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Yvan Tritz, doctorant à l'Isara de Lyon. |
Doctorant à l'Isara de Lyon, Yvan Tritz prépare une thèse sur le développement territorial et la valorisation des ressources énergétiques locales. Il revient sur les avantages et les contraintes de la méthanisation dans une exploitation agricole.
• Quels sont les avantages de la méthanisation pour la gestion des déjections animales ?
« La méthanisation est une bonne réponse pour la gestion des effluents agricoles. Comme le procédé ne modifie pas la teneur en azote ou au niveau des minéraux, il n'est pas une réponse suffisante pour régler le problème des nitrates.
En revanche, en séchant le digestat obtenu après dégradation de la matière organique, l'azote peut être exporté vers d'autres zones. Pour les exploitations qui ont de gros besoins de chaleur, le biogaz se substitue aux énergies fossiles. Enfin, la méthanisation évite le stockage qui est souvent à l'origine de fortes odeurs et permet d'épandre le digestat quasiment désodorisé et facilement assimilable par les plantes ».
• Pourquoi y a-t-il aujourd'hui un tel engouement pour le procédé ?
« Tous les pays sont à la recherche d'énergies de substitution aux énergies fossiles, donc il y a des politiques d'incitation à la production de biogaz.
Pour l'agriculteur, ce procédé permet d'avoir un complément de revenu voire une vraie voie de diversification qui génère un chiffre d'affaires qui peut devenir important. L'agriculteur devient alors un producteur et un revendeur d'électricité voire de chaleur. Il peut également devenir un prestataire de traitement des déchets organiques sur son territoire.
Dans l'équilibre financier, lorsqu'un projet est ouvert sur son territoire, le revenu provenant du traitement des déchets occupe une partie presque aussi importante que la vente d'électricité ».
• Quelles sont les contraintes pour une exploitation ?
« D'abord, c'est un investissement financier très lourd qui sans les subventions ne serait pas accessible pour les agriculteurs. Elles couvrent environ 50 % du coût total. Il y a aussi un temps de latence très important entre la décision et la mise en marche de l'installation.
Il y a également des coûts amonts assez lourds notamment pour les études de faisabilité. Jusqu'à présent, la méthanisation n'avait aucun cadre juridique ni statut légal. Cela a changé avec la publication récente d'un décret qui clarifie tout cela.
Par ailleurs, avant de se lancer dans ce type de projet, il faut faire appel à un regard extérieur, il faut ouvrir l'installation sur le territoire et ne pas raisonner en circuit fermé. Il est ainsi très intéressant par exemple de regarder quels sont les coproduits méthanisables et disponibles dans les environs de l'exploitation ou comment la chaleur pourrait être valorisée avant d'aller plus loin ».
La FRSEA Franche-Comté ainsi que 11 autres régions ont manifesté à Paris le 27 avril pour défendre les grandes cultures. Parmi les revendications suivantes, laquelle vous semble la plus importante :
- 06 mars - 26 septembre 2010
Exposition à l'Écomusée



