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Du comté en Sibérie ?
Coopération
Jura agricole et rural
Publié le:  28 janvier 2010
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Dans l’Est Républicain du vendredi 15 janvier, la filière comté a découvert avec stupéfaction un article de presse intitulé « le premier comté de l’Altaï, premier fruit de la coopération entre la Franche-Comté et cette région céréalière russe qui investit dans l’industrie fromagère, tout en s’appuyant sur le savoir faire des Enil ». Le CIGC a rencontré la présidente du conseil régional à ce sujet.

L’Est Républicain a révélé dans son édition du 15 janvier que la production d’une « meule de pâte pressée cuite, copie presque conforme de notre légendaire comté, fabriqué à partir de lait issu de vaches russes » s’inscrit dans un programme de coopération.

Et l'auteur de l'article de préciser que « ce comté made in Russie sera dégusté lors du prochain salon agricole après 12 mois d’affinage dans l’Institut de recherche en industrie fromagère de Sibérie ». Tout indique donc que ce qui ressemble à un transfert du savoir-faire est organisé depuis un certain temps.

Le Comité interprofessionnel du gruyère de comté (CIGC), au nom des 5000 producteurs de lait à comté du Massif jurassien, des 164 fruitières et des 16 maisons d’affinage, a vivement réagi et demandé au conseil régional « une remise à plat de ce programme et un engagement formel qu’il ne serve pas à apprendre aux Russes (ni d’ailleurs à tout autre pays étranger) à produire les imitations du comté, du morbier ou de tout autre produit AOP ».

Le CIGC rassuré mais attentif

Une rencontre a eu lieu à ce sujet, le 21 janvier, entre Marie-Guite Dufay, présidente du conseil régional de Franche-Comté et Claude Vermot-Desroches, président du CIGC, accompagné de Vincent Grillot, président de la Chambre syndicale de l’emmental et du comté et d'Éric Chevalier, représentant de Juragruyère-Entremont.

Entourée de ses deux vice-présidents, Joseph Parrenin et Pierre Magnin-Feysot, la présidente de région a pris le temps de répondre point par point aux interrogations de la filière.

Elle a pu ainsi donner au CIGC la garantie que cette fabrication de « comté » ne portait en réalité que sur une fabrication de démonstration dans le cadre d’une foire et qu’en aucun cas le conseil régional n’envisageait un transfert technologique.

Elle a assuré le CIGC que le programme soutenu par le conseil régional en Altaï ne portait que sur de la formation, afin d’améliorer la qualité des productions locales existantes (pâtes molles, pâtes fondues, pâtes pressées cuites) et avec en espoir la possibilité de développer à terme l’exportation de produits francs-comtois : vins, fromages, matériel de fromagerie, etc.

Les représentants du CIGC ont cependant remarqué qu’un programme de formation, d’autant plus quand il est accompagné de la rénovation d’un centre de formation avec notamment installation d’une ligne à pâte dure (PPNC et PPC), et de vente de matériels de fromagerie, présentait néanmoins un risque certain de développement de fabrications similaires.

Marie-Guite Dufay a alors proposé au CIGC de participer au Comité de coopération internationale qui suit le programme et remis au CIGC un descriptif du programme Altaï, afin que celui-ci puisse expertiser un non-risque de concurrence. Elle a enfin élargi cette proposition de collaboration à toutes les opérations internationales pilotées par le conseil régional.

Enfin, la présidente a rappelé la fierté qu’elle avait de la réussite de ce patrimoine régional qu’est le comté : « Mon objectif est en toute occasion de le renforcer et de l’accompagner dans son développement » a-t-elle déclaré, regrettant la médiatisation de la question qu'elle a considéré comme prématurée, mais reconnaissant qu'il est de la mission du CIGC, dans un univers de compétition économique de plus en plus âpre, à ce que soit épargné au comté tout risque d’imitation.

En conclusion, le CIGC considère avoir été rassuré quant aux craintes immédiates qu’il nourrissait, tout en indiquant qu’il resterait attentif à la suite du projet.


Point de vue

Pour Dominique Chauvin, président de la commission lait de la FDSEA du Jura et membre du bureau du CIGC, cet épisode est presque un mal pour un bien. « Je partage complètement la réaction et la position de l'interprofession qui doit montrer une grande vigilance.

D'un problème évident de communication au départ, cette rencontre a finalement permis que la région réaffirme ses positions de soutien  aux signes de qualités AOP de Franche-Comté.

Maintenant, les représentants de l'interprofession seront régulièrement invités à s'exprimer sur les sujets qui les concernent ».




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