|
Gérard Bazin : «La grande question, c’est de savoir comment éviter que la baisse des prix industriels ne se répercute sur l’ensemble des marchés» |
Selon les responsables de la FNPL, la pérennité de l’accord de 1997 permettant de déterminer une recommandation nationale sur le prix du lait est « sur la table ». Gérard Bazin nous éclaire sur les volontés de la profession.
• La Fédération nationale des producteurs de lait est favorable à de nouveaux modes de calcul pour la fixation du prix du lait. Expliquez-nous pourquoi.
«La FNPL n’a pas de démarche formelle pour changer les modalités de fixation de prix du lait à la production. Il est vrai que le contexte va changer à partir de 2004. Les droits de Luxembourg entraînent un véritable bouleversement pour notre secteur et marquent le désengagement de l’Union européenne dans l’encadrement des produits laitiers. Il convient donc, comme le demandent les fédérations de transformateurs, de réfléchir à un nouveau système de fixation du prix du lait qui serait équitable et qui prendrait en compte ce nouveau contexte».
• Qu’est-ce qu’un prix équitable pour les éleveurs ?
«Par analogie au commerce équitable, nous définissons le prix dit “équitable” par un niveau permettant d’assurer un revenu décent aux hommes et aux femmes qui font ce métier passionnant, certes, mais aussi très exigeant. Ce prix doit aussi permettre aux éleveurs de pouvoir continuer à investir et à se moderniser».
• Quelles sont les pistes de réflexion sur la mise en place de ces nouvelles modalités et à quel horizon seront-ils décidés ?
«Les accords de Luxembourg, l’entrée des PECO dans l’Union européenne, la mondialisation et le libéralisme, tout concourt à ce que les marchés connaissent des variations plus importantes dans un marché concurrentiel
accru. Nos objectifs sont, bien sûr, de permettre aux entreprises françaises d’être compétitives mais surtout de maintenir une valorisation satisfaisante des produits laitiers, notamment des produits de grande consommation. Si nous y arrivons, nous garantirons aux producteurs un prix du lait rémunérateur. Quant aux délais, je crois que l’on doit aller vite car la réforme de notre secteur débute début 2004».
• De quoi avez-vous besoin pour arriver à vos fins ?
«Il nous faut un système réactif qui prenne en compte les évolutions du marché générées par les effets de l’application de la nouvelle Pac mais qui prenne également en compte l’implication des producteurs à défendre la valorisation du produit sur les marchés intérieurs».
• Comment faire pour éviter que la baisse des prix des produits industriels ne se répercute sur l’ensemble des marchés ?
«C’est la grande question ! Si nous avions la réponse, nous l’appliquerions immédiatement. Nous pensons à la FNPL qu’il n’existe pas un seul moyen d’y parvenir. Nous réfléchissons actuellement à un ensemble de mesures qui pourraient être efficaces ensemble. Cependant, nous n’avons pas les moyens de l’Europe. C’est pourquoi plusieurs leviers seront nécessaires pour peser sur le maintien de cette politique de valorisation des marchés intérieurs. La gestion des volumes et l’organisation de la mise en marché semblent incontournables pour éviter une dégradation de la valorisation des produits de grande consommation».
• Quelle est l’orientation du prix du lait pour le quatrième trimestre 2003 ?
«Avec des conditions climatiques défavorables à la production, les marchés restent mauvais avec des baisses de 2,6 à 2,7 euros pour 1000 litres. Ceci dit, nous avons enregistré un léger mieux sur les produits industriels. Les index calculés font apparaître un nouveau tassement des prix du lait pour le quatrième trimestre. Une situation qui devrait malgré tout évoluer positivement dans les prochains mois».
Avez-vous entendu parler de la Carte Moisson
- 13 - 16 août 2009
La gabelle du randonneur (Voies du sel 2009) - 30 août - 04 septembre 2009
Escapade bretonne (SDAE anciens exploitants)



