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Méligèthes sur colza. Il faut les surveiller de près avant la floraison. |
Deux nouveaux insecticides arrivent sur le marché ce printemps sur colza. En apportant une alternative aux pyréthrinoïdes de synthèse, ils offrent une bouffée d’oxygène dans la lutte contre les insectes, notamment contre les méligèthes.
L’alternance de familles chimiques est indispensable pour la durabilité des solutions mais ces nouveautés ne changent en rien la nécessité d’appliquer les principes de la lutte raisonnée.
Deux insectes à suivre au printemps
Les charançons des tiges du colza et les méligèthes sont les deux insectes qui sont à suivre de près avant la floraison du colza. Le charançon des tiges arrive dès les premiers réchauffements, à partir de 9 °C, rapidement suivis par les méligèthes.
À noter qu’il y a deux espèces de charançon des tiges qui arrivent souvent en même temps dans les parcelles de colza : le charançon de la tige du colza qui est le plus nuisible et le charançon de la tige du chou considéré comme peu ou pas nuisible.
Les outils pour raisonner la lutte
Pour vous aider à raisonner la lutte contre les insectes au printemps, des outils sont à votre disposition au plan régional : le modèle proPlant expert, les bulletins de santé du végétal (BSV). Ils sont à utiliser sans modération d’autant plus qu’ils sont gratuits.
Mais ceux-ci ne vous dispensent pas d'observations sur vos parcelles : le piégeage via les cuvettes jaunes pour les charançons et l’observation des populations sur plantes pour les méligèthes.
La combinaison de l'ensemble vous permettra de ne traiter que si c’est nécessaire mais aussi de positionner, le cas échéant, correctement vos interventions.
ProPlant expert, un outil d’anticipation
Ce service gratuit disponible sur www.cetiom.fr vous permet de simuler les dynamiques de vol ou/et de pontes des insectes au printemps avec la possibilité d’anticiper, grâce aux données météo prévisionnelles (3 jours).
ProPlant expert doit être utilisé en appui des BSV et des observations aux champs. Le service est actif et vous pouvez le consulter dès maintenant pour voir où en est le vol de charançon de la tige du colza.
Attention aux charançons de la tige du colza
Ce coléoptère pond dans les tiges du colza ce qui provoque des déformations et éclatements de tige que l’on peut voir jusqu’à la récolte. Les plantes sont affaiblies, ce qui limite leurs capacités de compensation ultérieure en cas de stress (méligèthes, stress hydrique,…).
Dans les cas les plus graves, on observe des éclatements avec des casses de tiges. Pour lutter au mieux contre ce ravageur discret au stade adulte, la règle consiste à traiter avec un insecticide dans les 8 jours qui suivent les premières captures.
Dans le cas particulier où les premiers insectes arrivent avant la formation de la tige, il est conseillé de différer l’intervention jusqu’au début de l’élongation.
À noter aussi que des attaques graves peuvent être observées jusqu’à la fin de la montaison et qu’il faut maintenir une surveillance jusqu’à la fin montaison. Si les conditions météorologiques ne permettent pas d’intervenir au moment idéal, il est préférable de décaler l’intervention.
Le colza peut supporter quelques pontes mais il faut absolument éviter les impasses si ce charançon est présent dans vos parcelles. La lutte contre ce ravageur est à privilégier par rapport à celle contre les méligèthes.
La lutte contre les méligèthes est à adapter au contexte parcellaire
Très visible en culture, cet insecte focalise sur lui regards et angoisses. Si des dégâts graves sont constatés tous les ans, ils sont loin d’être systématiques. Du reste, il ne faut pas confondre pertes de boutons et pertes de rendement. Le colza peut supporter une pression d’autant plus forte que les plantes sont saines et vigoureuses.
En culture stressée (sécheresse, attaque de charançons des tiges ou du bourgeon terminal, phytotoxicité d’herbicide céréales mal rincé ,…) les capacités de compensation sont limitées et par conséquent les seuils de traitement les plus faibles sont à retenir.
Et la lutte intégrée ?
Dans le cadre de stratégie de lutte alternative à la lutte chimique contre les méligèthes, des solutions basées sur des plantes pièges en mélange dans le couvert ou en bande entourant le champ ont été peu expérimentées jusqu’à présent.
L’hypothèse testée étant que les méligèthes se nourrissant de pollen vont privilégier la prise de nourriture sur des plantes pièges qui sont plus précoces et délaisser le colza limitant ainsi les dégâts sur la culture.
Les premières expériences tentent à montrer un intérêt dans le cas de populations proches des seuils bas. Cette mesure préventive s'avère insuffisante pour préserver la culture d'une forte infestation et implique une anticipation au semis.
Des nouveautés insecticides attendues
Protéus (deltaméthine 10g/l + tiacloprid 100g/l) est autorisé au printemps sur colza sur charançons des tiges, méligèthes et charançons des siliques. La dose à appliquer est de 0,5 l/ha. Deux applications maximum/an sont possibles dont une seule sur méligèthes.
Pyrinex ME (chlorpyriphos-éthyl 250 g/l) peut être appliqué sur charançons des tiges et méligèthes à la dose de 0,75 l/ha. La formulation micro encapsulée améliore le profil toxicologique de cette matière active. 1 seule application autorisée par campagne.
Aucune de ces nouveautés n’a à ce jour la mention abeille ce qui limite leur usage aux périodes sans fleurs dans la végétation.
Les efficacités sur méligèthes sont de bons niveaux sans toutefois creuser un écart important par rapport aux solutions actuellement utilisables (tau-fluvalinate, bifenthrine) sur les populations résistantes aux principales pyréthrinoïdes. En termes de stratégie d’utilisation, il est préférable d’utiliser ces nouvelles solutions sur méligèthes du fait des résistances de ces insectes à la plupart des pyréthrinoïdes (gestion durable par l’alternance des matières actives)
Le colza peut compenser la perte de boutons
Le colza peut compenser des pertes des boutons durant la floraison (méligèthes, gels,..). Dans une expérimentation 2009 conduite dans un milieu non limitant de Picardie nous avons sectionné les hampes principales d’un colza à G1 (chute des premiers pétales).
Au final, aucune différence de rendement n’est constatée même si l’on augmente la variabilité des rendements.
Même si ce résultat n’est pas extrapolable tel quel dans la région, les plantes étant généralement plus stressées (alimentation en eau notamment), cela confirme que le colza peut supporter la perte de boutons sans que cela ne conduise nécessairement des pertes à de rendement.
Guide pratique du colza
Afin de vous aider à mieux reconnaître les insectes du colza mais aussi leurs dégâts, leur nuisibilité, leur cycle biologique et les méthodes de surveillance et de lutte, le Cetiom vient d’actualiser son guide pratique sur les insectes du colza. Vous pouvez vous le procurer sur www.cetiom.fr


