Malgré une conjoncture porteuse, il n’y a toujours pas d’accord sur le prix du lait. Après plusieurs mois extrêmement difficiles pour les producteurs de lait (- 50 % de revenu pour la filière lait au niveau national), le prix du lait devait augmenter depuis début juillet, pour tenir compte de l’évolution des marchés.
C’était sans compter sur la stratégie des industriels toujours prompts à répercuter la baisse de prix, mais traînant les pieds quand les cours remontent, trouvant toujours un prétexte pour ne pas appliquer les accords et toujours une bonne raison pour limiter la hausse.
Les industriels laitiers jouent la montre quand ils savent que les agriculteurs sont mobilisés par les travaux des champs. Ils redoublent d’imagination pour ajouter de nouveaux indicateurs au nom d’une réalité bien orientée : écart de prix français et allemand, coût de production, valorisation du beurre et de la poudre, …
Les producteurs demandent eux, par contre, une juste répartition de la valeur ajoutée.
Faut-il rappeler que les industriels ont pris la mauvaise habitude de restaurer leurs marges aux dépens des éleveurs.
Les résultats de l’observatoire des prix et des marges de la filière laitière, présentés par le ministère de l’agriculture il y a moins d’un an, ont permis de préciser notamment l’évolution de la part du prix de détail payé par le consommateur pour le lait UHT. Elle est passée entre 2005 et 2009 : de 32 à 26 % pour la production, de 29 à 52 % pour l’industrie, de 29 à 17 % pour la grande distribution et enfin elle est restée à 5 % pour l’État (Source France Agri Mer : Observatoire des prix et des marges - Filière laitière - 28/07/2009).
Tous produits confondus, le prix n’a cessé de diminuer depuis 2000 pour les producteurs, certes dans des proportions inégales, mais toujours en défaveur de la production.
Il existe donc des possibilités pour augmenter le prix du lait payé aux producteurs sans générer une inflation des prix à la consommation !
Les producteurs de lait seront vigilants lors des négociations professionnelles prévues cette semaine. Ils se mobiliseront s’il le faut, le moment venu, pour obtenir un prix correspondant à la réalité des marchés.
Un moyen vital pour redonner de l’oxygène aux producteurs de lait standard qui sortent d’une crise sans précédent.


