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Près de 2 000 génisses montbéliardes sont parties vers le Maghreb au premier semestre. Le marché d’exportation sera vraisemblablement porteur également cet automne. |
Les éleveurs du Maghreb continuent de priser la montbéliarde : au premier semestre Coopex a affrété quatre bateaux pour expédier des génisses vers cette destination.
«L’exportation de génisses gestantes vers le Maghreb se porte bien, assure Guilhem Brouzes, de Coopex, chiffres à l’appui : après un bateau vers le Maroc au mois de janvier, ce sont deux expéditions de 400 et 500 têtes qui ont été réalisées début mai sur l’Algérie. »
Le Maghreb a donc constitué la principale destination des exportations d’animaux vivants (2 700 au total), loin devant l’Europe de l’Est.
« La tendance est bonne, et nous sommes actuellement en train de préparer une nouvelle expédition vers l’Algérie pour cet automne. »
Implantée de longue date en Afrique du Nord, la race jouit d’une bonne réputation auprès des éleveurs marocains et algériens. « Ils apprécient toujours la montbéliarde pour sa capacité d’adaptation et de résistance, ils recherchent certes des vaches qui produisent mais aussi des vaches fonctionnelles, avec une bonne fertilité et qui durent longtemps dans des conditions parfois difficiles. »
Des objectifs de production ambitieux
De plus, la demande est encouragée, notamment côté algérien, par la volonté forte des Pouvoirs publics de rééquilibrer en partie la balance commerciale : il faut savoir que le lait représente 22% des importations alimentaires du pays !
Le directeur général de l’Office national interprofessionnel du lait (Onil), Hafid Djellouli, annonçait ainsi en février dernier des objectifs de collecte de 500 millions de litres de lait cru pour 2010 (contre 380 millions collectés en 2009). Le cheptel algérien compte actuellement 900 000 vaches laitières.
Au Maroc, la Fédération interprofessionnelle marocaine du lait (Fimalait) née le 16 avril 2009 en marge du Salon international de l’agriculture de Meknès, s’est donnée pour objectif d’organiser et de professionnaliser la filière.
L’ambition affichée est de tripler la production nationale de lait à l’horizon 2020. Celle-ci est actuellement à 1,7 milliard de litres (données 2008). Avec des actions ciblées sur le développement des élevages laitiers, l’amélioration de la productivité et la rentabilité des petites et moyennes exploitations sont prioritaires. Cela passe, entre autres, par l’investissement dans la génétique.
Cahier des charges exigeant
Pour les éleveurs français qui souhaitent profiter de ces débouchés porteurs, il faut bien entendu tenir compte des attentes des clients. « Si les contraintes sanitaires restent élevées, les cahiers des charges zootechniques se sont assouplis, notamment sur le Maroc en terme de production de la mère.
Les clients sont par contre toujours exigeants quant à la morphologie des animaux et leur aspect. Pensez dès le plus jeune âge à utiliser des boucles anti-tétées, à ligaturer les trayons supplémentaires et, avant l’agréage, à supprimer les éventuelles verrues. » précise Guilhem Brouze (voir tableau récapitulatif des cahiers des charges zootechniques dans notre édition papier).
En conclusion, une demande forte semble se confirmer sur les marchés pour les mois à venir et d’autres destinations se profilent. « Triez donc vos génisses à commercialiser, inséminez-les jeunes et préparez-les pour les agréages à venir. »
Bien entendu, l’inséminateur reste le premier interlocuteur des éleveurs pour parvenir à ces objectifs.


