Le Jura Agricole et Rural
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Des semenciers réactifs
Protéagineux semences
Jura agricole et rural
Publié le:  26 novembre 2009
Page 8 

L’aide spécifique « protéagineux » est là pour sécuriser les producteurs qui veulent s’engager durablement à produire des protéagineux pour les filières de l’alimentation animale. Elle devrait ainsi conduire dès 2010 à une augmentation substantielle des surfaces en pois, féverole et lupin.

À cela s’ajoute un autre facteur de hausse de ces surfaces : le contexte de marchés baissiers en céréales qui peut susciter des changements d’assolement conjoncturels. Quelles seront les conséquences sur la disponibilité de semences au printemps ?

Depuis plusieurs années, les protéagineux se sont raréfiés dans le paysage agricole, mais heureusement les obtenteurs ont continué à y croire.

Pour preuve en France, dans un contexte climatique globalement satisfaisant et grâce aux améliorations variétales, le rendement moyen du pois et de la féverole dépasse en 2009 cinquante quintaux selon l’Unip. De façon générale, pour toutes les espèces, la fonction de création variétale est complexe et requiert de travailler dans la durée.

C’est encore plus vrai avec les protéagineux.

Lors du lancement d’une nouvelle variété, il faut compter un an de plus de multiplication qu’en blé. En effet, un hectare de multiplication de pois, par exemple, ne permet d’ensemencer que vingt hectares de culture l’année d’après.

Ce rapport est de un pour soixante en blé ! Ceci s’explique par la différence de rendement et de poids de mille graines entre ces cultures, mais aussi par une sensibilité au choc plus importante en protéagineux qui peut altérer la germination.

Un doublement des surfaces de multiplication en 2009

« Nous sommes actuellement à une charnière : les surfaces de protéagineux avaient baissé tellement ces dernières années que la filière entière était menacée et en premier lieu la recherche variétale » rappelle France Cassignol de l’AFSA (Association française des semences de céréales à paille et autres espèces autogames).

Pourtant, les obtenteurs et les semenciers ont continué à créer du matériel génétique fiable. Aujourd’hui les agriculteurs disposent de variétés à bonne tenue de tige. La référence historique Hardy a une hauteur à la récolte de 40 cm, que les variétés plus récentes (Rocket, Gregor et Respect) dépassent allégrement.

Pour 2010, l’augmentation des surfaces de pois devrait s’amplifier. À la sécurité technique de la tenue de tige vient s’ajouter une aide spécifique « protéagineux » fortement revalorisée, voire même une aide « diversification de la rotation ».

« Nous avions entendu parler que les pouvoirs publics souhaitaient limiter la dépendance de la France en protéines végétales par des aides aux producteurs. Nous avons anticipé. La disponibilité de semences pourra couvrir 50 % d’augmentation de surfaces » rassure Jean Paul Moreau, responsable semences chez Soufflet.

Des changements d’assolement encore possibles

« En revanche, nous ne pouvions pas prévoir le contexte de prix à la baisse plus marqué en céréales. Comment va s’équilibrer la demande ? Difficile de se prononcer. Des agriculteurs peuvent encore modifier leur assolement au printemps ». Tout dépendra des cours de ces cultures, de l’azote, de l’effet cumulatif des différentes primes qui favorisent la diversification des assolements...

Cette demande inattendue et conjoncturelle peut donc créer quelques tensions localement : délais d’approvisionnement, moindre choix variétal… Le jeu de l’offre et de la demande ne devrait néanmoins pas créer de spéculation. Avant la flambée des marchés en 2007, le prix du quintal de semences de pois était environ de 50 à 60 euros. L’an passé les prix des semences avaient été fixés à l’automne, avant la retombée des cours et avaient connu une forte hausse.

Les prix de détail moyen en 2008/2009 étaient de l’ordre de 90 euros par quintal pour la féverole et 80 euros par quintal en pois, soit une progression respective de 31 % et de 21 %.

Il importera donc en 2010 de semer en bonnes conditions et d’ajuster la dose de semis selon le poids de mille graines…

Pour 2010, les surfaces de pois devraient s’amplifier grâce à des variétés ayant une meilleure tenue de tige et à l’aide spécifique protéagineux revalorisée




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