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Nous sommes à la veille de la période de semis du pois de printemps. Les conditions favorables pourraient être réunies avec le ressuyage du sol, une élévation des températures et l’absence de pluie pendant quelques jours.
La réussite de cette culture passe, comme les autres cultures de printemps, par une bonne qualité d’implantation associée à une protection de la culture contre les adventices et les insectes. Le point sur les premières étapes de l’itinéraire technique de la culture.
Le semis entre le 20 février et le 10 mars
Cette période optimale est le résultat d’un compromis entre :
- la nécessité de semer tôt, pour obtenir une floraison précoce de la culture et l’exposer le moins possible au déficit hydrique et aux fortes températures de printemps,
- la recherche d’un sol ressuyé pour la préparation du lit de semences et le semis,
- éviter les risques de gel au moment de la germination. Cette situation peut se rencontrer en cas de températures basses et de levées lentes.
Une bonne implantation de la culture repose sur un bon développement des racines et une installation rapide des nodosités.
Pour cela, l’horizon de surface doit être bien aéré avec une structure de sol fine.
En profondeur, une bonne structure facilitera la pénétration du système racinaire qui doit se faire en peu de temps car le cycle du pois de printemps est court. Pour réussir, savoir attendre que le sol soit ressuyé et limiter le nombre de passages est primordial.
Par ailleurs, la surface doit être exempte de grosses mottes et de cailloux. La récolte des pois impose de descendre la barre de coupe des moissonneuses-batteuses près du sol, ce qui augmente les risques d’avaler des mottes et des pierres.
Pour limiter ce risque au maximum, le roulage est indispensable, il est à réaliser en conditions ressuyées pour ne pas provoquer une trop forte compaction, avant le démarrage de la germination des semences et avant le désherbage de post-semis prélevée.
Une surface plane permet par ailleurs d’optimiser l’efficacité des herbicides de prélevée.
La densité de semis est à adapter en fonction du type de sol. La profondeur de semis doit être de 3 à 4 cm avec des graines totalement recouvertes pour limiter les dégâts de pigeons et de corvidés.
Lutte contre les mauvaises herbes en prélevée
Cette stratégie s’appuie sur des solutions de sécurité mais dont l’efficacité est tributaire de l’humidité superficielle du sol au moment du traitement ou dans les jours qui suivent, car les produits disponibles sont de type racinaire.
Pour une bonne sélectivité, les semences doivent être bien recouvertes et le sol rappuyé. Il convient d’adapter la dose au type de sol, en particulier en prenant en compte le taux d’argile et de matières organiques ; baisser les doses en sols sableux.
Ne pas rouler après application.
Tous les produits sont à appliquer le plus près possible du semis à l’exception de Challenge 600. Ce produit, s’il est utilisé seul, peut être appliqué jusqu’au stade "crosse sous terre". Par ailleurs, Racer ME est à éviter en sols filtrants.
(Les tableaux dans notre édition papier présentent les herbicides utilisables en prélevée ainsi que la réglementation propre à chaque produit.)
Dans certains cas, le désherbage de prélevée n’est pas suffisant, un rattrapage en post-levée est nécessaire. Cette stratégie fera l’objet d’un prochain article.
Le cas particulier de la lutte contre l’ambroisie
La meilleure efficacité est obtenue en prélevée avec Nikeyl ou Cline.
Après un traitement de prélevée insuffisamment efficace, il est possible de compléter le désherbage par une intervention avec Basagran SG ou Aadagio SG (Bentazone 87 %) à 1.4 kg/ha appliqué en 1 fois ou en 2 fois 0.7 kg/ha en cas de crainte de levées échelonnées. L’adjonction d’huile permet de réduire la dose de Basagran SG ou Adagio SG.
Contre des infestations combinées ambroisies et renouées des oiseaux, il sera nécessaire d’intervenir avec le mélange Basagran SG ou Adagio SG à 0.55 kg/ha + Prowl (pendiméthaline 400 g/l) ou Baroud SC à 1 l/ha.
Lutte contre les sitones
Ce charançon de 3.5 à 5 mm de long, de couleur brun rougeâtre, est actif par temps ensoleillé et température supérieure à 12°C. L’adulte provoque des encoches semi-circulaires sur les feuilles, spectaculaires, mais sans grande incidence sur le rendement. Par contre, les larves issues de ces adultes détruisent les nodosités et perturbent l’alimentation azotée des cultures.
La lutte s’effectue en végétation avec des pyréthrinoïdes, dès que le seuil de 5 à 10 encoches sur les premières feuilles est dépassé.
Deux interventions à 8-10 jours d’intervalle peuvent parfois se justifier. Après le stade 6 feuilles, il n’est plus nécessaire d’intervenir sur pois de printemps. La surveillance de la culture, pour détecter les encoches sur feuilles, doit se faire dès la levée du pois.
Pour compléter les informations sur les points clés de l’itinéraire technique entre la levée et le stade bouton floral du pois, un prochain article présentera le désherbage de post-levée.
Nirvana S
Suite à un changement de formulation Nirvana devient Nirvana S. Ce produit possède les mêmes caractéristiques que Nirvana : dose homologuée, DAR, ZNT. Nirvana S ne devra pas être appliqué plus d’un an sur deux pour des doses d’application annuelles supérieures à 2.2 l. Les applications en post-levée de Nirvana S ne sont plus possibles sur pois.


