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La houe en T inversée permet un dégagement efficace des jeunes plants |
Manuel ou mécanique, l’entretien de la plantation forestière pendant les premières années qui suivent sa mise en place est indispensable : cette opération permet d’éliminer la végétation qui concurrence les plants objectifs, de préparer un éventuel regarnissage et de dégager les accès.
Le 18 septembre dernier, le centre régional de la propriété forestière de Franche-Comté et la chambre d’agriculture de Haute-Saône organisaient une réunion forestière sur le thème de l’entretien des parcelles, en collaboration avec la coopérative forestière Forêts et Bois de l’Est.
Une trentaine de personnes s’est rendue sur une parcelle de 12,5 ha dans le bois du petit Fougeray à Villers la Ville pour s’informer sur les différentes techniques existantes.
« La plantation n’est que la première étape : il ne faut pas négliger le dégagement, dont le rôle principal est de permettre la croissance en hauteur des plants objectifs, en créant une cheminée autour, pour qu’ils aient accès à la lumière. », explique en préambule Cécile Marion, technicienne au CRPF de Franche-Comté.
« Le dégagement permet d’éliminer les végétaux, et notamment la strate herbacée, qui concurrencent directement le plan pour l’alimentation hydrique, précise Damien Jolissaint, technicien à la coopérative Forêt et Bois de l’Est. De même pendant l’hiver, les ronces peuvent sous le poids de la neige occasionner des dégâts et provoquer la casse des plants.
Mais l’élimination totale des broussailles de la parcelle n’est pas non plus souhaitable, car cette végétation contribue au maintien de l’ambiance forestière et joue un rôle dans la protection des plants vis-à-vis du gibier. »
À cela il faut ajouter le facteur économique : toute intervention a un coût qu’il faut intégrer dans la gestion de la parcelle. D’où la difficulté de doser l’entretien, à moduler aussi en fonction des parcelles et du climat bien entendu.
Indispensable dès l’année qui suit la plantation
« À n+1, le dégagement est indispensable, chaque année pendant cinq ans. Par la suite on peut se permettre d’espacer les interventions. On peut par exemple effectuer un passage de girobroyeur dans un interligne sur deux, en alternance tous les ans ou tous les deux ans selon la vigueur de la végétation, combiné à un appui manuel autour du plan. »
Autre écueil fréquemment rencontré, celui du difficile arbitrage de la conservation ou non de repousses spontanées d’essences précieuses (merisiers, chênes…)
« Il ne faut pas perdre de vue les objectifs, insiste Cécile Marion : comment je vais dégager, entretenir, où sont les accès, les endroits où les engins peuvent tourner. Une fois ces objectifs bien en tête, il est tout à fait possible de conserver sur la ligne quelques plants intéressants, à condition de respecter la cohérence de la logique d’exploitation (éviter des feuillus dans une plantation de conifères par exemple car les conduites sont trop différentes). »
La technique dite du dégagement « en entonnoir » ou « en cheminée » permet de dégager le tiers supérieur des tiges pour l’exposer à la lumière. Cela assure le maintien de la photosynthèse et stimule la croissance en hauteur, en limitant le développement des branches basses.
Côté matériel utilisé, cette réunion sur le terrain a permis de voir en action un outil parfaitement adapté au dégagement individuel des pieds : une houe en forme de T inversé, montée sur une minipelle de 2,5 T. Elle est utilisée ici pour dégager la partie de la parcelle implantée en feuillus précieux (érables, frênes communs, tilleuls et merisiers).
« Le T inversé est muni d’ailettes, il décape la strate végétale autour du plant.
De plus, la mini-pelle est équipée d’un compteur qui permet de comptabiliser les manques. », explique Damien Jolissaint.
Cet outil permet même d’ameublir le sol en profondeur pour faciliter le regarnissage. Éric Tibère, entrepreneur forestier aux commandes de la minipelle précise « je travaille à la surface et non à l’heure. Le coût de l’intervention peut varier du simple au double selon la configuration du terrain. »
Maladie émergente
La visite du peuplement est aussi l’occasion d’attirer l’attention des propriétaires forestiers sur une maladie cryptogamique récente qui provoque le dessèchement de la cime des jeunes frênes, qui repartent en général en fourche au niveau des bourgeons axillaires.
« Pour l’instant on ne sait pas grand-chose sur cette maladie et en l’absence de traitement, nous avons levé le pied sur les plantations de frênes, détaille Cécile Marion. Si vous intervenez dans vos plantations, pensez à bien désinfecter vos outils de taille car c’est un moyen de propagation de la maladie. »
Pour la parcelle plantée en conifères (douglas et mélèzes), c’est un matériel beaucoup plus léger qui est employé : la débroussailleuse à dos équipée d’un couteau « en étoile ».
Les deux ouvriers travaillent en binôme, pour des questions de sécurité. Le croissant, également présenté lors de la journée, est un outil manuel, sorte de faucille montée sur un long manche, parfaitement adaptée pour dégager les plants des ronces.
Forêt franc-comtoise : une place importante dans le paysage économique
La forêt franc-comtoise recouvre environ 700 000 ha, soit 44% du territoire de la région. Le secteur forêt-bois est le cinquième employeur de Franche-Comté, représentant environ 12 500 emplois, dont 7 500 en deuxième transformation.
La forêt privée couvre 310 00 ha, soit 45% de la forêt régionale et compte 160 000 propriétaires. 80 000 ha bénéficient de documents de gestion durable, et 50 000 ha sont certifiés PEFC (programme de reconnaissance des certifications forestières). Il s’agit d’une forêt diversifiée, à dominante de feuillus. Le CRPF, établissement public, est chargé de développer et d’orienter la production des forêts privées.
Un des axes de travail de cet organisme est de lutter contre le handicap du morcellement, en incitant les propriétaires à se regrouper pour améliorer leur desserte et en poursuivant les actions de restructuration foncière.
Le CRPF s’implique également dans la formation des propriétaires forestiers aux méthodes de sylviculture (éditions de guides, parcelles de démonstration, réunions d’information…)
Les travaux du Grenelle de l’environnement ont remis en valeur l’intérêt de la forêt pour la production de bois, à la fois matériau et source d’énergie renouvelable.
Fin 2006, le bois énergie représentait en effet au niveau national plus de 9 millions de tonnes équivalent pétrole, soit 4% du bilan énergétique national. 6 millions de maisons individuelles étaient équipées d’un appareil de chauffage au bois, ainsi que plus de 1 700 chaufferies et réseaux de chaleurs collectifs et 1 000 chaufferies industrielles.
À l’horizon 2020, l’objectif est de parvenir à une part de 20% dans la consommation totale d’énergie.
La FRSEA Franche-Comté ainsi que 11 autres régions ont manifesté à Paris le 27 avril pour défendre les grandes cultures. Parmi les revendications suivantes, laquelle vous semble la plus importante :
- 06 mars - 26 septembre 2010
Exposition à l'Écomusée



