RSS
S’organiser pour prendre du repos
Agritourisme et travail
Jura agricole et rural
Publié le:  05 novembre 2009
Page 12 

Comment garder du temps pour soi quand on fait de la vente directe et qu’il faut être sur tous les fronts à la fois ? La ferme de la Bourrière, à Méaudre (Isère), a donné quelques éléments de réponse aux participants du congrès Bienvenue à la ferme.

«Comment conjuguer rentabilité économique et temps libre, tout en valorisant sa production en circuits courts ? » Dans une exploitation comme celle de la Bourrière qui commercialise la presque totalité de ses fromages en vente directe, la question se pose.

Les deux associés, Jean-Charles et Laurent Didier, et leur employé, doivent se partager entre le magasin de la ferme (ouvert sept jours sur sept de 8 h à 12 h et de 17 h à 19 h), le marché hebdomadaire de Villard-de-Lans et les livraisons des commerces et restaurants du plateau, sans oublier le marché paysan tous les vendredis des vacances scolaires.

Malgré l’étendue de cette activité commerciale - qui s’additionne aux travaux agricoles et à la transformation des 165 000 litres de lait annuel -, les trois hommes bénéficient de deux jours de repos consécutifs par semaine.

Le secret de ce temps libre réside dans la polyvalence des trois travailleurs et une organisation du travail bien huilée. «Jusqu’à 10 h, l’un d’entre nous s’occupe du troupeau de trente-cinq vaches montbéliardes et abondances tandis que les deux autres sont à la fromagerie. À partir de 17 h, on est à la traite et au magasin.

Entre les deux, on fait tout le reste, résume Laurent Didier. Le week-end, on est seul, mais nous ne faisons pas plus d’heures, car on ne reprend qu’à 16 h et une vendeuse tient le magasin le soir.

Ce n’est pas simple de travailler tous ensemble seulement trois jours par semaine, mais se préserver du temps libre, c’était vraiment un objectif en m’installant avec mon père, il y a trois ans.
Et même si l’on n’est pas toujours d’accord, il s’est bien habitué à avoir tous ses vendredis et ses samedis ! »

Ce qui permet de limiter les journées à neuf heures l’hiver et treize heures l’été, c’est aussi le fait que le travail administratif, qui représente un mi-temps, est assuré (contre rémunération) par la femme de Jean-Charles. La compagne de Laurent, elle, se rend au marché de Villard.

« Travailler pas moins, mais mieux »

Au final, plus de la moitié des 220 000 euros de chiffre d’affaires passe en rémunérations et charges sociales, mais le gain en terme de qualité de vie est inestimable…

« Les agriculteurs aspirent à travailler pas moins, mais mieux, commente Guy Jauneau, technicien de la chambre d’agriculture. Il y en a que ça motive les périodes de pointe, mais elles sont en général mal vécues, surtout en élevage où il faut toujours être présent. La crise actuelle ne fait qu’accentuer la tendance. »

L’éleveur a aussi profité de la visite de son exploitation pour témoigner de la façon dont les formations qu’il a suivies en préparation d’une possible conversion en agriculture biologique ont transformé sa façon de travailler et les méthodes de travail à la ferme.




Newsletter GRATUITE