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Leçons d'un projet pilote mené en Isère
Action de lutte concertée contre l'ambroisie
Jura agricole et rural
Publié le:  22 juillet 2010
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En appui à une action de lutte contre l’ambroisie sur huit communes à proximité de Lyon, plusieurs organismes de recherche et de développement agricoles ont mis en œuvre avec le soutien du ministère de l'Agriculture une opération de suivi-évaluation sur la période 2005-2008 pilotée par le Cétiom.

Au départ, la démarche consiste à proposer un plan d'action à partir d’un premier diagnostic de l’état de l’ambroisie et des pratiques des différents acteurs.

Pour cela, des enquêtes en exploitations ont été menées ainsi qu'une cartographie de l'ambroisie sur le territoire.

Le diagnostic peut amener à décomposer le problème en plusieurs objectifs. Par exemple, les actions visant à prévenir la floraison de celles qui visent à prévenir la grenaison, prioritaires dans l'optique d'une gestion à long terme.

Les actions entreprises font ensuite l’objet d'une évaluation par un suivi régulier en terme de présence d’ambroisie ("état"), d'évolution des pratiques ("pression") et de moyens mis en œuvre dans le cadre du programme de lutte ("réponse"), selon la typologie proposée par l'OCDE.

Les informations recueillies sont assemblées dans un tableau de bord à destination des décideurs, permettant à la fois d'allouer au mieux les moyens dédiés à l'opération et de communiquer sur les résultats.

Mise en œuvre de la méthode

Une première évaluation de l'espace agricole réalisée en 2005 a permis de mettre en lumière comme principal point critique la gestion des intercultures estivales. C'est en effet après céréales à paille et colza que l'ambroisie se trouve en plus grand nombre.

Heureusement la période estivale est idéale pour la combattre, et le plan d'action a insisté sur une gestion efficace de l'interculture : suivant la flore présente sur la parcelle et la couverture du sol, des règles de décision ont été proposées pour choisir entre différentes méthodes de lutte, incluant déchaumage et/ou désherbage chimique.

En revanche, le tournesol, bien que souvent infesté, contribue peu au problème en raison de la contraction des superficies constatées localement depuis quelques années.

La nouvelle campagne d’évaluation en 2007 a confirmé ce diagnostic, tout en soulignant une évolution inquiétante concernant les cultures de printemps, principalement le maïs : les pratiques, bien que considérées satisfaisantes, n'ont pas permis cette année d'atteindre les objectifs de contrôle de l'ambroisie.

En effet, depuis le retrait de l’atrazine, la lutte sur maïs requiert davantage d’attention, même si l'on dispose de techniques de lutte chimiques et mécaniques efficaces. Le plus grand soin doit être accordé aux conditions d'application des produits, et le binage peut s'avérer un complément utile.

Pour les espaces non agricoles, le tableau de bord a été bâti avec les acteurs concernés, mais non testé pour le moment. Les spécificités des espaces non agricoles sont prises en compte.

Un premier diagnostic a souligné l’importation de terres contaminées et la disponibilité des moyens humains pour lutter efficacement au moment opportun, c'est-à-dire en juillet-août.

Perspectives pour les programmes de lutte locaux et régionaux

La méthode proposée sur la zone pilote permet une adéquation fine des moyens au contexte local, et témoigne de manière concrète des réalisations.

Ces outils sont cependant susceptibles d'être améliorés. En particulier, les coûts de mise en œuvre du tableau de bord relèvent surtout de l'acquisition des données, et sur ce point, des pistes d'amélioration ont été identifiées (stratégie d'échantillonnage pour la cartographie, recours à l'imagerie spatiale).

L'extension à d'autres zones soulève un problème de changement d'échelle. Le pollen et les graines d'ambroisie ne s'arrêtent pas aux frontières d'une ou plusieurs communes, et la lutte régionale ne peut se résumer à une multiplication d'opérations pilotes.

D'un point de vue plus politique, l'évaluation sur la zone pilote a permis de dépasser la polémique stérile sur la mise en accusation du tournesol et des jachères, grâce à des données factuelles. Les travaux menés en région lyonnaise depuis 2005 ont jeté les bases d'une collaboration fructueuse entre la profession agricole et les autres secteurs concernés.




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