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Machine à traire : bien l'entretenir
Jura agricole et rural
Publié le:  21 janvier 2010
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Interface entre la mamelle et le tank à lait, sollicitée deux fois par jour, la machine à traire est un investissement important, dont le bon fonctionnement a des répercussions sur la qualité du lait et la santé de la mamelle. D’où l’importance d’un entretien suivi.

L’instabilité des vides de traite est une des principales causes d’intervention sur les machines à traire », relate Claude Galmiche, technicien à la FDPL70.

« Cette instabilité provient souvent de l’encrassement des filtres des régulateurs : le rôle du régulateur est en effet de permettre une entrée d’air pour maintenir un niveau constant de dépression. L’encrassement freine l’entrée d’air, ce qui modifie le niveau de dépression et peut avoir des conséquences importantes sur la qualité du lait, à cause des lésions des trayons que cela peut entraîner. »

On sait en effet que le niveau de vide et les caractéristiques de pulsation influent sur le fonctionnement du manchon et l’écoulement du lait. Un vide trop poussé abîmera les trayons (apparition d’œdèmes, congestions, micro-hémorragies et anneaux de compression...).

Mais à l’inverse, un vide insuffisant allonge la traite et augmente les risques d’hyperkératose (un développement anormal de la couche cornée de l'épithèle du canal du trayon).

Autre point clé à contrôler régulièrement, l’état des tuyaux courts air et des tuyaux jumelés (tuyaux de pulsation) « Une fuite dans ceux-ci engendre une modification des phases de pulsation (massage, succion) et une mauvaise traite d’un ou plusieurs quartiers, explique le technicien.

Parfois les cadences se dérèglent, en phase B (principale phase de succion) et en phase D (phase de massage) : nous vérifions le rapport de traite grâce à un pulsotest : c’est important de respecter les préconisations du constructeur, car cela va jouer sur le temps de traite. Très souvent, les problèmes de numération cellulaires élevés viennent d’une dérive de ces cadences. »

Qualité sanitaire

Le changement des membranes des pompes à vides fait également partie de la routine des contrôleurs des installations de traite. Mais au-delà du contrôle tous les ans selon le protocole Optitraite, suivi des réparations conseillées, une grande partie de l’entretien de la machine a traire est du ressort direct de l’éleveur. D’une manière générale, le nettoyage régulier des surfaces extérieures de la machine conforte la sécurité sanitaire globale de l’installation.

Le renouvellement régulier des caoutchouteries en contact avec le lait (manchons trayeurs, tuyaux longs) va également dans ce sens. « Les fabricants spécifient le nombre d’heures de fonctionnement, précise Claude Galmiche. Il est fonction du type de manchon (silicone ou caoutchouc) : un manchon usagé devient granuleux, les bactéries et autres germes s’y accrochent et ils ne sont plus nettoyés correctement. »

De plus, au-delà de leur durée de vie prévue, les propriétés des caoutchoucs divergent trop de leurs qualités de souplesse originelles pour permettre un travail correct. Comme tous les éléments de la machine à traire, le faisceau trayeur doit d’ailleurs être entretenu et contrôlé régulièrement.

L’entrée d’air à la griffe, par exemple, doit être vérifiée avant chaque traite. Les fuites au faisceau trayeur seront quant à elles vérifiées une fois par an, à l’occasion du contrôle, de même que le débit d’air à l’extrémité du tuyau long à lait. « Il est important de garder en état l’indicateur de vide et de penser à le regarder au minimum à chaque démarrage, car il donne une bonne indication du niveau de dépression. »

Au quotidien, le nettoyage de la tuyauterie par le cycle de prélavage et lavage permet d’éliminer les dépôts de matières organiques, minérales et bactériologiques dans les circuits, et les risques sanitaires associés. « Il est impératif de respecter l’alternance des solutions acides et alcalines, ainsi que les doses indiquées. », insiste le technicien. Un produit donné, employé à des dilutions différentes n’aura pas la même agressivité sur les dépôts.

Durée, concentration du produit et température constituent les paramètres d’utilisation de ces produits de nettoyage, indissociables et à respecter impérativement pour s’assurer du bon déroulement de la phase chimique du nettoyage. Toutes ces informations figurent sur les étiquettes.

Alternance acide - alcalin

Le prélavage (ou rinçage) a pour fonction d’éliminer la partie faiblement adhérente des dépôts. Cela conditionne l’efficacité de la phase suivante. Il s’effectue préférentiellement à l’eau tiède. Un nettoyage efficace est obtenu en conjuguant l’action mécanique et l’action chimique.

La circulation turbulente d’un liquide va en effet arracher une partie des dépôts présents, par variations de pression. Les produits de nettoyage agiront eux comme des solvants des matières déposées, facilitant leur entraînement par la solution.

Pour les souillures organiques, ce sont les détergents de type alcalin (basiques) qui vont remplir ce rôle. Les dépôts minéraux, eux, seront vaincus par les solutions acides. Enfin, les désinfectants auront une action sur le volet bactériologique.

L’éleveur peut contrôler lui-même de temps à autre la température de l’eau de lavage en fin de cycle, ainsi que la quantité d’eau utilisée. Si celle-ci est insuffisante, on constate que la prise d’air au niveau du bac de lavage dure trop longtemps, et que le niveau de vide baisse de manière significative. Dans le cas contraire, si la quantité est trop importante, le bac de lavage ne se vide pas et aucune prise d’air ne permet la turbulence.

Enfin, le rinçage final, à l’eau froide, permet d’éliminer les produits de nettoyage et de désinfection, pour éviter de les retrouver dans le lait de la traite suivante. Aussi, le volume d’eau de rinçage doit être au moins égal à celui utilisé pour le nettoyage.




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