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« Nous devons trouver des solutions pour sécuriser les agriculteurs »
Après l’adoption de la LMA
Jura agricole et rural
Publié le:  22 juillet 2010
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Fort des expériences conduites sur le terrain, Groupama est en mesure de proposer de nouveaux outils assurantiels, comme l’assurance récolte qui a été confortée par l’Union européenne et la loi de modernisation agricole. Interview de Jean-Luc Baucherel, président de Groupama.

• Pourquoi un tel engagement de Groupama sur ce dossier de l’assurance récolte ?...

Jean-Luc Baucherel : « Les récents événements climatiques (tempête, inondations, gel de printemps,…) risquent de rappeler à beaucoup d’agriculteurs l’intérêt des garanties d’une assurance adaptée aux cultures végétales.

Groupama dans ce débat sur la gestion des risques en agriculture n’est pas seulement un groupe d’assurance, c’est aussi une organisation professionnelle agricole qui, forte de son expérience en assurance grêle, s’efforce de trouver, en concertation avec les autres grandes organisations, des solutions adaptées capables de sécuriser l’activité économique des exploitations, à défaut de pouvoir par les seuls dispositifs assurantiels, stabiliser ou garantir leur revenu.

Dans ce cadre, nous avons voulu contribuer au développement d’un nouvel outil de maîtrise des risques en agriculture, grâce à notre capacité à mener des expérimentations grandeur nature sur le terrain. »

• Quel regard portez-vous aujourd’hui sur le chemin parcouru ?

J.- L. B. : « L’essai est transformé, comme en témoignent les récentes décisions publiques nationales et européennes pour encourager le développement de l’assurance récolte, avec notamment des subventions publiques portées jusqu’à 65 % du coût des primes. Ces mesures justifient et reconnaissent la pertinence des programmes d’expérimentations initiés par Groupama entre 2005 et fin 2009.

Elles viennent conforter l’engagement de Groupama qui aura financé à hauteur de plus de 84 millions d’euros de soutiens propres cette expérimentation au cours de cette période.

Sur le terrain, les résultats enregistrés démontrent bien que le dispositif a bénéficié à toutes les régions géographiques et à toutes les cultures, notamment à celles qui ne bénéficient plus du fonds de calamités depuis 2009.

Au total, ce sont plus de 425 millions d’euros d’indemnités qui auront été versées aux exploitations assurées entre 2005 et 2009.

Quant au rapport sinistre à cotisation, il s’élève à 81 % et même à plus 95 % si on inclut l’effort financier de Groupama en assurance multirisques climatique, ce qui témoigne bien de la contribution professionnelle consentie.

L’adhésion des agriculteurs aux offres d’assurance présentées (plus de 60 000 exploitants en 2010), démontre bien l’impact des indemnisations dont l’importance doit être appréciée au regard d’un contexte d’amplification des sinistres et de fréquence accrue des aléas climatiques, associé à une conjoncture difficile en termes de volatilité des prix et de fortes variations des coûts de production.

Pour les cinq années écoulées (2005-2009) 98 000 dossiers (soit 1 exploitant sur 3) ont fait l’objet d’une indemnisation pour 3 millions d’ha sinistrés (soit 20 % des surfaces assurées). L’indemnité moyenne a représenté 5 200 euros par dossier.

Et l’année 2010, avec ses conditions climatiques défavorables risque encore de confirmer l’intérêt de l’assurance climatique pour l’agriculteur y compris dans le secteur des grandes cultures. »

• Comment voyez-vous l’avenir ?

J. -L. B. : « La fragilité des exploitations est aujourd’hui une grande préoccupation : elle a marqué les débats parlementaires nationaux relatifs à la loi de modernisation mais aussi les travaux préparatoires à la réforme prochaine de la politique agricole commune (avec, notamment, la demande d’abaissement du seuil de 30 % pour le déclenchement des indemnisations et la réduction des franchises).

Ce contexte difficile avait incité Groupama à proposer au ministère la possibilité d’accorder une avance de trésorerie par un échéancier de paiement signé par l’assuré avec versement du solde de 65 % des cotisations en mars 2011. Cette mesure a malheureusement été rejetée par les pouvoirs publics.

Pour l’avenir, il est évident que de multiples outils sont nécessaires pour consolider l’activité, qu’il s’agisse des instruments de régulation économique revendiqués à Bruxelles, des différents systèmes de péréquation ou d’épargne de précaution (DPA), et des dispositifs assurantiels ; il faut avoir sur ces questions des approches qui reposent sur la complémentarité de ces outils plutôt que de les mettre en opposition ou  concurrence.

Le prolongement et la valorisation des expérimentations en cours s’avèrent indispensables, que ce soit sur les fourrages (modèle prairie), ou sur les assurances « chiffre d’affaires ».

C’est l’intérêt des producteurs et des organisations professionnelles pour ces projets, mais aussi l’implication des pouvoirs publics dans les garanties indispensables de réassurance, qui détermineront la faisabilité de ces expérimentations et l’engagement de Groupama. »




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