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De nouvelles solutions de post-levée sur tournesol
Lutte contre l'ambroisie en grandes cultures
Jura agricole et rural
Publié le:  22 juillet 2010
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Les récentes études concertées, notamment l'action de recherche menée de 2005 à 2007 dans la région de Bourgoin-Jallieu en Isère et les campagnes de luttes soutenues par la communauté d'agglomération du pays Viennois, ont mis en évidence l'intérêt de lutter précocement dans les intercultures d'été, sur les chaumes, juste après la récolte des cultures d'hiver (blé, orge, colza), pour mieux maîtriser le risque agronomique (multiplication des graines) et le risque de santé constitué par l'émission de pollen.

Depuis 2009, les producteurs disposent d’innovations en matière de désherbage du tournesol après la levée, créneau d'intervention jusque-là non pourvu pour cette culture au niveau des dicotylédones.

Le produit Pulsar 40 (BASF Agro) dispose d’une AMM sur tournesol tolérant Clearfield® et soja à la dose de 1,25 l/ha. Le produit Express SX dispose d’une AMM sur tournesol tolérant Express sun™ à la dose de 45 g/ha et 60 g/ha sur ambroisie. Ce dernier doit être utilisé en mélange extemporané avec Trend90 à 0,1%.

Traiter en post-levée

Ces solutions permettent désormais d’opérer en post-levée, à 4 feuilles du tournesol ou du soja, soit environ 1 mois après le semis. Le mode d’action est celui des inhibiteurs de l’acétolactate synthétase (ALS ou AHAS), commun aux sulfonylurées, aux triazolo-pyrimidine (florasulam, pyroxulam), à la propoxy-carbazone (Attribut) et aux imidazolinones.

L’apparition de ces nouvelles solutions représente pour les producteurs un réel atout. Le désherbage de post-levée devient une réalité sur flore classique avec une efficacité comparable à celles de solutions plus anciennes.

Mais la nouveauté se manifeste surtout contre les flores difficiles avec de très bons niveaux d’efficacité : ambroisie, ammi-majus, bidens, datura, liseron des haies, tournesol sauvage et xanthium. Express SX permet également un contrôle du chardon.

Dans certaines conditions de flores, les programmes associeront prélevée et post-levée. C’est en particulier le cas avec Express SX qui ne présente aucune efficacité sur graminées. Il devra s'intégrer à un programme contenant Mercantor Gold, Prowl ou Atic Aqua.

Profiter de ces bénéfices à long terme passe par la gestion de la durabilité de ces solutions. En effet, s’agissant d’herbicide à site d’action unique (famille des ALS), l’apparition d’adventices résistantes ne peut être exclue (des cas ont déjà été observés en culture de céréales suite à l’utilisation systématique de sulfonylurées).

L’apparition d’une adventice résistante (par mutation de cible ou par détoxification) est un phénomène qui n’est pas lié à l’utilisation de l’herbicide, mais ce dernier, par pression de sélection, peut finir par révéler une population résistante.

Pour assurer cette bonne gestion, l’évaluation du risque et le respect de quelques mesures d’accompagnement sont de mise. Ainsi leur utilisation doit prendre en compte non seulement la culture traitée mais aussi l’ensemble de la rotation.

Première offre variétale adaptée

Ces homologations ont été accompagnées cette campagne de la première offre variétale adaptée. Le potentiel des premières variétés tolérantes est à relier avec celui des premières variétés oléiques lorsqu’on les comparait aux meilleures variétés classiques. Les efforts de sélection pour reconvertir des lignées élites présentant un petit décalage dans le calendrier du progrès génétique.

Les premières variétés Clearfield testées au Cétiom en 2009 (variétés ES Balistic – oléique, Rustica et LG5668 CL – Semences LG) présentent un niveau de rendement de l’ordre de 95 % de la moyenne du rendement, soit un recul de - 5 à - 7 % du potentiel des meilleures variétés.

La teneur en huile peut, elle aussi, être affectée par cette reconversion. Les autres semenciers n’ont pas souhaité confier leurs variétés en évaluation en 2009.

Pour les semis de 2010, ces nouvelles solutions ont plutôt été réservées aux situations dans lesquelles les solutions de désherbage actuelles étaient insuffisantes (flores difficiles dont l'ambroisie). Mais on peut parier sur un élargissement rapide de l'offre variétale tolérante.

Ces herbicides de post-levée permettent de modifier significativement le désherbage.

Le désherbage de post-levée se raisonne non plus sur une flore supposée, mais sur des adventices présentes. C’est aussi une pratique sécurisante qui devrait permettre une prise de risque plus importante en prélevée.

Ainsi, le désherbage sur le rang en prélevée ou l’impasse suivie d’un binage pourrait plus volontiers se développer, en particulier dans les zones où le focus est mis sur la qualité de l’eau (MAE territoriales, etc.).

Globalement, le recours aux solutions de post-levée devrait réduire l’emploi de produits de prélevée présentant un plus fort grammage à l’hectare (20 à 50 g/ha contre 1500 à 2400 g/ha).

Elles permettent aussi d'envisager une réponse ciblée en intervenant à vue sur les zones de bordure des parcelles que toutes les études régionales montrent comme fréquemment nettement plus infestées par l'ambroisie que l'intérieur des parcelles et pour lesquelles aucune solution pertinente ne permettait d'obtenir un contrôle ciblé différencié jusqu'à maintenant.

Enfin, il convient de souligner que le potentiel semencier de l’ambroisie de certaines parcelles est tel (100 voire 200 ambroisies par m²) que même lorsque l'efficacité du ou des désherbants utilisés peut être qualifiée d'excellente (90 à 95 % d'efficacité par rapport au témoin non désherbé), l'indice de satisfaction vis-à-vis des moyens de lutte mis en œuvre peut être jugé beaucoup plus mitigé dès lors qu'il reste quelques ambroisies présentes.

On constate toutefois dans le cas de l'emploi des nouveaux produits proposés en post-levée du tournesol que, dans de telles circonstances, le développement des ambroisies non complètement détruites demeure très réduit, limitant leur nuisance tant au niveau concurrentiel vis-à-vis de la culture qu'au niveau de l'émission de pollen.


Adventices résistantes : évaluer le risque d’apparition

Le Cétiom propose en ligne un outil qui évalue le risque d'apparition d'adventices résistantes dans chaque situation et apporte les préconisations adaptées parmi lesquelles l'alternance des matières actives, l'application des méthodes agronomiques et mécaniques.

Contre les fortes populations d’ambroisie, en situation de rotation courte avec tournesol, un programme associant Nikeyl en prélevée puis Pulsar 40 ou Express SX est également un moyen d’assurer cette durabilité.

Pour accéder au site : cliquez ici !




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