Le 2 mars dernier, le contrôle laitier du Jura organisait une journée technique sur le thème de l’alimentation en ration maïs ensilage. Cette journée a réuni une trentaine de personnes à Mont-sous-Vaudrey et Santans.
Pour atteindre un objectif économique sur l’alimentation des vaches, deux axes doivent être travaillés simultanément.
Le premier consiste à modifier l’approche de l’éleveur en matière d’alimentation. Le second consiste à faire le choix de matières premières pour réaliser la complémentation plutôt que d’avoir recours à des concentrés complexes plus coûteux.
Gagner en efficacité sur les rations maïs
Des marges de progrès sont possibles quand à l’efficacité des rations sur base d’ensilage de maïs dans notre région. Pour atteindre cet objectif, il est nécessaire de modifier quelques habitudes.
L’approche de la complémentation doit se faire en raisonnant à l’échelle du troupeau et non à l’échelle de la vache. C’est un des principes de la ration complète. On définit un niveau de production moyen à atteindre et on cale la ration sur ce niveau.
Cette stratégie évite les trop fortes distributions de concentré aux vaches à haut niveau de production, ce qui favorise la valorisation des fourrages sans toutefois nuire à la santé des vaches.
Dans le même registre, les animaux gras sont à éviter. Maintenir une vache en bon état corporel en début de lactation coûte très cher, surtout si le niveau de production est élevé. Il ne faut pas hésiter à utiliser la faculté qu’ont les vaches à mobiliser leurs réserves corporelles à cette période.
Si l’on applique la stratégie de complémentation « troupeau », les animaux reprennent de l’état sur la seconde moitié de leur lactation.
Pour finir, il est important de raisonner en densité d’éléments nutritifs par kg de matière sèche de ration plutôt que de raisonner en lait permis. (cf tableau repères dans notre édition papier)
Respecter les équilibres énergie/azote
L’équilibre global de la ration est jugé sur le critère des grammes de PDI/UFL. Ce critère varie entre 95 et 105 g de PDI par UFL en fonction du niveau de production du troupeau.
La complémentation en azote doit être réalisée avec des sources facilement dégradables et non protégées. L’apport de tourteaux tannés peut être intéressant que dans le cas de ration fortement déficitaire en PDIE.
Intérêt de l’incorporation d’herbe sur les rations maïs
Le maïs fourrage est fortement déficitaire en azote. On retient en général que pour 10 kg brut de maïs, il faut un kg de tourteau de soja pour équilibrer la ration. Hors le tourteau de soja coûte très cher. Un bon moyen de réduire le déficit protéique des rations à base de maïs ensilage consiste à y incorporer une part d’herbe conservée.
Les ensilages de légumineuses de type luzerne ou d’associations luzerne/ray gras hybrides par exemple sont très bien adaptés.
Les différentes expériences et simulations montrent que le taux d’incorporation optimal se situe à 40 % d’herbe dans la ration de façon à conserver une concentration énergétique suffisante.
(cf tableau comparatif luzerne, RGA/TB, EMPE dans notre édition papier)
Choix des concentrés en fonction des opportunités du marché
Un autre levier majeur pour maîtriser le coût alimentaire est le choix des concentrés. Dans ce domaine, il est efficace et important de s’intéresser au marché des matières premières et sous produits.
En effet, on trouve des correcteurs azotés très intéressants d’un point de vue zootechnique et surtout d’un point de vue économique (drèches de blé, tourteau de colza, corn gluten feed…) Pour saisir ces opportunités, il fait être en veille sur l’évolution des cours de ces produits ne pas hésiter à essayer des correcteurs peu utiliser habituellement s’ils sont à un prix intéressant.


