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Ce que deviennent les cadavres d’animaux
Valorisation industrielle
Jura agricole et rural
Publié le:  11 février 2010
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Que faire des 2,8 millions de tonnes de sous-produits issus chaque année des animaux morts, des déchets d’abattoirs ou des industries agroalimentaires ? Un tiers de ces sous-produits est transformé en combustibles. Une filière qui pourrait s’étendre aussi à la production de biocarburant.

Chacun de nous garde en mémoire la triste et terrible crise de la vache folle. Nous sommes en 1989, la Grande-Bretagne alimente des bûchers d’animaux abattus.

Les images font le tour du monde et la France interdit l’importation de farine de viande d’origine britannique pour les ruminants. Puis, le gouvernement  interdit les farines de viande et d’os dans l’alimentation des bovins.

En 1991, le premier cas de vache folle est déclaré. Les interdictions et les contraintes dans l’utilisation des farines de viande s’accumulent jusqu’au 14 novembre 2000, date de la suspension française de l’utilisation des farines de viande et de graisses animales dans l’alimentation de tous les animaux d’élevage.

Le 1er mai 2003 entre en vigueur un règlement  qui détermine trois catégories de sous-produits animaux et les différents modes de traitement qui leur sont appliqués.

Catégorie 1  : sous-produits destinés à la destruction
Ce sont les sous-produits d’origine animale suspects de maladies transmissibles à l’homme ou aux animaux. Ils proviennent en particulier d’animaux atteints ou suspects d’encéphalopathie spongiforme transmissibles (EST), de matériels à risque spécifiés de ruminants (MRS), ou d’animaux contaminés par des substances illégales ou des contaminants dangereux. Les cadavres d’animaux de compagnie ou sauvages ou de zoo appartiennent à cette catégorie.

Catégorie 2  : elle est interdite en alimentation animale
Ces sous-produits proviennent d’un animal mort en dehors d’un abattoir ou contenant des résidus de médicaments.

Catégorie 3  : c’est la seule catégorie valorisable sous conditions en alimentation animale
Ces sous-produits sont issus d’animaux sains abattus en abattoirs et déclarés propres à la consommation humaine.

En France, seuls les sous-produits de catégorie 3 sont valorisables alors qu’au niveau de l’Union européenne, ceux de catégorie 2 peuvent faire l’objet de valorisations, par exemple dans les secteurs de la fertilisation, de l’oléo-chimie (valorisation des graisses) ou du biogaz.

De la farine de viande dans les chaudières et les réservoirs

Actuellement, les sous-produits de la première et de la deuxième catégorie représentent un million de tonnes par an, soit un tiers des sous-produits animaux collectés chaque année an France. Ils sont principalement utilisés, sous forme de farine, comme combustible en particulier pour les besoins des cimenteries dont on connaît les immenses besoins en énergie.

Les industriels de l’équarrissage regroupés dans le Sifco (syndicat des industriels des coproduits animaux) travaillent pour que ces farines de viande puissent devenir soit un combustible ou entrer dans la composition de biocarburants.

« La technologie pour la production de ces nouvelles sources d’énergie est maîtrisée », indique-t-on au Sifco mais il faut encore « obtenir la lever de quelques verrous réglementaires »  pour pouvoir utiliser ces sous-produits animaux comme source d’énergie.

En effet, les farines animales ont un réel pouvoir calorifique qui leur confère un intérêt comme combustible secondaire en complément des énergies fossiles comme le pétrole et le gaz dans des applications de chauffage urbain ou de production d’eau chaude.

La valorisation industrielle

Les farines et graisses des sous-produits issus d’animaux sains, c’est-à-dire de la troisième catégorie, entrent dans la fabrication de protéines animales transformées (PAT) et les graisses de volaille et porc pour l’alimentation des animaux de compagnie (pet food).

Farines et huiles de poisson pour l'alimentation des animaux de rente (sauf ruminants) et animaux de compagnie. Graisses multi-espèces pour l’oléo-chimie et la graisse de bovins pour la savonnerie.

Les farines de plumes et PAT de sang, de porc et de volaille servent de fertilisants des sols. Les graisses alimentaires issues de porcs, canards et bovins avant la fente de la carcasse pour différentes applications alimentaires friture, biscuiterie et plats cuisinés.

La gélatine de porcs et de bovins en alimentation humaine, pharmaceutique et dans les applications photographiques. On le voit, les sous-produits animaux ont parfois des usages inattendus.

D’après les informations du Sifco




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