RSS
La forêt se relève
Tempête 1999
Jura agricole et rural
Publié le:  21 janvier 2010
Page 13 

Les dommages ont été estimés à plus de 100 milliards d'euros

Dix ans après les deux tempêtes de décembre 1999 au cours desquelles environ 6 % de la forêt française a été touchée, la reconstitution du peuplement des zones détruites en forêt domaniale est quasiment achevée selon l’Office national de la forêt.

Lors du mois de décembre 1999, les ouragans Lothar et Martin ont abattu, en 3 jours, 120 millions de m3 de forêt en France, soit quatre années de récolte. Environ 6 % de la forêt française a été touchée, avec 968 000 ha sur les 15 millions d’hectares qu’elle occupe.

Les dommages ont été estimés à plus de 100 milliards d’euros. Plus de la moitié des zones touchées ont été détruites à plus de 50 % de leur couvert soit 485 000 ha considérés comme espaces forestiers à reconstituer (source IFN déc. 2003).

Pour remettre cet événement dans une perspective historique, 22 grandes tempêtes ont touché la France depuis 1700.

Et si les tempêtes de 1999 ne constituent pas un événement climatique nouveau, elles n’en sont pas moins classées au 4ème rang des catastrophes naturelles majeures que la France ait connues au XXe siècle, derrière les deux éruptions volcaniques de la montagne Pelée de 1902 et l’ouragan de 1928 en Guadeloupe.

Les forêts domaniales et des collectivités gérées par l’ONF représentaient 15 % des forêts détruites avec 144 000 ha. En forêt domaniale, 65 000 ha (soit 3,6 % de la surface gérée) ont été détruits à plus de 50 % de leur couvert, l’objectif de reconstitution a porté sur 40 000 ha.

Le coût de déblaiement et de reconstitution a été estimé à 520 M euros dont 114 M euros pour la forêt domaniale. Les travaux ont été financés en majorité par l’État, en particulier en forêt des collectivités.

Les tempêtes de 1999 ont fortement affecté le marché du bois en France. Les chablis à terre représentaient 4 années de récolte nationale.

Ainsi, le prix moyen du mètre cube de bois vendu en forêt publique accusait en 2002 une baisse de près de 70 % par rapport à la moyenne des années 1996-1999, avec toutefois de forts contrastes selon les essences et les catégories de produit.

L’ONF et les sylviculteurs ont tiré des enseignements de la tempête pour développer des forêts plus résistantes aux épisodes tempétueux.

Les sylvicultures dynamiques préconisées actuellement visent à façonner des peuplements à la fois moins denses et moins hauts.

Dans les zones à risque, on accorde aussi une importance accrue au développement de lisières forestières progressives et étagées, afin qu’elles jouent un rôle physique de protection en servant de déflecteur au vent.

Dans le développement des énergies renouvelables, la filière bois avec 450 000 emplois, soit autant d’emplois que l’industrie automobile, doit trouver son chemin pour se développer dans la durée.


Source : ONF




Newsletter GRATUITE