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Ouvrir et rentabiliser
Abattoir d'Équevillon
Jura agricole et rural
Publié le:  01 septembre 2010
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Une nouvelle enseigne voulue par les acteurs de cette réouverture : Dominique Chalumeaux, Alain Mathieu, Rémy Hugon, Michel Jacquet et Clément Pernot.

Après deux années de fermeture, l'abattoir d'Équevillon rouvre ses portes. La nouvelle équipe se donne une année pour atteindre le seuil de rentabilité et trouver son rythme de croisière...

Plus qu'une satisfaction béate justifiée par un combat mené depuis des années, c'est plus un sentiment d'optimisme raisonnable qui habitait lundi matin les principaux responsables de la réouverture de l'abattoir de Champagnole.

Certes, après bien des vicissitudes, l'outil attendu par le monde agricole des plateaux jurassiens est enfin opérationnel. Mais reste désormais à retrouver un rythme de croisière après deux années de fermeture : c'est là le challenge que devra relever Michel Jacquet, le gérant de Viande Nature Jura et tous les partenaires qui ont cru en l'avenir de cet outil.

Clément Pernot, le président de la communauté de communes a bien expliqué ce climat en ouvrant, lundi matin,  le point presse qui visait à « officialiser » la réouverture de l'abattoir d'Équevillon.

Après avoir rappelé que la fermeture d'août 2008 était due « plus à des dysfonctionnements dans la gestion qu'à des défauts de conception de l'outil... », l'élu champagnolais a voulu saluer le travail de ceux qui se sont investis pour assurer la pérennité de l'équipement, son vice-président Rémy Hugon en particulier qui, à force de travail, est devenu un spécialiste en conception d'abattoir....

Boutade mise à part, il a également salué la chambre d'agriculture « qui a su veiller sur ce dossier pour le garder d'actualité et le relancer ».

Pour Clément Pernot, il était clair que « l'équipement étant en place, on ne pouvait pas le laisser à l'abandon... ». Volonté politique qui a demandé une rallonge de 700 000 euros pour les travaux de « remise » aux normes.

Objectif 1200 tonnes

Le sauvetage ne fut pas simple pour autant. Sans revenir sur les péripéties des derniers mois, Clément Pernot a néanmoins évoqué la difficulté de mettre en place une nouvelle équipe d'actionnaires rassemblant les partenaires de proximité. Il s'est dit heureux de voir resurgir une volonté paysanne locale, articulée autour d'éleveurs et de bouchers, et qui s'est concrétisée par la création de la société « Viande Nature Jura », en charge de l'exploitation.

Neuf personnes ont été engagées - dont six salariés de l'ancienne structure – pour assurer le fonctionnement de ce service attendu par la communauté agricole du secteur.

Certes, il n'est pas simple de faire revenir les anciens apporteurs. Michel Jacquet en est conscient. Il sait qu'il faudra leur redonner confiance et faire ses preuves sur la possibilité de la structure « à bien travailler ». Il mise beaucoup sur les nouvelles formes de commerce que sont les circuits courts et la vente directe, pour atteindre 1 200 tonnes, tonnage annuel qui constitue le seuil de rentabilité de l'abattoir.

Un objectif qu'il espère atteindre dès la fin de la première année d'exploitation au vu des engagements prix par les neuf associés de la société et par le potentiel d'abattages familiaux estimé à près de 300 tonnes.

Le gérant compte sur la complémentarité offerte par la présence sur le site des deux chaînes d'abattage et de la salle de découpe. Manque seulement une unité de transformation qui permettrait d'aller jusqu'au bout du service proposé à une clientèle intéressée par la vente directe. « Mais chaque chose en son temps, tempère l'intéressé... »

Un appel aux agriculteurs

Dominique Chalumeaux, le président de la chambre d'agriculture, estime quant à lui qu'« il était important de maintenir un outil industriel multi-espèces sur le secteur, pour que la profession puisse encore détenir une partie de maillon de l'abattage. Tant au niveau financier que politique, la chambre a impulsé de tout son poids pour cette relance... »

Il se réfère à la filière lait qui a su garder des outils de proximité, salue le travail de Michel Jacquet qui « a su empoigner le manche et fédérer un certain nombre de gens positionnés sur des marchés naissants comme les circuits courts... » et il demande surtout aux agriculteurs jurassiens d'accorder leur confiance à leur tour et de faire tourner cet outil pour le rentabiliser rapidement.

Globalement, tous les partenaires se veulent transparents et donnent rendez-vous  pour dresser un bilan des premiers mois de la réouverture.




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