Le numéro de janvier de 60 millions de consommateurs présente un dossier sur les qualités nutritives et sanitaires des céréales du petit-déjeuner. En particulier, le numéro épingle les céréales du petit-déjeuner sur leur teneur en mycotoxines. Le syndicat de céréales prêtes à consommer ou à préparer conteste «formellement les résultats publiés».
L’article publié par 60 millions de consommateurs sur les teneurs en mycotoxines sème le trouble. Le magazine a analysé 40 produits et dosé la teneur de trois mycotoxines : l’ochratoxine A (OTA), la fumonisine B1 (FB1) et la citrinine. 60 millions de consommateurs révèle que la moitié des produits testés contiennent de l’OTA avec une valeur maximale de 8,9 microgrammes par kg. La valeur limite, fixée par le règlement européen est de 3 microgrammes/kg. Vingt-cinq produits sur vingt-sept sont révélés positifs à la FB1 et huit produits sur quarante contiennent des traces de citrinine. L’OTA et la FB1 sont classées potentiellement cancérogène pour l’homme par le Centre international de recherche sur le cancer de Lyon. La citrinine ne provoque pas de cancer mais est considérée comme un facteur aggravant des effets cancérogènes, selon 60 millions de consommateurs.
Contestations des résultats
Des résultats que conteste «de la manière la plus ferme» le Syndicat français des céréales prêtes à consommer ou à préparer. « Concernant l’OTA, nous trouvons soit pas de mycotoxines, soit des teneurs inférieures au seuil réglementaire dans nos propres analyses », indique Hugues Kenigswald, chargé de la sécurité alimentaire et de l’environnement pour l’Alliance 7 (organisation professionnelle repré-
sentant les transformateurs de produits céréaliers). Pour Robert Victoria, ingénieur d’étude à l’Institut national de la consommation (INC), qui édite la revue 60 millions de consommateurs, la méthode d’analyse utilisée permet une extraction plus élevée, ce qui expliquerait les teneurs supérieures. Par ailleurs, le Syndicat français des céréales prêtes à consommer ou à préparer indique que la méthode d’analyse utilisée pour tester l’OTA n’est « ni normalisée, ni reconnue officiellement». Un point de vue que réfute en partie l’INC. Selon Robert Victoria, « le laboratoire a suivi en grande partie la méthode normalisée pour doser l’OTA, quelques aménagements ont simplement été effectués ».
L’étude manque de transparence
L’article de 60 millions de consommateurs ne révèle que quelques teneurs contenues dans les 40 céréales testées. Le magazine a refusé de transmettre à Agra Presse les teneurs mesurées. « Nous avons jugé que notre lectorat ne serait pas capable de comprendre les teneurs mesurées, nous ne divulgons donc pas ces chiffres», a expliqué Robert Victoria. D’autre part, 60 millions de consommateurs n’a pas voulu transmettre le nom du laboratoire ayant analysé les produits. «Pour des raisons historiques nous ne mentionnons jamais le nom du laboratoire ayant effectué les analyses», indique Robert Victoria. Le magazine n’a également pas souhaité indiquer si le laboratoire était accrédité ou pas.


