d'humour des Irlandais, mais l'accueil a toujours été chaleureux.
Une mention particulière aux structures hôtelières luxueuses qui nous ont accueillies chaque soir avec un hébergement haut de gamme. Les confortables salons des hôtels et leurs bars ont vu s'installer tous les soirs les joueurs de belote ou de tarots, les cartes d'une main et le verre de bière, de whiskey ou d'irish coffee de l'autre – il fallait bien goûter les productions locales, voire s'en imbiber ! Nous avons pu déguster aussi le plat national, l'irish stew, sorte de ragoût de mouton, sans oublier d'excellents saumons et cabillauds.
|
Paysage désolé du Burren |
La FRSEA Franche-Comté ainsi que 11 autres régions ont manifesté à Paris le 27 avril pour défendre les grandes cultures. Parmi les revendications suivantes, laquelle vous semble la plus importante :
- 06 mars - 26 septembre 2010
Exposition à l'Écomusée



