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Plus de 75 000 visiteurs |
La dix-huitième édition du Sommet de l’élevage qui s’est déroulée du 7 au 9 octobre à Cournon (Puy-de-Dôme), a réussi à jouer son rôle de carrefour international malgré le contexte très difficile dans lequel évolue le monde de l’élevage actuellement.
Des premières en cascade, c’est ce que l’on retiendra de la dix-huitième édition du Sommet de l’élevage de Cournon qui se tenait du mercredi 6 au vendredi 9 octobre.
Celle qui va probablement rester longtemps dans les annales du salon, c’est le mouvement de colère et de ras-le-bol exprimé, mercredi après-midi, au moment de la venue du ministre de l’Agriculture, Bruno Le Maire, par un monde agricole au bord du gouffre.
Pour la première fois, en dix-huit ans, le ministre de l’Agriculture n’a pas pu visiter le salon. Une révolte portée par environ quatre cents éleveurs qui s’est soldée par l’impossibilité physique pour le ministre de rentrer dans l’enceinte du salon au grand dam du président du Sommet de l’élevage, Roger Blanc . « L’accueil mouvementé réservé à Bruno Le Maire, ministre de l’Agriculture est compréhensible même s’il est regrettable », explique Roger Blanc.
«C’est la première fois que nous avons à faire à une situation comme celle-ci. On ne peut pas ignorer une situation économique difficile chez les éleveurs et l’accueil réservé au ministre démontre le niveau de détresse d’un certain nombre d’entre eux. On espère que les messages qui ont lui ont été transmis par les organisations professionnelles et les éleveurs ont été entendus et que le Sommet de l’élevage a joué son rôle de tribune.»
Cet événement malheureux n’a pas eu de répercussion sur le déroulement du Sommet. La grande majorité des visiteurs et des exposants ne s’est aperçue de rien et ils ont pu mener à bien les objectifs qu’ils s’étaient fixés.
Avec plus de 75 500 visiteurs professionnels, l’objectif de fréquentation est atteint alors même que pour la première fois le Sommet de l’élevage se déroulait intégralement en semaine et dans un contexte de crise du monde agricole. Dans un souci de professionnaliser le salon, le samedi a été supprimé.
L’inquiétude du monde agricole
Côté exposants, le salon reste un outil essentiel pour entretenir ou créer de nouvelles relations commerciales et présenter ses services et produits.
La force de l’événement réside notamment dans la diversité des acteurs présents : les énergies renouvelables de plus en plus présentes, le machinisme, le petit appareil et l’outillage, les produits de soins et d’alimentation ou encore les services de santé ou d’assurance. En tout, plus de 1 100 exposants étaient présents. Pourtant, l’inquiétude qui gagne le monde para-agricole face à la crise était palpable.
« On ressent beaucoup d’attentisme dans les exploitations à cause de l’absence de visibilité des agriculteurs sur leur activité, explique un exposant spécialisé dans la construction bois de hangar agricole. Les chantiers ont beaucoup ralenti en 2009 et l’année 2010 devrait être dans la même veine. »
Quand on sait qu’un agriculteur génère 3 à 4 emplois dans le reste de l’économie, on mesure l’importance qu’il y a à se battre pour la survie des paysans.
La morosité était également palpable du côté des visiteurs. « Je suis venu comme les autres années pour me faire plaisir lors des concours de bovins et suivre les nouveautés, explique Laurent un éleveur allaitant dans le Cher. Mais je n’en suis pas moins inquiet pour l’avenir. Mon revenu ne cesse de baisser et ma charge de travail augmente. À moyen terme, ce n’est pas tenable. »
Des concours au Zénith
Reste que lors des différents concours, les éleveurs présents ont démontré leur savoir-faire. Les concours de haut niveau se sont déroulés sur les trois journées avec là aussi une première : le concours national de la race salers au Zénith d’Auvergne situé à côté de la grande halle où se déroule le Sommet.
Devant un public nombreux, les salers ont concouru dans une enceinte généralement réservée aux spectacles musicaux et qui était utilisée pour la première fois pour un concours bovin. « Nous sommes fiers d’avoir été les premiers à concourir au Zénith !, se félicite Bruno Dufayet, président du Groupe Salers Évolution. Le public était au rendez-vous et les salers ont fait salle comble durant toute la journée du jeudi.
Les éleveurs sont satisfaits d’avoir pu présenter leurs animaux au cours de dix heures d’un spectacle très professionnel. »
Autre première, le concours européen de la race brune s’est tenu dans d’excellentes conditions d’après le directeur de Brune Génétique Service, Olivier Bullot. Au total, durant les trois jours, ce sont 1 850 animaux dont 22 races bovines, 26 races ovines, 16 races équines qui se sont exposées devant un public connaisseur.
Enfin, l’ouverture du Sommet de l’élevage à l’international se poursuit. Plus de 2 500 visiteurs internationaux de 62 pays ont été accueillis. Ils sont venus s’informer, découvrir les spécificités de l’élevage français et conclure des affaires commerciales.
« Les visites d’élevages, qui leur sont réservées, n’ont pas désempli et les présentations de la génétique allaitante française ont connu un vrai succès » explique Benoît Delaloy, le responsable international.
Le bilan de l’édition 2009 du Sommet de l’élevage est très bon.
Malgré la crise, il a très bien tenu son rang de carrefour incontournable de l’élevage en Europe.
Plus de 75 500 visiteurs ont déambulé au cours des trois jours du Sommet de l’élevage, soit mille de moins qu’en 2008.


