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Le point sur le dossier IGP
Saucisse de Morteau
Jura agricole et rural
Publié le:  11 juin 2009
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Recalé au niveau européen, le dossier IGP Morteau s’est réorienté vers un approvisionnement non plus défini par une zone géographique, mais par le mode d’alimentation des porcs : ceux-ci devront recevoir du petit-lait.

Christophe Jacquin a invité Michel Delacroix, président de l’association A2M, à faire le point sur le dossier IGP Morteau à l’occasion de l’assemblée générale de Franche-Comté élevage.

« Au sein de l’association A2M, nous fonctionnons à l’unanimité des collèges, comme dans l’AOC Comté, ce qui signifie que nous devons trouver un consensus pour prendre une décision. Nous étions parvenus à un accord sur un cahier des charges qui prévoyait un approvisionnement à partir de la Franche-Comté et la Bresse de l’Ain et de Saône-et-Loire.

Le conseil d’État avait donné son feu vert et le dossier était parti à Bruxelles pour y être visé par les 26 autres états membres… Normalement, c’est une formalité, mais ça n’a pas été le cas ! »

Entrave à la concurrence

Pour l’Union européenne, la limitation de la zone de production des porcs destinés à fabriquer de la saucisse de Morteau à la Franche-Comté et à la Bresse est une protection déguisée, qui n’apporte pas de spécificité particulière au produit final. « Il a fallu trouver une autre spécificité, qui soit défendable au niveau européen, tout en permettant de valoriser notre production porcine régionale, c’est pourquoi nous sommes partis sur l’alimentation des porcs au sérum de fromagerie. »

Reste à convaincre les porchers d’utiliser cet aliment, et aux coopératives fromagères de leur vendre à un prix acceptable.

« Nous nous sommes rapprochés de la FDCL sur ce dossier et tout le monde a bien compris les enjeux. Nous travaillons actuellement sur une grille de paiement du sérum qui intègre à la fois les cours du porc et ceux du sérum. »
La croissance de la consommation de la saucisse de Morteau en 2008, à +8 %, est pourtant de nature à susciter l’optimisme de Michel Delacroix. « Nous avons un plan de communication ambitieux, avec un lancement remarqué à Paris lors du Salon de l’agriculture. Nous allons poursuivre sur cette lancée en communiquant sur la consommation estivale dans la région. Le but est de désaisonnaliser la consommation, pour lisser les volumes d’abattage et de transformation sur l’année. »

Propos confirmés par Philippe Pierrat, directeur de «Les éleveurs de la Chevillotte » : « nous avons du mal à aller sur certains marchés en raison de notre disponibilité en dents de scie. » Le dossier saucisse de montbéliard, également défendu par l’association A2M, suit le même parcours que celui de la morteau « avec les mêmes tracas administratifs », conclut Michel Delacroix.




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