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De l'agneau bio en vente directe
Témoignage
Jura agricole et rural
Publié le:  03 octobre 2003
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Maurice Tissot est éleveur ovin sur la commune de Pontarlier. A 1 130 mètres d’altitude, il a choisi de valoriser sa production grâce à la vente directe.

Installé depuis 1991 à la suite de son père, Maurice Tissot est un des rares a avoir opté pour l’élevage biologique : “Dans mon ancien travail de technico-commercial, j’ai eu l’occasion de rencontrer des producteurs biologiques, de me familiariser avec ce mode de production, avec l’homéopathie… et c’est le choix que j’ai fait en m’installant”. La structure re-

prise, à la Cluse-et-Mijoux dans le Doubs, est de petite taille : une trentaine d’hectares et un troupeau de 118 brebis. Aussi la vente directe apparaît rapidement comme un bon moyen de réaliser de la valeur ajoutée pour pouvoir vivre de l’exploitation.

“ J’ai construit un atelier de transformation, avec une chambre froide, une salle de découpe et une salle d’accueil du public. Avec peu d’éleveurs ovins dans le secteur, j’ai pensé qu’il y aurait un marché pour 150 à 180 agneaux par an”, raconte l’éleveur. Mais l’élevage sur deux sites distants de 6 km et de 300 m d’altitude, avec une ferme d’alpage compromet l’efficacité du système : il faut entretenir les deux bâtisses et faire de fréquents allers-retours entre les deux lieux. “Au bout de 10 ans, j’ai pris contact avec les élus de Pontarlier pour m’installer définitivement à l’alpage et y vivre toute l’année. La commune m’a garanti le déneigement et a participé à l’électrification du site”.

Le troupeau de 165 brebis, à base de Charollais, d’Ile de France et de Berrichon est nourri à l’herbe, au foin et au regain. Le choix de ces races est déterminé par leurs aptitudes bouchères ainsi que sur le critère désaisonnement, car en agriculture biologique les traitements hormonaux* sont prohibés, et l’éleveur souhaite avoir des agnelages toute l’année. Les fourrages sont complétés par des céréales et des tourteaux de soja « bio » achetés. “A 1 130 m d’altitude, on ne peut pas produire de céréales !”. Les agneaux, élevés selon le cahier des charges de l’agriculture biologique, sont commercialisés par un système de réservation, entiers ou par demi-agneaux : “Nous ne faisons pas de vente au détail. Ce sont des gens qui viennent une fois par an acheter un agneau pour leur consommation familiale”. Pour la bio ? “Il y a une clientèle de mordus qui ne jurent que par la bio, mais la plupart viennent pour l’agneau d’alpage, parce qu’ils sont contents du produit”.

Pour l’éleveur, ce mode de valorisation correspond bien à son type d’élevage. “Avec une troupe de taille modeste, un système extensif avec un faible chargement, de bonnes conditions d’alimentation, un bâtiment spacieux… la gestion sanitaire repose essentiellement sur la prévention”.

* Des traitements hormonaux sont employés pour reporter les chaleurs des brebis et étaler la période d’agnelage (éponges)




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