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Un itinéraire technique pointu
Lin oléagineux d’hiver
Jura agricole et rural
Publié le:  22 juillet 2010
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Adapté aux terres à potentiel limité, le lin oléagineux nécessite pour réussir une conduite culturale précise, notamment en termes de programme herbicide et de positionnement du raccourcisseur.

Pour la préparation du lit de semence, plus vous vous rapprocherez d’un semis direct, moins vous gratterez profond, mieux ce sera ! Il faut laisser en place les racines du précédent. Un labour ou un chisel favoriseraient le gel mécanique », assure Denis Burlo aux agriculteurs venus s’informer sur la culture du lin. Technicien à la coopérative Lin 2000 dans l’Oise, il détaille point par point les étapes clés pour réussir la culture du lin oléagineux d’hiver. « C’est une excellente tête de rotation, à implanter en fin d’été, autour du 10 septembre dans votre région. Une excellente tête de rotation car elle permet de diversifier les cultures et de résoudre certaines difficultés de désherbage du colza (géranium, crucifères, ombellifères) en allongeant la rotation. » Autres atouts, c’est une culture peu sensible aux limaces et aux pucerons, insensible à l’orobranche (plante parasite du colza), ce qui permet de casser les cycles parasitaires et pathogènes.
Fractionner les herbicides
En termes de densité, on sèmera 350 à 400 graines/m² soit 25 kg/ha environ, pour un peuplement objectif de 250 à 300 plantes/m². Une des difficultés de l’itinéraire technique réside dans la conduite du programme de désherbage.

« Pour les anticotylédones, on applique une demi-dose à l’automne, par exemple un Spéléo + un Gratil, complété par une demi-dose au printemps, type un Vanilate seul. La reprise du lin au printemps, est plus tardive que celle du blé ou du colza, ce qui fait que c’est une culture qui peut se resalir. » L’antigraminées est à appliquer au moment de la reprise de végétation « pas avant, car il sensibilise la culture au froid. »

À l’automne, un fongicide sera également nécessaire pour éviter le polyspora, maladie qui provoque la nécrose du collet. Enfin, un insecticide sera parfois nécessaire en cas de présence de thrips durant la période d’élongation.

Côté fertilisation, les besoins en phosphore sont d’environ 60 unités par hectare, pour un rendement de 25 qx, et ceux en potassium s’élèvent à 80 unités. L’azote sera apporté au printemps, 90 à 120 unités selon le reliquat et le potentiel de rendement.

« Il est conseillé de fractionner les apports en deux passages : 50 unités à la reprise de végétation, et le complément 3 semaines à un mois plus tard. » Le point crucial pour une récolte aisée reste le positionnement du régulateur.

« La fenêtre de tir est étroite, car en période d’élongation le lin prend 7 à 9 cm par jour ! Pour être efficace, il faut appliquer le régulateur systématiquement 10 jours après la reprise, quand le lin fait 30 cm. Le Parlay C à 0,4 – 0,6 l/ha convient parfaitement. »

Enfin la récolte nécessite quelques aménagements, pour éviter en particulier les risques de bourrage : barre de coupe affûtée, contre-lames bien ajustée, grille inférieure fermée et ventilation adaptée… « La récolte est facile si l’itinéraire a été bien respecté. Il faut y aller franchement, à 6-8 km/h dans le sens du semis pour assurer une alimentation régulière du convoyeur. »




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