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Chaque système, chaque exploitation a son prix de revient
Coût de revient de 1000 litres de lait
Jura agricole et rural
Publié le:  01 septembre 2010
Page 20 

Chaque système, chaque exploitation a son prix de revient Monique Laurent est chef de projet à l’Institut de l’élevage et anime le réseau bovin lait en Rhône-Alpes et Paca. Elle décortique les analyses de groupes d’exploitations laitières pour approcher un coût de revient. Pour elle, il n’existe pas un coût moyen de production tant les situations entre systèmes, entre régions et entre exploitants sont différentes.

Combien coûtent à produire mille litres de lait ? La question fait débat. Aussi, nous avons fait appel aux spécialistes de l’Institut de l’élevage dont les modèles, sans cesse actualisés, tournent pour livrer leur verdict. Ces analyses montrent qu’un coût de revient moyen national du prix du lait n’a pas beaucoup de sens.

Chaque situation, chaque système, génère son coût et les écarts peuvent atteindre 80 euros pour mille litres. Parfois plus encore...

À chacun son coût

Monique Laurent analyse les chiffres issus d’exploitations classées selon neuf familles de systèmes (en fonction de leur localisation : plaine, montagne ; des types d’alimentation des animaux : tout en foin ou tout en maïs ensilage ou avec de l’herbe ; de la présence ou non d’autres productions : systèmes laitiers spécialisés, présence d’un atelier de jeunes bovins ; du débouché des produits : en AOC ou en lait standard…).

Les situations sont si différentes qu’il n’est pas possible de parler sérieusement de prix de revient moyen. Tout au plus, Monique Laurent s’aventure-t-elle avec mille précautions à évoquer une fourchette de prix qu’elle situe en moyenne nationale entre 310 et 390 et, en Rhône-Alpes entre 300 et 370 euros aux mille litres pour les exploitations de plaine ; entre 320 et 400 euros en moyenne montagne et à plus de 600 euros en zone de haute montagne. Avec ça, allez fixer une moyenne qui soit crédible !

Pour 1,5 Smic

D’autre part, l’Institut de l’élevage prend la précaution de parler de « coût de production de l’atelier lait ». C’est-à-dire, rappelle Monique Laurent, « la prise en compte de l’ensemble des charges courantes, les amortissements, les frais financiers, la rémunération des capitaux investis, et la rémunération nette du travail sur la base de 1,5 Smic par unité de main-d’œuvre ».

Par ailleurs, l'Institut de l'élevage a défini des coefficients de répartition de certaines charges (de structure en particulier) pour les exploitations diversifiées.

Ce coût de production de l'atelier lait est à comparer à l'ensemble des recettes de l'activité laitière : les aides Pac couplées et découplées (DPU), les ICHN, la prime à l’herbe , la vente des veaux et des vaches de réforme et, bien sûr, la vente du lait.

Monique Laurent justifie cette méthode de calcul en indiquant qu’un troupeau laitier ne produit pas que du lait. Il génère aussi des aides et la valorisation de la viande représente à elle seule entre 50 à 70 euros par mille litres de lait.

Des écarts considérables

Ce qui frappe dans chaque groupe étudié, c’est la différence du niveau de charges.

«Pour un même système d’élevage, le poids des amortissements du matériel varie de 50 à 80 euros pour mille litres de lait et les concentrés de 60 à 100 euros ! Les charges de mécanisation totales atteignent jusqu’à 50 euros d’écart pour mille litres ! S’ajoutent à ces différences de gestion de la conduite d’une exploitation, des situations particulières.

Le jeune qui vient de s’installer ou l’agriculteur en phase de développement n’ont pas les mêmes coûts que celui qui est au terme de sa carrière, sans amortissement et sans successeur ! ».

Valoriser la viande

Le prix de revient de mille litres de lait est une affaire personnelle et chacun doit faire son calcul. Mais certains postes de charges sont à surveiller plus que d’autres. Monique Laurent cite : « l’optimisation de la ration, les charges de mécanisation et la valorisation de la viande ».

Sur ce dernier poste, « l’engraissement des vaches de réforme et la valorisation des veaux par des croisements charolais, peuvent permettre un gain de 15 à 30 euros pour mille litres de lait ». Personne ne peut prétendre que c’est négligeable !




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