À l’issue de la rencontre avec le ministre de l’Agriculture, le 2 novembre, la FNSEA et les JA estiment n’avoir eu aucune assurance sur les modalités du plan d’aide à l’agriculture et la rapidité avec laquelle il sera mis en œuvre.
«Je me demande si on a envie d’aider les agriculteurs. J’attends toujours de savoir si on veut faire rapide, simple et efficace. On cherche à faire compliqué, alors qu’il faudrait faire simple ». Jean-Michel Lemétayer ne cachait pas sa déception, à l’issue de la rencontre entre le ministre de l’Agriculture et les organisations professionnelles agricoles sur la mise en œuvre du plan Sarkozy, le 2 novembre à Paris.
Il déplorait aussi l’ignorance dans laquelle il se trouvait toujours sur les modalités concrètes de mise en œuvre des mesures annoncées.
William Villeneuve, le président des JA ne cachait pas non plus son scepticisme : « Nous n’avons pas eu d’assurances claires sur le conjoncturel », c'est-à-dire sur le détail des mesures annoncées le 27 octobre par le président de la République dans le Jura.
Devant la presse, Bruno Le Maire a tenté de corriger le tir. « Mon objectif est de tout faire pour que les aides soient débloquées le plus rapidement possible, dès la semaine prochaine », a-t-il assuré.
Adaptation locale
Le ministre a annoncé l’envoi, d’ici la fin de la semaine, d’une lettre aux préfets et aux directeurs de l’agriculture fixant les critères d’éligibilité pour la bonne mise en œuvre de ce plan. Sans aller dans le détail, il a indiqué que deux critères seraient principalement retenus : le taux d’endettement des exploitations ainsi que leur niveau de revenu. Une autre priorité serait de cibler les exploitations « à forte main-d’œuvre ».
Mais la fixation des modalités précises sur le terrain sera laissée à la libre appréciation des préfets, en concertation avec les organisations professionnelles, a expliqué le directeur de cabinet, Pascal Viné.
Bruno Le Maire a également évoqué la désignation d’un médiateur du crédit « chargé d’aider à trouver des solutions dans les cas les plus difficiles, afin qu’aucun agriculteur ne soit laissé à son sort ».
Et pour répondre par avance à d’éventuelles réticences de Bruxelles, il a assuré que « toutes les mesures sont conformes aux règles européennes ». Pas de quoi rassurer la FNSEA et les JA. « De nouvelles actions ne sont pas à exclure », a menacé Jean-Michel Lemétayer, si le plan ne se concrétise pas rapidement.


