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Réduire la consommation énergétique
Jura agricole et rural
Publié le:  04 février 2010
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Pour assurer la compétitivité de la production avicole, la question de la consommation énergétique des bâtiments est cruciale. Le chauffage représente ainsi 30 % des charges variables d’un éleveur de volailles de chair.

Sur une tendance longue, l’augmentation du coût des énergies fossiles va peser de plus en plus lourdement sur l’équilibre financier des exploitations. C’est d’autant plus vrai pour les éleveurs de volailles ou de porcs qui doivent chauffer les bâtiments d’élevage pour assurer le bon développement des animaux.

Ainsi, pour la volaille, le coût de l’énergie pèse près de 3 % du coût de production du kg vif selon une étude de l’Itavi. Le coût du propane - qui représente la plus grosse part de l'énergie en élevage de volailles - a été multiplié par 1,9 entre 2000 et 2008. Parallèlement, le coût général de l’énergie se répercute indirectement sur différents postes de dépense : les aliments, les poussins et la litière.

Diviser sa consommation par deux

Aujourd’hui, plus de 34 % des poulaillers ont plus de 20 ans et 45 % entre 10 et 20 ans. La question de la rénovation et de l’isolation des bâtiments pour réaliser d’importantes économies de charges se pose. Il est également important de prendre très au sérieux ces questions lors de la construction d’un bâtiment neuf.

Le chauffage, représentant 30 % des charges variables, est un point sur lequel l'éleveur peut agir. L'analyse de l’enquête réalisée par l’Itavi et les chambres d’agriculture de Bretagne et Pays de la Loire, en 2006 pour l’Ademe1 auprès des aviculteurs, montre que certains éleveurs consomment deux fois moins de gaz pour la même production que d’autres.

D’après l’Ademe, environ 70 % des pertes de chaleur par convection se font par le plafond. Il est donc essentiel qu’il soit bien isolé. Il est possible d’améliorer la toiture d’un poulailler existant pour un coût compris entre 10 et 25 euros par m2 suivant la technique. Un bâtiment disposant d’un plafond bien isolé avec 18 cm d’isolant (U < à 0,23 W/(m2.K)) consomme trois fois moins de gaz qu’un bâtiment avec seulement 4 cm d’isolant (U > à 0,75 W/(m2.K)).

Les points clés à surveiller

Après l’isolation, l’étanchéité du bâtiment joue un rôle non négligeable, compte tenu de la prise au vent des poulaillers. Les entrées d’air peuvent provenir des trappes, rideaux, portes, portails et jonctions de panneaux. Il est assez facile d’y remédier pour un coût raisonnable par la pose de joints. La réfection de l'étanchéité d'un poulailler se situe aux environs de 1,5 à 2 euros par m2.

La ventilation et le renouvellement de l’air sont également responsables d’une partie des fuites des calories. Un système d’échangeur permet de réaliser de 10 à 15 % d’économies. Le principe est basé sur le transfert des calories par conduction : l’air chaud vicié extrait du bâtiment transmet ses calories via un échangeur en flux croisé (pas de mélange des deux airs).

Certaines techniques d’élevage peuvent également réduire la facture énergétique. En poulet, le démarrage sur une partie du poulailler (séparation par une bâche par exemple), pendant les 4 à 5 premiers jours, permet de réduire la consommation de gaz d’environ 30 % en hiver.

Enfin, il est également possible lors du renouvellement de son système de chauffage de le remplacer par une chaudière à biomasse en utilisant des déchets d’entretien de haies par exemple.

C’est ce que Dominique Bordeau, agriculteur à Peuton (Mayenne), a choisi. Il dispose d’un bâtiment statique de 600 m2 pour des poulets certifiés et un élevage de 40 vaches laitières normandes. Il a installé, en 2001, une chaudière à bois de 60 kW qu’il alimente avec les déchets produits par la taille des 7 km de haies bocagères, pour un investissement de 30 000 euros, dont 30 % subventionné par l’Ademe.

« Toutes les branches issues de mes haies sont passées à la déchiqueteuse de la Cuma, explique Dominique. L’entretien annuel produit 100 m3 de bois déchiqueté. Après 4 mois de séchage, les plaquettes sont alors prêtes à alimenter la chaudière. » Avec, il chauffe son bâtiment d’élevage, son habitation et l’eau chaude sanitaire utilisée dans l’étable.


1 Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie




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