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Fallait-il accepter l’accord ?
Négociations interprofessionnelles laitières
Jura agricole et rural
Publié le:  01 septembre 2010
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C’était le 12 août. Cinq délégations des représentants des producteurs, un pour la FNPL, un pour les JA et un pour la FNSEA, rencontraient les responsables des cinq grands groupes laitiers français pour les contraindre à respecter l’accord sur le prix du lait du 3 juin 2009.

Les discussions sont âpres, les industriels surenchérissent et veulent maintenant que l’on tienne compte du prix du lait payé aux producteurs allemands. La ficelle est un peu grosse car, chaque fois, les transformateurs mettent sur la table une argutie pour ne pas respecter leur signature.

Mais il faut sortir de « quatre mois de blocage pendant lesquels les représentants des industriels ne veulent même plus s’asseoir à la table des négociations », rappelle Jérémie Bolon (Ain). Jeune éleveur dans le Bugey, il est administrateur des JA nationaux et participe, avec Dominique Barrau (Aveyron) pour la FNSEA et André Bonnard (Loire) pour la FNPL, aux négociations avec la Sodiaal.

« C’est un prix plancher »

Gilbert Limandas, au titre de la FNSEA, discute lui avec les dirigeants de l’entreprise Bel. Il leur rappelle l’accord sur le prix du lait qu’ils ont signé le 3 juin 2009 : « les paysans respectent leur parole et leur signature, vous devez respecter les vôtres », entame Gilbert Limandas.

Cinq heures plus tard, c’est l’aboutissement de la négociation : une augmentation de 10 % du prix du lait en moyenne sur 2010 par rapport au prix de 2009. Faut-il se satisfaire de cette conclusion qui entraînera, une semaine plus tard, l’acceptation par tous les industriels de cet accord ?

« C’est pour nous un prix plancher », relativise Jérémie Bolon. Mais, le jeune syndicaliste, en charge du lait, de la montagne et de la valeur ajoutée au conseil national de JA mesure la complexité des négociations. « Pour sortir de la situation de blocage dans laquelle on se trouvait. Pour nous permettre d’engranger une augmentation que les industriels nous refusaient, il faut savoir accepter le compromis. Sans quoi à quel prix les producteurs auraient-ils été payés ? », interroge Jérémie Bolon.

Gilbert Limandas ne dit pas autre chose lorsqu’il indique : « Sans responsables syndicaux qui acceptent l’accord le 12 août, qui assumerait les conséquences pour les éleveurs d’une rupture de l’accord du 3 juin 2009 ? ».

Vite, des organisations de producteurs

Chacun sait qu’après l’accord du 12 août il faudra, encore et encore, se battre pour obtenir un plus juste prix du lait.

Il montre aussi la nécessité pour les producteurs de regrouper leur offre dans le cadre d’organisations de producteurs puissantes. Gilbert Limandas plaide en faveur d’un regroupement des volumes qui fédère les éleveurs à l’échelle d’un bassin de production pour créer face aux transformateurs, coopératives comprises, un rapport de force favorable aux éleveurs.

Pour Jérémie Bolon, « si nous ne voulons pas que chaque entreprise fasse ce qu’elle veut, si nous voulons éviter une contractualisation bas de gamme, nous aurons besoin de l’engagement de chaque producteur pour constituer des organisations de producteurs incontournables ».

La spéculation s’invite à nouveau…

Avec la mise à plat des différences de compétitivités entre la filière laitière française et allemande, la mise en place des organisations de producteurs sera le travail de ces prochains mois. Sans compter que la spéculation sur les matières premières agricoles, en dépit des engagements des G20 successifs d’y mettre un terme, s’invite à nouveau dans le débat.

« L’agriculture avait, jusque-là, à faire face aux aléas du climat et à ceux d’une activité marquée par le vivant . Désormais, s’ajoute la spéculation. Une troisième épée de Damoclès. De toutes et de loin la plus insupportable car les spéculations financières d’une poignée d’individus plongent dans la misère, ici et dans le monde, des millions de familles », s’insurge Gilbert Limandas.




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