Aucun secteur n’est épargné par un bouleversement sans précédent des équilibres sur lesquels est fondée notre économie. L'agriculture, bien que touchée plus tardivement par la récession économique mondiale, est à son tour frappée par la crise.
Cette crise trouve son origine à la fois dans une baisse de consommation entraînant une baisse des prix mais aussi dans une élévation des charges et des difficultés climatiques. De par son ampleur, elle n’épargne aucune filière et plonge les agriculteurs dans un désarroi profond.
Les manifestations violentes et spectaculaires n’en sont que la partie la plus visible, mais plus nombreux encore sont ceux qui souffrent en silence…
Grâce aux mécanismes de régulation des marchés adossés aux quotas, les producteurs de lait avaient jusqu'alors échappé aux tourmentes fréquentes sur les viandes, fruits, légumes et céréales de ces dernières années.
Cette fois ils prennent de plein fouet ce retournement de tendance que nul n’avait vu venir avec l’embellie de 2007…
Au regard du climat général, la situation de nos AOC est privilégiée, mais repose sur un équilibre fragile et complexe qui mérite aussi toute notre attention.
Pour envisager une sortie de crise rapide et durable nous devons tous prendre nos responsabilités.
Mobilisons-nous pour obtenir à court terme des moyens financiers à la hauteur des besoins réels des exploitants.
Nous devons aussi remettre en cause un certain nombre d’orientations trop libérales décidées à Bruxelles et réinstaurer des outils de maîtrise. Ces outils existaient dans un passé pas si lointain et leur efficacité est largement démontrée.
Nous, responsables d’organisations, devons à l’échelle départementale et régionale rechercher des pistes d’amélioration par un travail commun de nos OPA. Nous devons remettre la priorité sur l’amélioration des revenus, la reconquête de l’efficience de nos modes de production et les conseils adaptés à nos situations individuelles de plus en plus diverses.
Nous devons plus que jamais jouer pleinement notre rôle.
L’issue passe par un investissement de tous.
Notre activité productrice de biens alimentaires tient une place prépondérante sur la qualité de vie de nos concitoyens.
Présents sur tous les territoires, dernier rempart de l’occupation et de l’aménagement rural, les agriculteurs attendent et méritent un effort de solidarité de la collectivité nationale.


