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Un toit à double fin
Plateau du Vercors
Jura agricole et rural
Publié le:  18 juin 2009
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Le Gaec a prévu l'installation de lumière basse consommation dont la luminosité est décuplée par une multitude de facettes. Quelques luminaires suffisent à éclairer le vaste bâtiment

En répondant à un besoin pour leur élevage, les associés du Gaec du colibri en ont profité pour optimiser l'utilisation d'une extension de bâtiment en produisant de l'électricité et de l'air chaud.

Ils font d'une pierre trois coups. Les frères Rochas, du Gaec du colibri à Méaudre, sur le plateau du Vercors, réalisent en ce moment une extension de leur bâtiment d'élevage, l'équipent de panneaux photovoltaïques et mettent en place un système de séchage de foin solaire. « Nous avions besoin de cet agrandissement, nous en profitons pour l'optimiser » explique Éric Rochas.

Afin de faciliter leur travail en hiver, particulièrement long à cette altitude, les exploitants avaient besoin de créer un stockage de foin supplémentaire et une fumière au bout de leur bâtiment d'élevage.

« Nous avons une griffe sur un pont roulant pour transporter le foin ou évacuer le fumier dans la partie existante. Nous l'avons prolongée ce qui nous a empêchés d'orienter l'extension de façon optimale par rapport au soleil. Nous restons sur une orientation sud-est ».

Malgré tout, l'étude technique commandée à l'Ageden a révélé une rentabilité suffisante en production d'électricité.

Installation amorphe

« Nous n'avons pas opté pour les panneaux photovoltaïques rigides utilisés couramment, indique l'exploitant. Nous utilisons des panneaux amorphes, très fins, quelques millimètres d'épaisseur, souples, collés directement sur des tôles bac. Le rendement de cette nouvelle technologie est moindre, mais finalement la rentabilité (rendement/investissement) est plus élevée ».

Le système est donc constitué de deux tôles aboutées dans la pente du toit (environ 13 mètres de long), sur lesquelles sont collés en usine les panneaux amorphes. Un boîtier en sous-face fait la jonction électrique entre les deux, le tout étant relié à un des quatre onduleurs de l'installation.

Avantage de cette pose, l'étanchéité à la pluie est parfaite dès le début. Des panneaux de bois vont ensuite être posés sous la pane, l'espace aménagé entre eux et les tôles servant à réchauffer l'air, lui-même aspiré en bout de bâtiment pour le conduire sous le stock de foin.

« La présence de la tôle permet de réchauffer rapidement l'air emprisonné dessous, souligne Éric Rochas. Il y a un deuxième avantage : la circulation de l'air permet de faire baisser la température des panneaux solaires, ce qui augmente leur productivité ». Il est même prévu de mettre un automatisme commandant une ventilation régulière même en dehors des périodes de séchage du foin (fin août et septembre). Mais il faudra voir, grandeur nature, si le gain de production d'électricité couvre la dépense énergétique supplémentaire de la ventilation.

« Nous aurions pu envisager d'équiper l'ensemble du toit de panneaux solaires, précise l'éleveur. En définitive, nous avons pris la décision de n'utiliser que la partie sous laquelle ne se trouvent pas les bêtes. La fabrication d'électricité engendre inévitablement de l'électricité statique. Cela peut poser un problème aux animaux. Il faut y ajouter une possibilité de rupture du champ cosmique en raison de cette électricité statique, ce qui peut perturber l'énergie du bâtiment. On ne sait pas quantifier ces phénomènes. On y croit ou non. Pour notre part, nous n'avons pas voulu prendre de risque ».

Produisant en agriculture biologique, les associés du Gaec sont attentifs à l'équilibre des animaux et leurs résultats démontrent une bonne maîtrise des techniques d'élevage. Ils crédibilisent d'autant plus leur prudence.




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