Le Jura Agricole et Rural
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L’année de tous les extrêmes
Assemblée générale de Bévifranc
Publié le:  11 juin 2009

2008 a été une année contrastée pour les producteurs de viande bovine et ovine de la région, marquée par la hausse des cours des matières premières. Bévifranc poursuit ses actions de promotion auprès de tous les publics.

Le 27 mai dernier l’assemblée générale de Bévifranc, l’association interprofessionnelle bétail et viande de Franche-Comté, tenait son assemblée générale à la Vèze. « 2008 a été marquée par une forte croissance des prix des matières premières, la FCO, puis la crise économique qui a provoqué une baisse de la consommation et une dégradation des prix…

Le bilan de santé de la Pac permet d’espérer un bol d’air pour la production ovine et les productions à l’herbe, mais en même temps, les Pouvoirs publics poursuivent leur désengagement des outils de régulation. La question se pose pour les producteurs d’investir dans ces outils, sachant que c’est un secteur caractérisé par de très gros niveaux d’investissements et de très faibles marges… », déclarait Michel Renevier, le président, dans son rapport moral.

Côté actualités récentes, la décision de l’OMC d’augmenter le contingent d’importation de viande produite aux États-Unis en contrepartie de l’abandon des sanctions commerciales sur le roquefort a suscité le commentaire de Philippe Auger : « c’est à nous d’être vigilant au niveau de l’étiquetage, de faire respecter l’obligation d’informer le consommateur sur la provenance de la viande, et de communiquer sur l’absence de garanties des viandes produites en Amérique du Nord, avec des OGM dans l’alimentation et des hormones. »

Culture culinaire

Claude Cornu, animateur de Bévifranc, a de son côté brossé un tableau des actions conduites au cours de l’exercice écoulées. « Nous avons réalisé des opérations aussi bien en direction du grand public qu’à l’intention des professionnels de la nutrition, de l’alimentation et de la santé, en nous appuyant sur une équipe d’animation locale (diététicienne, animateurs, professionnels de la filière, restaurateurs...) et ponctuellement sur des intervenants nationaux mobilisés par le CIV et Interbev. » Que ce soit dans les écoles (de la maternelle à l’université), sur les pistes de ski des Rousses ou de Métabief, ou à Micropolis dans le cadre de Terre d’Arôme « nous utilisons le plus souvent la voie ludique pour transmettre les messages que l’interprofession souhaite faire passer au plus grand nombre de consommateurs.

On constate très souvent d’importantes lacunes dans la culture culinaire : par exemple des gens convaincus que les haricots verts apportent davantage de protéines que la viande ! » Le « temps fort» de cette année 2008 a été sans conteste la participation à la Foire du Jura à Lon-le-Saunier, en octobre dernier, avec des animations sur le thème « élevage – nutrition – diététique », démonstrations culinaires et dégustations. « Une demi-douzaine d’éleveurs bénévoles ont participé à l’animation, les contacts avec le grand public ont été très fructueux. »

La remontée des informations d’abattage des gros bovins, dossier Interbev, est désormais exhaustive, ce qui permet de réaliser des statistiques. « Nous pouvons maintenant connaître précisément les lieux d’abattage des animaux produits dans la région, s’est réjoui Claude Cornu, avant de présenter quelques graphiques illustrant ses propos.

Seulement 20% des gros bovins produits dans la région y sont abattus. 38 % le sont en Bourgogne, 22 % en Rhône-Alpes. Si on regarde les abattages en Franche-Comté et les départements limitrophes, on arrive à 59 %, et 82 % avec les régions limitrophes. »

Foies douvés : mauvaise foi ?

Christophe Chanet, technicien à Normabev, a fait le point sur ses différentes missions, à savoir le suivi technique du respect des accords interprofessionnels de classement. Au niveau national 44 établissements sont équipés de machines à classer, représentant 65% des volumes abattus. « L’équipement en machines à classer va dans le sens d’une normalisation du classement des carcasses. À ce jour, seulement 21 établissements appliquent effectivement la règle de classement automatisé. Nous avons fait réaliser une carcasse en résine, classée R=, ce qui nous a permis de vérifier la fiabilité de toutes les machines à classer au niveau national.

Actuellement nous travaillons sur une équation interprofessionnelle française, en test sur neuf sites, pour mieux adapter les machines à classer à la réalité du marché français. » Son intervention a suscité de nombreuses réactions, notamment autour de la question des foies saisis en abattoirs à cause de la présence de douves, et de la retenue de 8 ? qu’elle entraîne. De nombreux producteurs suspectent la mauvaise foi des abatteurs en la matière.




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