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Consolider, sécuriser...
Coopérative Interval
Jura agricole et rural
Publié le:  23 décembre 2011
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« Consolider, sécuriser nos exploitations, nos coopératives, va de pair avec une stratégie régionale de renforcement de nos alliances », déclarait Didier Vagnaux à l'assemblée générale d'Interval.  De fait la coopérative participe à différents projets.

Une nouvelle union d'approvisionnement appelée « Alliance régionale Est appro » (AREA) se met actuellement en place sur l'Est et le Centre Est de la France. Elle regroupe Transval, l'UEA et la SICA Seine Yonne, soit 19 coopératives et leurs filiales et représente une puissance d'achat de 600 millions d'euros.

Interval attend de cette alliance une meilleure capacité à négocier les achats et une sécurité d'approvisionnement renforcée, en particulier pour les engrais.

En aliment du bétail, l'approche est la même, mais sur un périmètre plus restreint comportant six coopératives de Rhône-Alpes et de Bourgogne Franche-Comté : 110 Bourgogne, Dijon céréales, Bourgogne du Sud, Terre d'alliances, Terre comtoise et Interval.

« Nous voulons construire un outil commun qui soit un consommateur privilégié de nos productions céréalières et oléagineuses », indique Didier Vagnaux. Extrusel approvisionnera les usines de fabrication d'aliments en tourteaux de colza et de tournesol. Interval avait déjà opéré un rapprochement avec Terre comtoise concernant la fabrication d'aliments bovins granulés dans leur usine de Dannemarie. « C'est une réussite totale ».

Sujets d'inquiétude

Lors des assemblées générales de section, les administrateurs d'Interval ont pu débattre de  divers dossiers avec ses sociétaires. Le président Vagnaux en retient un en particulier : la volatilité des prix, qui a engendré, avec la pratique des prix fermes, des écarts de 1 000 euros par hectare de produit brut, entre les positions précoces à 100 euros/Tonnes et les plus tardives à 250 euros/T.

« La coopérative, toujours à l'écoute de ses clients, a élargi son offre de prix ferme de 1 an à 19 mois. Hélas, proposer des prix fermes, c'est pour certains producteurs comme entrer dans un casino où le premier réflexe est de jouer : première cotation égale première prise de position…

«Nous constatons que pour honorer certaines échéances (matériel, assurance, MSA), des agriculteurs sont obligés de vendre et subissent les cours. Dans ce cas, mieux aurait valu vendre au prix moyen ».

Pas question de bannir l'accès au prix ferme mais la coopérative émet certaines conditions de réussite pour l'agriculteur : une assise financière suffisante, la connaissance de son prix de revient, saucissonner les ventes, analyser les marchés…

« Mais les facteurs de volatilité des cours sont multiples et personne n'est à l'abri d'un échec. Nous avons en face de nous des manipulateurs de marchés, un système boursier qui profite à quelques spéculateurs. Le MATIF qui devrait nous sécuriser, nous perturbe… »

Pour terminer le président d'Interval revient sur le rôle des coopératives, régies par des règles de « mutualisme, égalité, solidarité », « indélocalisables par leurs productions » et « incontournables dans l'occupation du territoire ». Un argument à faire entendre d’urgence à Bruxelles qui, suite aux plaintes déposées par quelques négoces, pourrait  remettre en cause la fiscalité des coopératives.


Interval en chiffres

• 4487 adhérents
• 291 300 tonnes collectées
• Chiffre d'affaires : 169 589 000 euros
• Résultat de l'exercice : 3 076 000 euros
• Chiffre d'affaire consolidé du groupe Interval : 225 millions d'euros


La gestion des risques prise ne compte dans la future PAC

Jean-Louis Debar, directeur de la lettre mensuelle Agri US Analyse, membre du comité de prospective du ministère de l'Agriculture et du club Demeter des organismes agricoles était l'invité d'Interval.

Le sujet de son intervention : Comment l'Amérique du Nord fait-elle face à la volatilité des prix ? Il est de bon ton de s'y intéresser de près car la  PAC s'est souvent inspirée de la politique outre-atlantique.

Et encore aujourd'hui dans la proposition commune de la PAC 2014-2020, on retrouve en partie la méthode de gestion des risques prônée aux États-Unis et au Canada, notamment sur le risque « prix ». « La gestion des risques est une préoccupation relativement récente pour la PAC qui a commencé à introduire en 2008 des subventions et un fond de mutualisation » 

La gestion du risque « prix » à la mode européenne pourrait se  traduire par un fond de mutualisation abondé par les agriculteurs et dont le déclenchement des indemnités serait compatible avec les principes de l'OMC.

Premier critère de déclenchement de l'aide : l'exploitation subit une perte d'au moins 30 % de sa marge brute globale (par rapport aux 3 ou 5 dernières années). Deuxième critère : l'aide ne doit pas compenser plus de 70 % de cette baisse. Sur quelle base vérifier la baisse de marge brute ?

Le Canada, qui expérimente déjà ce système, se base sur les déclarations d'impôts. Aux États-Unis, l'assurance « chiffre d'affaires » (fortement subventionnée) protège contre les risques de diminution des rendements et des prix. 50 % des surfaces en grandes cultures sont engagées dans ce système et 30 % sont couverts par une assurance récolte.

La France aura un léger retard à rattraper : seulement 30 à 35 % des surfaces en grandes cultures sont couvertes par ces outils assurantiels dans les domaines des aléas climatiques, économiques et sanitaires. 

« La gestion du risque « prix » est  encore en plein débat au niveau européen. Si ce système est retenu, il appartiendra à chaque État membre de dire s'il l'accepte ou pas », tempère Jean-Louis Debar.




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