Lors d'une rencontre à la Sopexa, le ministre de l'Agriculture Bruno Le Maire n'a pas caché que la prochaine négociation sur la réforme de la Politique agricole commune serait rude. Voilà une tonalité nouvelle de la part du ministre qui préfère plutôt en général souligner les convergences de vues sur la régulation ou des consensus sur le soutien de l'agriculture européenne.
Non, il n'y a pas de consensus en Europe sur la question agricole. Non la crise économique ne renforce pas le camp des régulateurs. Les Britanniques y voient plutôt une raison nouvelle de réallouer les dépenses de l'Europe. Non, les positions de l'Allemagne ne sont pas aussi proches de celles de la France que le gouvernement voudrait nous le faire penser. Preuve en est les annonces récurrentes selon lesquelles les deux pays vont y travailler.
A l'aube de ces négociations, les Pouvoirs publics ont tout intérêt à utiliser le langage de la vérité sans bercer d'illusions les agriculteurs.
Ceux-ci sont suffisamment avertis et informés pour savoir ce qu'il en est dans la réalité. Depuis 1992, les agriculteurs n'ont-ils pas vécu au rythme de réformes pour lesquelles on leur promettait que l'essentiel serait sauvegardé alors que la politique agricole a été au contraire profondément transformée ?
Et puis, surtout, s'il advient que des concessions importantes doivent être faites, comme c'est probable, il faudra avoir préparé les esprits et surtout faire accepter les changements.


