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Le site d'Equevillon pourrait rouvrir ses portes au mois de juin 2010. |
Le site d’Équevillon à Champagnole a été fermé seulement huit mois de fonctionnement en août 2008. Sa prochaine réouverture se profile néanmoins.
Menaces de fermeture, manifestation, transfert, fermeture, construction, ouverture, refermeture…
L'histoire de l’abattoir de Champagnole n’a pas été un long fleuve tranquille tout au long de la dernière décennie. Elle a même été un véritable casse-tête pour tous les responsables professionnels qui se sont battus pour conserver cet outil. Et elle est devenue carrément ubuesque en août 2008 date de la fermeture décidée par le préfet du Jura d’un équipement de 4,5 millions d’euros, conçu aux normes européennes, et qui avait été inauguré 8 mois auparavant !
Frédéric Perrot, le président de la FDSEA du Jura avait alors déposé une motion devant la chambre d’agriculture, dénonçant « une décision dont les conséquences économiques sont catastrophiques pour les agriculteurs (une perte de 12 à 15 millions d’euros de valeur ajoutée), pour les acteurs économiques, les consommateurs locaux et les contribuables. »
Responsable syndical et porteur du projet, Gilles Tonnaire avait enfoncé le clou en accusant l’administration d’avoir « cassé le dynamisme local de l’agroalimentaire carné, voire enterré le pôle agroalimentaire de Champagnole… »
Mal conçu, mal fini ?
Tout juste inauguré, l’abattoir ferme doit fermer sur décision de la DSV et du préfet en raison des malfaçons et des finitions dénoncées par le gérant d’exploitation de l’époque : problèmes de branchement de machines, pas d’eau chaude, pas de conformité de l’installation électrique… Ces « anomalies fonctionnelles et structurelles » avaient été signalisées à plusieurs reprises par la direction des services vétérinaires du Jura, mais les responsables conservaient espoir que tout allait se solutionner rapidement.
Las, suite à une inspection puis à un audit ministériel, le couperet est tombé. Par décision préfectorale, l’agrément sanitaire a été retiré à l’exploitant.
Le constat avait été fait de la persistance de non-conformités et non des moindres : maintenance, maîtrise des températures, plan de nettoyage et de désinfection, contrôle de la réception des animaux, maîtrise du processus d’abattage, gestion des déchets et sous-produits, traçabilité…
Vers une reprise
Depuis cette époque, les choses ont bougé et en avril dernier, un repreneur s’est fait connaître à partir de Franche-Comté animaux, la coopérative de Saint-Germain-les-Arlay, spécialisée dans la commercialisation des ovins et des chevaux.
« Actuellement nous faisons abattre nos animaux sur Lyon, notre projet avec Viande Nature Jura, la nouvelle société d’abattage que nous avons constituée est de faire repartir l’abattoir de Champagnole » explique Michel Jacquet le gérant de la société déléguée par Franche-Comté Animaux.
Avec neuf autres partenaires parmi lesquels on compte deux bouchers, un salaisonnier, le collectif des Verts plateaux en vente directe, une association d’éleveurs de veaux de lait du Jura, un éleveur de porcs et un boucher halal, le projet est de rouvrir l’abattoir en juin 2010.
« Le fait nouveau aujourd’hui, c’est que la Communauté de communes Ain-Angillon-Malvaux vient de décider par une délibération d’engager 600 000 euros pour remettre en état les installations et faire notamment les travaux nécessaires à l’abattage des chevaux ainsi que pour régler les malfaçons qui existaient » précise encore le gérant.
Conçu pour 5500 tonnes, Michel Jacquet dispose aujourd’hui d’un volume d’engagement de 1020 tonnes qu’il espère voir monter à 1250 tonnes.
« Nous espérons monter en puissance, créer une dizaine d’empois sachant que cet outil est une petite niche qui ne viendra pas concurrencer les autres abattoirs de la région » conclut-il. Un petit abattoir de proximité qui a son intérêt à l’heure de la vente directe et qui devrait redonner du baume au coeur des éleveurs qui s’étaient notamment porté caution à sa création.


