RSS
La lutte contre les strongles en troupeau laitier
Gestion du parasitisme au pâturage
Jura agricole et rural
Publié le:  31 mai 2002
Page 8 

La période de pâturage est propice à l’infestation en strongles du troupeau

Tous les bovins qui composent le troupeau laitier peuvent s’infester en strongles durant la période de pâturage. Un nombre important de produits existe pour lutter contre ces parasites.

Différentes stratégies de traitement peuvent être adoptées, en fonction des objectifs et des pratiques de l’éleveur. Le coût final de la lutte contre les strongles varie fortement d’un programme à l’autre. Une approche raisonnée de la lutte contre ces parasites, en intégrant la notion d’immunité des animaux, apporte des résultats tout à fait satisfaisants pour un coût optimisé.

Deux genres de strongles

On rencontre communément deux genres de strongles sur les bovins élevés au pâturage. Le strongle gastro-intestinal (Ostertagia) est un ver localisé dans la caillette. Le strongle pulmonaire (Dictyocaulus) qui est localisé dans la trachée et les bronches. Les bovins jeunes ainsi que les bovins adultes non immunisés, sont sensibles à ce parasite.

• Les strongles digestifs :

Les bovins parasités rejettent avec leurs bouses des œufs de strongles digestifs. L’évolution de l’œuf en larve nécessite trois transformations. La survie des larves sur le pâturage est de 6 à 8 mois. Ces larves infestantes sont fixées à l’herbe au-dessus du sol. Les bovins se contaminent en ingérant ces larves. La transformation des larves en vers adultes se déroule par mues successives qui ont lieu dans l’appareil digestif du bovin.

Cette migration est très rapide (4 à 5 jours) au printemps et en été. En fin de saison d’herbe et en hiver, l’évolution des larves est stoppée. Elles sont alors enkystée, en vie ralentie, et ce jusqu’au printemps suivant.

• Les strongles pulmonaires :

Les bovins parasités, même immunisés, rejettent avec leurs bouses des larves de strongles pulmonaires. Ces larves deviennent rapidement infestantes. La survie des larves infestantes est de l’ordre de 4 à 12 semaines, mais ces larves sont détruites par les gelées. On peut donc considérer qu’une pâture non utilisée par les animaux pendant la fin de l’automne et l’hiver est pratiquement indemne de strongles pulmonaires. Les larves infestantes migrent et se fixent sur l’herbe à proximité des bouses.

Lorsque ces larves sont ingérées par un bovin, elles évoluent du stade “larves infestantes ” à vers adulte en passant par le tube digestif, la paroi intestinale, les voies lymphatiques pour atteindre les poumons. Les vers adultes produisent des œufs. Ces œufs évoluent en larves de premier stade qui transitent par le tube digestif et sont rejetées avec les bouses.

Lutte et immunité

Le principe de lutte contre les strongles consiste à développer puis assister l’immunité naturelle des bovins. Dès la première année de vie du bovin, celui-ci sera mis au pâturage sur une période modérée afin qu’il entre en contact avec les parasites. On veillera à ce que la prairie qui accueille ces animaux ne soit pas trop infestée en parasites. Ces jeunes bovins vont se contaminer en strongles et rejeter beaucoup de larves infestantes sur la prairie. Ces animaux seront alors traités à l’aide de strongilicides à action rémanente ou à libération continue, afin d’éviter des retards de croissance. La pression du parasitisme sera moins forte si les animaux sont changés de parcelle 2 à 3 fois dans la période (à condition que les nouvelles parcelles soient propres).

Lors de la 2e année de pâturage et pour les années qui suivent, un traitement systématique des bovins n’est plus justifié (à condition d’avoir permis aux animaux de développer leur immunité la première année). Cela ne veut pas dire qu’il n’existe plus de risque de contamination. Une application de strongilicide peut être nécessaire si des bovins présentent des signes de maladie (diarrhée – toux, confirmées par un examen coproscopique). On appliquera alors un traitement à action immédiate au cas par cas.

Conclusion

Une approche raisonnée du contrôle des infestations parasitaires, en incluant la notion de développement de l’immunité, doit être réalisée sur les exploitations laitières. Cette conduite favorise la réalisation des objectifs de production et la réduction des charges de l’exploitation.

Le vétérinaire reste l’interlocuteur privilégié pour raisonner votre stratégie de déparasitage.

Pensez à inscrire les traitements antiparasitaires sur votre cahier sanitaire

(Dans notre édition papier, cf tableaux : activité des principaux strongylicides ; mode d'administration et délais d'attente des strongylicides)




Newsletter GRATUITE