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Epandeur à compost vigneron. |
Près de 12 % du vignoble du Jura et 18 % des vins de pays de Franche-Comté en production biologique, et les conversions continuent. Cet article se propose de faire le point de la viticulture biologique et de son développement dans toutes les régions françaises.
Fin 2007, l’Union européenne comptait 91 000 ha, soit 2,6 % de son vignoble en agriculture biologique (AB), essentiellement réparti en Italie, en France et en Espagne. Fin 2008, la France comptait 28 190 ha de vigne bio soit 3,3 % de sa surface. Au-delà de ces chiffres encore modestes, il est faut noter la progression constante de la conversion AB du vignoble.
En dix ans les surfaces bio ont été multipliées par trois, et contrairement aux autres productions, il n’y a pas eu de pose après l’arrêt des CTE. Depuis 2004, la progression s’accélère pour atteindre
+ 25 % entre 2007 et 2008. Pourquoi un tel engouement pour ce mode de production ?
Une prise de conscience
La vigne utilise 18 % des phytosanitaires consommés en France pour 3 % de la SAU. Le risque de pollution des sources d’eau potable est réel et le risque de scandale médiatique pas tout à fait nul !
Mais, c’est aussi la santé du viticulteur qui est en jeu, comme l’ont montré plusieurs études de la MSA.
Et c’est un élément de premier ordre dans la motivation des changements. Beaucoup font un premier pas en adoptant la viticulture intégrée, plusieurs poursuivent en intégrant l’agriculture biologique.
Se différencier par la qualité
Quand on interroge les viticulteurs bio sur leur principale motivation à passer en AB, nombreux sont ceux qui évoquent une recherche de qualité. Le Jura reste un petit vignoble face aux géants de Bourgogne ou de Bordeaux, ses vins originaux lui permettent d’exister.
La culture biologique a tendance à renforcer l’expression du terroir et donc à augmenter la différenciation face à d’autres chardonnay, d’autres pinot…
Certains poussent le bouchon un peu plus loin et font de la viticulture biodynamique. Au-delà d’une culture sans produits de synthèse qui remet en valeur le travail du sol, la biodynamie prend en compte les influences des planètes et utilise des « préparations » pour améliorer le fonctionnement du sol, de la matière organique ou de la plante… mais derrière ces pratiques culturales il n’y a qu’une motivation : « Si le sol et la plante fonctionnent bien, le vin n’en sera que meilleur ! »
Et l’herbe … et le cuivre ?
Les objections pourtant ne manquent pas. La baisse du rendement est une réalité, mais - paradoxe - certains vendangent en vert, sachant qu’il y a souvent antagonisme entre quantité et qualité ! Est-ce la quantité qui assure le revenu ? Pas toujours et l’actualité récente en production laitière a plutôt montré le contraire !
D’autres vignobles le prouvent depuis longtemps, c’est en cherchant la qualité qu’on obtient des prix. De plus, en soignant le fonctionnement du sol, en étant attentif aux maladies cryptogamiques…la baisse des rendements peut être contenue.
Et l’herbe n’est-elle pas un gros problème en bio ?
Oui, les années sèches, il vaut mieux éviter la concurrence, mais ce sont aussi les années où le travail du sol est très efficace et sans risque pour la structure. Quant aux années humides, la concurrence pour l’eau n’existe pas. Il suffit de maîtriser la hauteur de l’herbe par fauchage, roulage ou griffage.
Et le cuivre, n’est-il pas remis en cause ?
Même si c’est un élément naturel du sol, un oligo-élément nécessaire à la vigne, son accumulation dans le sol a un effet dépressif sur la flore microbienne du sol. Les bios en sont conscients et cherchent depuis des années à le remplacer par des produits sans effets indésirables, mais aucun ne donne tout à fait satisfaction. C’est la réduction des doses apportées qui a permis les progrès les plus significatifs.
Il y a 15 ans la bouillie bordelaise était homologuée à 15 kg/ha. En 6 traitements on pouvait apporter 18 kg de cuivre métal par hectare. La réglementation AB ne permet aujourd’hui que 6 kg/ha de cuivre. Elle s’achemine vers 4 kg/ha, mais certains viticulteurs jurassiens sont régulièrement autour de 2 kg/ha de cuivre associé à différentes tisanes de plantes locales. Non, le mildiou n’a pas encore gagné la partie face aux bios !
Marché en constante progression
Est-ce opportun d’envisager des vins plus chers à une période de crise ?Selon la Fédération nationale interprofessionnelle des vins de l’AB, les vins bio recrutent de nouveaux consommateurs et de plus ils s’exportent bien. Environ 70 % de la production française est exportée.
Les USA, le Japon ou la Chine font partie des nouveaux clients de la viticulture biologique, mais l’Europe du Nord est grosse consommatrice de vins comme de produits bio. Les vins issus de raisins biologiques se positionnent aujourd’hui comme des produits festifs et pour faire la fête on regarde moins le prix qui n’est de toute façon pas très différent de celui des AOC classiques.
Enfin les viticulteurs qui ont fait une conversion AB ont emmené avec eux la grande majorité de leur clientèle. Il serait regrettable que faute de production, on ne puisse plus boire un p’tit verre de vin bio.
Pour vous accompagner :
• Techniquement : Marie Darnand et les techniciens de la Société de viticulture du Jura
• Sur la conversion AB : Roland Sage de la chambre d’agriculture du Jura
• Des formations vous sont proposées par l’ADFPA 39 : « Les bases de la viticulture biologique » 29 janvier, 9 février et 4 mars à Poligny, « Initiation à la biodynamie » 24 février, 23 mars et 8 juin.
Un groupe de viticulteurs bio et bio dynamistes qui se réunit 3 fois par an.
• Contacts :
Roland Sage : tél. 03 84 35 14 57 E.mail. rsage@jura.chambagri.fr
Marie Darnand : tél. 03 84 35 14 57 E.mail. marie.darnand@jura.chambagri.fr.
La FRSEA Franche-Comté ainsi que 11 autres régions ont manifesté à Paris le 27 avril pour défendre les grandes cultures. Parmi les revendications suivantes, laquelle vous semble la plus importante :
- 06 mars - 26 septembre 2010
Exposition à l'Écomusée



