Le Jura Agricole et Rural
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Comment sont déclarés les bénéfices ?
Fiscalité de la vente d’électricité photovoltaïque
Jura agricole et rural
Publié le:  18 juin 2009
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Avant de se lancer dans un projet de production d’électricité, il est important de prendre en compte certaines spécificités du  monde agricole, notamment en matière de fiscalité.

Les bénéfices de l’exploitation  d’un système photovoltaïque  peuvent êtres déclarés en tant  que bénéfices agricoles sous réserve  de deux conditions: l’exploitant  doit être au régime d’imposition « au réel  » et les recettes provenant de ces activités,  majorées des recettes des autres activités  accessoires ne doivent excéder ni  50 % des recettes tirées de l’activité  agricole, ni 100 000 euros (Article 75-A du Code Général des Impôts).

Par ailleurs, l’article 75 du Code Général  des Impôts (CGI) prévoit que les  recettes accessoires (autres que celles  provenant des énergies renouvelables)  réalisées par un exploitant agricole sur  son exploitation, peuvent être prises en  compte pour la détermination des bénéfices  agricoles si leur montant n’excèdent  pas 30 % des recettes tirées de  l’activité agricole, ni 50 000 euros (voir  exemple ci-dessous).

Si ces conditions ne sont pas remplies, l’exploitant  a le choix entre déclarer ces revenus  sous le régime de la micro-entreprise  dans la catégorie des bénéfices industriels  et commerciaux (BIC), avec toutefois un  seuil de 76 300 euros de Chiffre d’Affaire,  soit de créer une structure commerciale  classique dédiée à l’exploitation  du système photovoltaïque, par  exemple une SARL, soumise à la fiscalité  des entreprises.

Autres répercussions  fiscales

Par ailleurs l’installation de panneaux  photovoltaïques a d’autres répercussions  fiscales, en termes de taxe foncière, d’impôt  sur les sociétés et de taxe professionnelle.

La taxe foncière sur les propriétés bâties  (TFPB) : d’après l’article 1382 du  CGI, les bâtiments qui servent aux exploitations  agricoles sont exonérés de la  taxe foncière sur le bâti. La loi de finance  rectificative pour 2008 (article 107) a bien  validé que cette exonération est maintenue  dans le cas où le bâtiment concerné  est muni d’une installation photovoltaïque.

La taxe foncière sur les propriétés non  bâties (TFPNB) dépend, elle, de la valeur  locative de ce terrain. Si une centrale photovoltaïque  est située sur celui-ci (une  centrale au sol) la TFPNB sera automatiquement  impactée.

Enfin, d’après l’article 206-2 du CGI,  les sociétés civiles qui exercent une activité  agricole au sens de l’article 63 de  ce même code ne sont pas assujetties à  l’impôt sur les sociétés lorsqu’elles remplissent  les conditions fixées à l’article  75 A du Code général des impôts. Si les  bénéfices sont déclarés en tant que BIC,  l’impôt sur les sociétés est alors appliqué.

Les exploitants agricoles sont exonérés  de taxe professionnelle. Cependant,  nous ne connaissons pas aujourd’hui la  position de la DGI quant à la vente  d’électricité photovoltaïque et l’application  ou non de la dite taxe. Par ailleurs,  il en va de même que pour l’impôt sur  les sociétés : si les bénéfices sont déclarés  en tant que BIC, la taxe professionnelle  est alors appliquée.

Le raccordement au réseau d’une installation  photovoltaïque peut engendrer  des perturbations sur le réseau électrique.

Pour ces raisons, le gestionnaire  de réseau (ERDF et les autres entreprises  locales de distribution) s’assure  que l’ajout d’un moyen de production sur  sa ligne respecte le plan de tension de  celui-ci (exigences de qualité de réseau,  notamment en termes de tension délivrée).

Dans le cas des agriculteurs, les  toitures disponibles peuvent avoir une  surface très importante et recevoir des  installations photovoltaïques de grande  puissance. Par ailleurs, la ligne alimente  parfois un seul domaine agricole et est  donc dimensionnée pour un faible soutirage.

Une production photovoltaïque  trop importante peut perturber la qualité  du courant du réseau et le gestionnaire  de réseau peut alors exiger un renforcement  de la ligne, qui sera à la charge du  producteur si la puissance est supérieure  à 6 kVA en monophasé et 18 kVA en  triphasé (maximum 6 kVA par phase).

Il est donc nécessaire de prendre  contact avec le gestionnaire de réseau  avant la réalisation du projet de façon à  pouvoir le cas échéant prendre en compte  ce coût supplémentaire dans le plan  de financement de l’investissement.

Un exemple pour mieux comprendre

Prenons le cas d’un exploitant qui réalise  les recettes suivantes :
• activité agricole : 400 000 euros
• activité touristique : 60 000 euros
• vente d’électricité photovoltaïque :  20 000 euros

Pour son activité touristique, l’exploitant  ne pourra pas bénéficier de l’article  75 car il a dépassé le seuil de 50  000? : il devra souscrire une déclaration  au titre des « bénéfices industriels  et commerciaux » (BIC).

Pour déterminer le statut des recettes  de la production d’électricité solaire,  il faut prendre en compte la totalité  des recettes accessoires soit 60 000  euros + 20 000 euros = 80 000 euros.

Ce total étant inférieur au seuil  de 100 000 euros et à 50 % du revenu  des activités agricoles, les recettes  de la production solaire pourront donc  bénéficier de l’article 75 A du code général  des impôts et les 20 000? pourront  figurer sur la déclaration professionnelle  agricole.

Par contre, si la vente d’électricité est  de 50 000 euros, le bénéfice de l’article  75 A n’est plus possible car le  montant total des recettes accessoires  est de 60 000 euros + 50 000 euros  = 110 000 euros, donc supérieur au  seuil de 100 000 euros.




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