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Opérationnel depuis un an, le fonds d’investissement Coopinvest est déjà un succès si on se réfère au nombre de coopératives engagées. Le principal enjeu reste de garder le pouvoir de décision au plan régional.
L’image du temps nécessaire pour affiner un comté, la mise en œuvre du projet baptisé Coopinvest aura pris du temps. Les prémices remontent à 2005.
À l’époque la chambre d’agriculture du Doubs avait pointé une tendance inquiétante de délocalisation des centres de décisions de la filière comté, principalement au niveau des maisons d’affinage. Ce scénario entraînerait immanquablement une fragilisation de la filière.
Pour endiguer ce problème, un préalable s’imposait : rassembler des capitaux afin de se positionner de façon crédible sur d’éventuels projets, d’où la création de la SAS Coopinvest.
L'objectif du fonds d'investissement est justement de donner la possibilité aux fruitières d'être présentes dans l'aval de la filière en gardant le pouvoir de décision sur le plan régional.
Les aspects juridiques et administratifs surmontés, il restait à convaincre le plus de coopératives laitières possibles sur les départements du Doubs et du Jura à adhérer au projet par le versement de capital. Le niveau des versements des fruitières est fixé à 5 euros par tonne de comté produite.
La SAS Coopinvest est représentée par 5 élus qui assument un rôle de veille sur la filière et la gestion au quotidien de cette société. Toutes les décisions sont prises en assemblées générales de la société où chaque coopérative est représentée par son président.
Les coopératives s’engagent
Le directeur de la FDCL, Pierre-François Bernard, témoigne de l’état d’avancement de Coopinvest, « début 2010, soit un an après la création du fonds nous avons 62 coopératives engagées dans le processus dont 20 du Jura soit l’équivalent de 210 millions de litres de lait. Nous avons bon espoir d’atteindre les 100 coopératives avant l’été. » Au demeurant l’immense majorité des coopératives auraient adhéré au projet.
Chapelle d’Huin fait partie des coopératives déjà engagées. Les sociétaires ont voté à l’unanimité en faveur de l’adhésion à Coopinvest. Pour Michel Pritzy, le président, ce résultat est un signe fort, il témoigne de la confiance des sociétaires dans leurs représentants pour utiliser au mieux ce capital.
« Nous sommes adhérents à l’Ucaft depuis 25 ans, notre position par rapport à Coopinvest s’inscrit dans une suite logique. C’est un moyen de garder un pouvoir de décision dans la filière. J’aurais aimé que cette démarche soit initiée plus tôt, mais mieux vaut tard que jamais. »
La coopérative de Chapelle d’Huin qui a fêté ses 100 ans en 2009 a déjà versé 15 000 euros au fonds d’investissement. Michel Pritzy ajoute : « avec les prix de lait perçus ces derniers temps, si l’on ne peut pas verser 5 euros par tonne de comté, c’est inquiétant. »
Au niveau financier le fonds d’investissement dispose déjà d’1 million d’euros. Pierre François Bernard souligne que l’outil est « bien dimensionné pour être crédible lors d’éventuelles négociations. »
Témoignage : «On n'a pas hésité»
Emmanuel Roy est associé avec Patrick Boissenin dans le Gaec des Chamois à Guyans Vennes, l’exploitation produit 280 000 litres de lait transformés à la coopérative de fromagerie du village.
Dans cet atelier 4,2 millions de litres de lait sont transformés, pour une bonne moitié en comté et le reste en raclette et morbier.
La coopérative s’est engagée dans Coopinvest en 2009.
Administrateur à la coopérative de Guyans Vennes depuis 15 ans, Emmanuel n’a jamais eu le moindre doute quant à l’adhésion à Coopinvest, il témoigne : « A Guyans on n’a pas hésité, l’adhésion s’est faite à l’unanimité, le village a toujours été animé par des valeurs solidaires, nos aînés ont travaillé pour maintenir la filière et nous, on veut pérenniser cela ».
Emmanuel ajoute : « Lorsque l’on compare nos prix de lait avec ceux qui ne sont pas dans les AOC, on se rend compte de l’atout incomparable de la filière ».
Cet agriculteur voit au moins trois avantages dans Coopinvest : « C’est un outil pour stabiliser la filière en apportant un capital au sein d’un acteur, coopérative ou affineur qui connaîtrait des difficultés. C’est également un moyen d’établir un contrepoids par rapport aux privés et enfin c’est un moyen de contrôler un maillon de plus dans la filière. »
La FRSEA Franche-Comté ainsi que 11 autres régions ont manifesté à Paris le 27 avril pour défendre les grandes cultures. Parmi les revendications suivantes, laquelle vous semble la plus importante :
- 06 mars - 26 septembre 2010
Exposition à l'Écomusée



